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Le problème, c’est le capitalisme

dimanche 15 décembre 2024, par Jacques COTTA

Depuis la dissolution, la crise ne cesse de s’approfondir, crise politique, crise économique, crise démocratique, crise de régime.

Au lendemain de la censure votée à l’Assemblée qui renvoyait Barnier et ses ministres dans leurs pénates, une solution « raisonnable » au marasme actuel aurait voulu une démission de Macron, la convocation de nouvelles élections dans un délai permettant au débat de se dérouler dans le pays, permettant notamment de fixer les priorités sociales, politiques, économiques et pour cela de fixer le cadre politique, de remettre en cause la Ve république antidémocratique, notre soumission à l’union européenne, de débattre de la nécessité de recouvrer notre souveraineté…

Il n’en n’a rien été. Pourtant la logique de la censure qui déborde de loin le cadre du Palais Bourbon indiquait la volonté majoritaire du pays, « Macron, Barnier et compagnie, dégagez ! ».
Dehors les représentants d’un système, le capitalisme, qui réserve à une petite poignée les richesses, les produits de la possession des moyens de production, de la maitrise des organismes financiers, des banques, des fonds d’investissement, des fonds spéculatifs au détriment du très grand nombre qui subit et tente tant bien que mal de résister pour ne pas crever.

Le capitalisme n’apporte plus de progrès en quoi que ce soit, mais au contraire oriente toute la vie sociale, toute la vie économique vers la désorganisation, la destruction, la déréglementation, l’appauvrissement de milliards d’êtres humains sur la planète au profit d’une petite poignée d’individus qui à l’échelle mondiale accumulent des richesses toujours plus importantes.

C’est cela que représentent les Macron, Barnier et compagnie. Et au lendemain du limogeage de ce dernier et de ses ministres, nul n’a évidemment posé ainsi les termes du débat.

Pire !
Lorsque Emmanuel Macron s’octroie le pouvoir, comme si de rien n’était, « d’inviter » les chefs de partis à l’Elysée pour leur demander « un pacte de non censure » une fois un nouveau premier ministre nommé, tous se rendent à la convocation — à l’exception de LFI, j’y reviendrai — tous donc se déclarent particulièrement inquiets face « à une situation bloquée ». Pour le PS, le PCF et les verts, la condition est la mise à l’écart du RN. Rien de bien nouveau donc, sinon qu’au nom du RN une fois de plus ce beau monde est prêt à apporter son soutien à Macron chancelant. Pour le RN il s’agit de faire « preuve de responsabilité » dés lors qu’aucun chef de LFI ne sera nommé…Simple retour à l’envoyeur.

Et LFI justement ?
Le refus de se rendre à la convocation de Macron dénote avec tous les autres. Voilà donc une position ferme, qu’on ne peut qu’approuver dés lors qu’elle signifie le refus de toute collaboration avec la Macronie. Mais en même temps, cela ne saurait cacher la responsabilité de Mélenchon et autres qui ont appelé hier à voter Macron et à l’élire, qui ont récidivé aux élections législatives en faisant élire les Borne, Darmanin et quelques dizaines d’autres, et qui ont fait du RN l’ennemi exclusif, légitimant le choix de « Macron pour éviter le pire ». En réalité, PS, PCF, et verts font du mélenchonisme, ni plus ni moins.

En fait, la position de toutes les formations politiques et de leurs chefs est des plus cohérentes. Il serait erroné de n’y voir que la volonté et l’obsession de sauver son poste. Cela est sans doute une donnée, mais pas la principale. Sur le plan politique tous se rejoignent, là est le fond de la question, dans l’incapacité de définir une autre voie que celle du capitalisme pourrissant, qu’il s’agirait dans le meilleur des cas d’humaniser, de démocratiser, d’améliorer, d’amender, mais jamais de remettre en cause.

Leur position commune tend à soutenir un système pour éviter qu’il ne s’effondre. Et cette position rend de plus en plus évidente l’escroquerie permanente.

Les plans sociaux déferlent menaçant plusieurs centaines de milliers d’emplois. Dans le meilleur des cas le monde politique discutera du montant des indemnités qui devraient être distribuées, sans exprimer évidemment l’exigence des travailleurs menacés, pas un licenciement, pas un départ forcé ! Cela poserait la question des dividendes colossaux accumulés par les actionnaires sur le dos des travailleurs sacrifiés. Cela remettrait en cause le système même de la propriété des grands moyens de production. Cela poserait la question d’un gouvernement au service des revendications des ouvriers, salariés, travailleurs. Cela mettrait à l’ordre du jour un système produisant des richesses au services de la société, des travailleurs dépendants et indépendants, des ouvriers, salariés, jeunes, retraités, des artisans, paysans, et petits patrons de TPE aujourd’hui aussi sacrifiés.

Sans remise en cause de ce système, sans volonté d’opposer la socialisation des moyens de production permettant une production des richesses au profit de tous, il s’avère impossible de s’opposer à la situation chaotique dans laquelle se trouve toute la société. Dans le meilleur des cas, la seule perspective possible est l’accompagnement de ce système sur le chemin qui mène tout droit à la barbarie.

Voilà pourquoi le sentiment « tous pourris » se propage au point de rendre majoritaires les masses qui s’écartent des urnes… et qui par leur mobilisation sont les seules forces sociales susceptibles de régler son compte au système qui oppresse et d’en finir avec tous les oppresseurs.

Jacques Cotta
Le 15 décembre 2024

Messages

  • Effectivement, j’adhère pleinement à cette analyse , dans ma charmante petite ville de province, les représentants écologistes( csp+) ne remettent pas cause le modèle économique, d’ailleurs ils sont clairement les idiots utiles du néolibéralisme, part leur consommation d’apparence plus proprette ils contribuent eux aussi à détériorer notre environnement et rendre le quotidien des plus modestes encore plus compliqué.

  • Bonjour, j’adhère à votre analyse mais je trouve qu’elle est incomplète car il y manque une donnée essentielle, je veux parler de l’absence consentie de souveraineté nationale qui, je le rappelle, est la condition nécessaire pour espérer entamer le redressement du pays. TOUS les partis et mouvements que vous énumérez sont TOUS d’accord pour que la France reste dans l’UE, dans l’Euro voire dans L’OTAN, or ces trois carcans interdisent à la France de défendre ses intérêts vitaux (dernier exemple en date l’accord de libre-échange UE-Mercosur).
    Conclusion : Tant que ces 3 verrous n’auront pas sauté, tout ce que l’on pourra dire ne sera que vaine incantation et participera, in fine, à berner les braves gens mal informés sur la véritable nature de l’UE, de l’Euro et de l’OTAN.

  • Exact à ceci près qu’il s’agit du capitalisme anglo-saxon qui interdit à l’Etat toute interventions dans le système financier. Reproduit dans l’U.E. J’ai précisé dans un de mes bouquins sur la macroéconomie :Plan b pour une 6 e République

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