Le poisson pourrit par la tête et la tête pour ce qui nous occupe se trouve au sommet de l’état.
Les relents de la décomposition politique s’échappent de la Macronie, dissipés par exemple dans l’allocution carnavalesque de Macron en personne sur TF1 le 13 mai au soir, capable de tenir le crachoir pendant plus de trois heures.
Cantonné à son prétendu « domaine réservé », la politique étrangère qui nous entraine de catastrophe en catastrophe, Macron, plus minoritaire que jamais, inquiet pour son avenir immédiat, incertain de tenir encore deux ans, jusqu’à la prochaine échéance électorale, voulait reprendre la main.
Pour gagner du temps dans cette fin de règne, la fuite d’annonces spectaculaires était organisée par les services de communication de l’Elysée. Un référendum, voilà qui devait être la recette miracle !
Recette au goût amère pour le Président de la république. Car tout référendum sur une question un tant soit peu sérieuse se transformera sans aucun doute en plébiscite pour le chasser, accentuant la crise politique et menaçant le régime et la 5e république.
Référendum interdit donc sur les retraites, l’appartenance à l’Union européenne, la guerre en Ukraine, les choix budgétaires, les milliards alloués à l’armement au détriment des Français, les coupes dans les services publics… Que reste t’il alors ?
Macron pense à l’euthanasie dénommée pudiquement « la mort assistée » avec évidemment promet-il « tous les gardes fous » . Au fait, une fois le principe adopté, le droit de supprimer la vie, les gardes fous deviennent une simple question technique. Les conditions, l’âge, les moyens, tout pourra avec le temps se discuter, se modifier. Pourquoi en cas de trop fort déficit ne pas économiser les retraites et les coûts de santé en supprimant les vieux à partir de 70 ans, 68 ou 65 ans ? A tout point de vue, au sens propre comme au sens figuré, la politique macronienne est mortifère.
Alors pour le spectaculaire il restait à Macron l’annonce ubuesque de location de places de prison à l’étranger. Ou encore les digressions sur l’obésité des Français introduites par le youtubeur TiboInShape transformé en intervieweur, comme hier les « comiques » Mc Fly et Carlito effectuant des roulades sur les pelouses de l’Elysée.
La pourriture présidentielle réside dans la politique au service du capitalisme que Macron compte bien défendre sans retenue. C’est le travail et les salaires qui sont la cible, ce sont les services publics, c’est la protection sociale, c’est le droit de se loger, de se soigner, de se déplacer, de vivre tout simplement pour des millions qui ne savent comment finir le mois.
Macron n’a d’égal que Bayrou, empêtré dans une commission d’enquête sur Bétharram qui durant plus de cinq heures a dégagé les mêmes effluves, la même odeur de pourriture.
Comment peuvent-ils tenir ?
Sophie Binet, secrétaire général de la CGT, devant les journalistes, au lendemain de sa rencontre avec Emmanuel Macron sur TF1, donne la réponse.
Question : Vous regrettez d’avoir voté Macron aux dernières présidentielles ?
S.B. : J’ai voté contre l’extrême droite.
Question : la retraite, arcelor Mittal, les services publics…
S.B. : le véritable ennemi des travailleurs, c’est l’extrême droite.
Tout est dit pour hier, mais également pour aujourd’hui et pour demain. Sophie Binet exprime le point de vue de la gauche dans son ensemble. Elle n’ouvre aucune perspective immédiate pour chasser Macron et plus, au nom de l’extrême droite, en fait son candidat.
Jusque dans le cabas de la gauche, le poisson pourrit toujours et encore par la tête…
Jacques Cotta
Le 16 mai 2025

Messages
1. La Fange, 30 mai 2025, 18:44, par Pierre DELVAUX
Hélas, la France se retrouve au bord de l’abyme. Pour une bonne part, à mon avis, du fait des théories déconstructivistes, structuralistes, etc... dont je fus moi-même abreuvé dans mes jeunes années et qui, entre autre résultat, nous prive aujourd’hui d’élites dignes de ce nom, tant du point de vue politique que scientifique et économique. J’avais, d’ailleurs, lancé sur ce site une modeste alerte à ce sujet dans un article consacré à la destruction de la langue française. Cela est lié à la question purement politique d’une pensée "de gauche" française héritée du marxisme et des "Lumières". Pour beaucoup, ce double héritage est un tabou qui ne saurait être remis en question (même par les macronnistes et la Droite). L’ayant moi-même expérimenté, j’estime qu’il serait urgent de passer à un autre logiciel, conservant, bien sûr, le socle de la justice sociale dans la production mais reposant essentiellement sur la démocratie de proximité et la souveraineté du peuple organisées dans la dimension qu’il se donne lui-même sur un territoire donné. Cela peut être la nation, cela peut être aussi une sénéchaussée, ou autre... D’intéressants exemples de démocraties locales sont à voir bien avant la Révolution Française. Mais qui est prêt aujourd’hui à faire cet indispensable travail de refondation ? Olivier Faure ? Boris Vallaud ? L’impéritie des politiques "de droite" ou "de gauche" tous ralliés à l’EUROPÉISME a ouvert la voie à ceux que l’on qualifie de "populistes" qui, au-delà de leurs vissicitudes personnelles, se voient reconnus pour leur prise en compte sans tabou du réel. Faut-il pactiser avec eux ? Peut-être avec certains, le temps de rebâtir une pensée démocratique dégagée des scories du XXe siècle (pour peu que notre société effondrée en soit encore capable). Par ailleurs, j’estime que l’affaire Bétharram n’a rien à voir dans ce débat mais relève juste du puissant anticatholicisme dont les relais en France avaient déjà empêché Fillon d’accéder au pouvoir (sachant que je ne suis partisan ni de l’un de l’autre).