1. Éclaircissements et précisions
Il existe les évidences consensuelles. La condamnation des crimes commis par Netanyahu, son gouvernement et l’extrême droite israélienne à Gaza notamment ne souffre pas grande discussion. Pas plus que le déclenchement du conflit avec l’Iran par les bombardements israéliens. Pas besoin de grands développements pour cela. On trouvera d’ailleurs sur notre site une série de contributions assez nettes.
Dans le papier ci dessous, il y a d’abord des formulations ou phrases qui sont peu compréhensibles :
« Pathétique et mortifère est la tentative de l’Occident sous la domination des USA de continuer à imposer son hégémonie politique, militaire et économique à travers les« grands » médias [1], français en l’occurrence, possédés par des oligarques. En parcourant ladite presse, ces derniers jours, on a un bon aperçu du partis pris qui la caractérise lorsqu’elle rend compte du conflit Israël-Iran : c’est celui des prétendues élites occidentales, en règle générale, acquises à Tel-Aviv ».
Bref, en termes plus simples, entre Téhéran et Tel Aviv, les médias auraient choisi la capital israélienne. En quoi ? Comment ? Quels arguments ?
Il existe des faits qu’il faut aborder sans détour. L’Iran fait de la destruction d’Israël son programme. La question nucléaire vient de là. Israël a décidé de bombarder contre toutes les règles internationales. C’est cette totalité qu’il faut aborder, et que globalement la presse a abordée.
Aussi :
— les bombardements sont de la responsabilité d’Israël qui en a pris l’initiative. Fait largement reconnu.
— l’argument guerre préventive est irrecevable. Tout autant de la part de Netanyahu ici que de Poutine en Ukraine…
— Netanyahu trouve en Iran aujourd’hui, comme à Gaza hier, des alliés de première main dans les islamistes qui lui sauvent momentanément la mise alors que le peuple israélien est en grande majorité pour le virer. Les islamistes de tout bord, forme particulière de fascisme, non seulement apportent le soutien dont Netanyahu a besoin, mais oppriment les peuples en les livrant aux bombes, à Gaza comme à Téhéran. Ils les oppriment doublement en faisant régner la terreur au quotidien. En Iran, opposants torturés, pendus. Étudiants pourchassés pour avoir manifesté, incarcérés, liquidés. Femmes……
Dans ce papier, il est indiqué :
« Droit de se défendre » ? Droit dont les contours sont à géométrie variable. Ainsi en est-il des Palestiniens à qui ce droit semble être refusé. Ah mais, écrit-on ou dit-on cela qu’on est automatiquement accusé de faire le jeu du Hamas quand ce n’est pas de comparaître au tribunal pour « apologie de terrorisme ».
Qu’est-ce à dire ? Le Hamas aurait défendu les palestiniens le 7 octobre ? Le Hamas serait une organisation de défense des palestiniens ?
Le 7 octobre les assassinats commis sont responsables de la suite. En réalité le Hamas est une organisation qui avec une main de fer a livré le peuple palestinien de Gaza à la misère totale et aux coups du gouvernement israélien. Rien à voir avec une quelconque résistance….
Et en Iran ? Si Israël est responsable des bombardements et du déclenchement de la guerre, la politique des Mollahs a fourni tous les prétextes à la direction israélienne…
Ce papier va plus loin
« S’agit-il, dans ces propos, de soutenir le régime férocement théocratique des mollahs iraniens ? Non, O combien non ! » peut-on lire.
Question étrange qui souligne les ambiguïtés du papier concerné.
Comité de rédaction de La Sociale, 26 juin 2025.
2. Texte de Gilles Ringenbach
Pathétique et mortifère est la tentative de l’Occident sous la domination des USA de continuer à imposer son hégémonie politique, militaire et économique à travers les« grands » médias [1], français en l’occurrence, possédés par des oligarques. En parcourant ladite presse, ces derniers jours, on a un bon aperçu du partis pris qui la caractérise lorsqu’elle rend compte du conflit Israël-Iran : c’est celui des prétendues élites occidentales, en règle générale, acquises à Tel-Aviv.
