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Bonne année 2025…

mardi 31 décembre 2024, par Jacques COTTA

En politique il est habituel de dire que la situation à venir ne peut être pire que la précédente. En suivant cet adage, il n’est pas difficile d’être relativement optimiste pour l’année 2025. En effet, 2024 a été sur tous les plans une année de régression, d’inquiétude, de catastrophes.

Sur le plan international, la guerre en Ukraine qui d’ores et déjà à fait plus d’un million de morts, Ukrainiens et Russes, est allée crescendo avec la décision de l’OTAN et de l’UE de livrer des armes toujours plus performantes à Zelensky pour frapper la Russie en profondeur. La réaction des russes ne s’est pas faite attendre.

Le refus d’accepter une solution négociée, la seule possible pour sortir de la situation créée par l’invasion russe en février 2022 et avant par l’agression ukrainienne des populations russophones, ne peut conduire qu’à une escalade criminelle dont seuls les capitalistes liés à l’industrie d’armement peuvent bénéficier.

Rien n’est joué pour 2025.
Arrêt des hostilités faute de combattants, ou cataclysme général ? Rien n’est vraiment joué.

Nous n’avons donc sans doute pas touché le fond, pas plus en Ukraine qu’au moyen-orient où l’armée israélienne continue de bombarder et d’assassiner des populations civiles comme bon lui semble, à Gaza, dans les territoires occupés, et maintenant au Liban…

Les islamistes qui le 7 octobre 2023 ont tué et pris des otages en Israel se révèlent décidément les meilleurs alliés du gouvernement israélien, qui à la suite historique du sionisme, n’a de cesse de développer la colonisation des territoires palestiniens, de spolier ces derniers, et pour cela de déplacer les populations, de les chasser, de torturer, d’assassiner.

Le sionisme qui inspire Israel n’a décidément rien à envier à ses alliés des années 40, les nazis, aussi paradoxal que cela puisse paraitre (on lira avec intérêt « l’histoire cachée du sionisme » de Ralph Schoenman, édition du travail ). Le sionisme n’a pas plus à envier à l’islamisme…

Le sionisme et l’état d’Israel peuvent agir dans l’indifférence générale, avec le soutien des grandes puissances, dans le mépris des résolutions internationales. Et l’islamisme est appelé à la rescousse, en Syrie notamment, où les mêmes qui hier étaient condamnés pour terrorisme sont aujourd’hui considérés comme des libérateurs, avec le soutien actif de la Turquie et l’aval des Etats-Unis. Tant pis pour les Kurdes, dont nul n’a pu oublier le rôle contre l’Etat Islamique à Kobané notamment, aujourd’hui désignés par Erdogan comme la cible numéro 1 des nouveaux maitres de Damas.

Sur le plan national, les crises économiques et politiques qui touchent au sein de l’union européenne « le couple Franco-Allemand », après les Etats-unis, n’en sont qu’à leur début.

Les grèves qui en Allemagne ont abouti à la chute du gouvernement d’Olaf Scholz annoncent une séquence active de la lutte des classes sur les questions sociales, dont celles des salaires et de l’emploi. Pour une des toutes premières fois depuis des décennies, le système de co-gestion à l’Allemande est mis à mal, dans le secteur automobile notamment.
Cette situation fait écho aux puissants mouvements engagés aux Etats-Unis, chez les dockers ou dans l’automobile, également pour des augmentations de salaire. La politique promise par Trump et son mentor Musk d’ultra libéralisation de l’économie ne pourra rapidement qu’alimenter de nouveaux mécontentements massifs.

En France, la crise politique confine à la crise de régime. Plus que jamais Macron apparait comme « Bonaparte d’opérette » mis à nu, et son gouvernement de morts-vivants ne peut donner le change. Les plans de licenciements annoncent là aussi une activité de la lutte des classes face à laquelle l’Etat aura du mal à faire face. 2025 annonce un approfondissement de la crise dont le dénouement pourrait bien être la démission de sa majesté Macron, et en l’absence de toute opposition susceptible de s’affirmer pour mener une politique alternative, par l’apparition de mouvements de masse, dont les Gilets Jaunes auront donné un aperçu…

Dans ce contexte que dire, sinon avoir confiance en l’avenir, et nous souhaiter collectivement une bonne année 2025…

Jacques Cotta
Le 1er janvier 2025

Messages

  • merci pour ces vœux réalistes et sans compromis.
    Souhaitons qu’en France comme en Allemagne avec Sarah Wagenknecht et O Lafontaine reniasse une gauche patriote et soucieuse de défendre les intérêts des salariés et de notre paix. En finir avec l’OTAN et cette commission belliciste et corrompue comme jamais !

  • Bonjour,
    Toujours aussi lucide et clair !
    Merci et bonne année.

  • j’aimerais te croire en ce qui concerne l’annonce de grands mouvements sociaux. Mais j’en doute fortement. La vie politique est bloquée "entre les deux extrêmes" comme disent les commentateurs, mais ils n’ont pas totalement tort. Et pour que le salariat se lance dans un mouvement d’ampleur, il faut aussi qu’il "y ait du grain à moudre" comme le disait Bergeron. Aux USA Biden et Trump mettent en place un renouveau de la puissance économique américaine, en attirant par exemple les capitaux et l’installation d’industries européennes à des taux d’impôts favorisés. Alors que Trump va metre en places des taxes sur les exportations européennes. C’est à dire des délocalisations prévisibles, non plus à l’Est vers la Chine, mais à l’Ouest vers les Usa ! Or dans un contexte relativement difficile de "déficit budgétaire", de fermetures d’entreprises, d’affaiblissement de la France sur la scène européenne et internationale, la guerre en Ukraine, au proche et Moyen Orient, ou ailleurs, et les ruptures provoquées par les diverses analyses parfois antagoniques entre pays de l’UE et leur suivisme face aux Usa : la configuration stellaire n’y invite pas. Je dirai même : Macron démissionne, et après ? Qui ? Le Pen ou Mélenchon ? Je ne pense pas que les Français y soient réellement prêts. Et l’emploi étant menacé, avec la crise allemande de l’automobile, en raison des choix industriels et économiques des Allemands, l’incidence de cela sur les autres pays européens, dont la France, peut être terrible. Je vois plutôt une période de troubles, de "jacqueries" à la Gilets Jaunes, mais sans réelle issue politique. Car il faudrait d’abord en finir avec le pouvoir présidentiel de la 5ème. Tous les nombreux "présidentiables" de droite ou de gauche, et il y en a ! envisagent leur rôle politique comme une course à la présidentielle. C’est ce qui tue la République. Pour redonner confiance aux Français il faudra, pour y voir plus claire, d’abord une réforme constitutionnelle.

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