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Et maintenant l’Iran…

dimanche 15 juin 2025, par Jacques COTTA

Il faut que les bombardements israéliens sur L’Iran cessent sans tarder, que l’escalade qui est engagée soit stoppée.

Aucun argument ne peut justifier cette agression israélienne.

  • -> Le droit de défense et d’agression préventive ?
    Au nom d’un tel droit, après le droit d’ingérence de Kouchner des années 1990-2000, toute puissance supérieure peut imposer sa loi au mépris du droit international. La condamnation du droit d’agresser un voisin ne peut être à géométrie variable. Nos belles âmes qui condamnaient hier la Russie de Poutine pour son entrée en Ukraine au nom de la menace que faisait peser l’OTAN restent curieusement silencieuses sur l’Iran lorsqu’elles n’approuvent pas simplement l’agression israélienne.
  • -> La volonté iranienne de détruire Israel ?
    De la volonté aux actes, des déclarations à leur mise en pratique existe un pas. Ne pas en tenir compte revient à légitimer toute action militaire contre toute puissance opposante au discours belliciste.
  • -> Le danger atomique iranien alors ?
    C’est au moment où des négociations se mènent sur le programme nucléaire entre l’Iran et les Etats-Unis notamment qu’Israel décide de bombarder, coupant ainsi le processus engagé. Les iraniens déclarent d’ailleurs qu’ils sont prêts à reprendre les discussions si les frappes israéliennes cessent. Mais le pouvoir en Israel en a décidé autrement. D’évidence il refuse toute discussion et s’engage dans un processus de destruction, avec les risques mondiaux que cela fait courir. Le danger serait imminent ? Ce n’est pas ce qu’indiquent les experts, et l’histoire récente —les armes de destruction massive justifiant hier l’agression contre l’Irak— pousse à la prudence.

Netanyahu est engagé dans une course folle. En réalité il désire empêcher tout nouvel accord entre Téhéran et Washington et oblige, par son initiative, Emmanuel Macron à reporter la conférence prévue à l’Onu sur la Palestine. À New-York, le chef de l’État devait en effet annoncer la reconnaissance de l’État de Palestine par la France.

Ce serait une grave erreur de considérer que les pays de la région sont indifférents à la situation, que les sunnites se réjouissent du sort réservé aux chiites.

Prompte et cinglante, la condamnation par l’Arabie saoudite qui il y a deux ans environ a rétabli des relations diplomatiques avec l’Iran. Ryad qualifie les frappes menées par Israël d’« agressions flagrantes » contre un « pays frère ». Dans la même lignée, le président turc, Recep Tayyip Erdogan fustige un "banditisme" israélien. Le Qatar estime que les frappes israéliennes "entravent" les efforts diplomatiques en cours.

Pour les effets immédiats, L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) rappelle que les installations nucléaires "ne doivent jamais être attaquées ». Elles constituent pourtant une des cibles de choix de l’aviation israélienne.

Enfin, concernant l’économie mondiale dans son ensemble, les cours du pétrole ont flambé de 12 % au soir des premières frappes, faisant redouter des perturbations sur les approvisionnements d’or noir, dont l’Iran est un des dix plus grands producteurs au monde et les Bourses asiatiques ont accusé le coup.

Il faut que l’agression israélienne cesse pour le monde en général, pour Israel en particulier qui chaque jour, au nom de sa préservation, creuse un peu plus sa propre tombe. La vie, la survie par la terreur, à Gaza, en Cisjordanie, en Iran, ne peut constituer une perspective durable.

Jacques Cotta
Le 15 juin 2025

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