En effet, cet Occident auquel nous appartenons, confirme sa sanguinaire cécité, sa faillite morale [2] tandis qu’il se prévaut de « valeurs », dont lui seul serait détenteur.
L’indécence, la grande médiocrité intellectuelle de la classe politique occidentale actuelle est une chose. Celle des « grands » médias censés informer, éclairer, en est une autre, En effet, ceux-ci sont encore plus coupables que la classe qu’ils soutiennent, en raison de ce soutien précisément et de leur perdition au regard de leur mission fondamentale.Les grands titres, les chapeaux de cette prétendue « grande » presse se suffisent. Point n’est besoin d’aller plus avant dans la lecture. Les éléments de propagande israélienne sont repris à l’envi, ne fût-ce que celui de « frappes préventives ». Imaginons un seul instant que Téhéran se fût livré à la même initiative que celle de l’Etat hébreux en invoquant le même motif : faut-il être un aigle pour penser ce qu’en narreraient lesdits médias que l’effarante anglomanie linguistique qualifie de « mainstream » ? L’expression « frappes préventives » serait-elle employée par tous les plumitifs et perroquets du clergé médiatique dominant ? On peut sans risque penser que la réponse est déjà contenue dans la question : non.
En France, ce pouvoir et cette presse se nourrissent l’un de l’autre. Il semblerait même que les deux fassent montre d’une certaine singularité. Alors que nombre de réactions politiques et de presse étrangères pointent du doigt Israël, notre pays fait donc entendre sa voix détonante par le leitmotiv (que l’on entend depuis des décennies) du « droit à Israël de se défendre ». Il y a de quoi rester consterné (quel autre vocable ?) par cette déclaration sortie de la bouche du ministre des affaires étrangères et surlignée par l’Elysée. Et notre bonne « grande » presse d’emboucher la même trompette au timbre martial.
S’agit-il, dans ces propos, de soutenir le régime férocement théocratique des mollahs iraniens ? Non, O combien non !
Toutefois, dans l’ambiance qui prévaut depuis le 24 février 2022, date à laquelle prit une autre tournure le conflit Ukraine-Russie, [3] toutes opinions, toutes analyses factuelles qui ne vont pas dans le sens du discours officiel, largement repris par la presse parlée, écrite, télévisuelle dominante, font l’objet d’une censure : colonnes interdites, accès aux micros ou aux antennes de même. En l’occurrence, affirmer que c’est bien Israël qui attaque l’Iran, que c’est bien l’Etat hébreux l’agresseur [4] fait encourir à celle ou celui qui s’exprime dans ce sens, la forte probabilité de subir l’opprobre et d’être qualifié soit d’agent du Kremlin lorsque l’on remet en perspective historique les causes du conflit à l’Est, soit en l’occurrence, d’être gratifié du même jugement, mais cette fois-ci au regard du régime de Téhéran. Ainsi ce mardi 17 juin 2025, à l’occasion des questions au gouvernement, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot répondit à la députée LFI Alma Dufour « Vous vous faites l’avocate du régime iranien », tandis que l’élue venait de l’interpeller sur la position de la France dans le conflit qui oppose les deux pays. En outre, à l’unisson de la classe politique, la « grande » presse est souvent prompte à qualifier d’antisémite toute critique de l’Etat israélien tant l’amalgame lui est devenu aussi denrée courante.
Les médias dominants interrogent-ils la fausse bonne conscience de l’Occident ? A les lire, les écouter, on n’en voit ni n’entendons quelque remise en cause sérieuse de cette partie du monde qui emploie encore tous les moyens pour asseoir (et tenter de la sauver aujourd’hui) sa suprématie qu’il convient bien de qualifier d’impérialisme. [5].
Les mêmes médias portent-ils un regard distancié sur le fameux « droit de se
défendre » ? Droit dont les contours sont à géométrie variable. Ainsi en est-il des Palestiniens à qui ce droit semble être refusé. Ah mais, écrit-on ou dit-on cela qu’on est automatiquement accusé de faire le jeu du Hamas quand ce n’est pas de comparaître au tribunal pour « apologie de terrorisme ».Entend-on sur un plateau de télé un « expert », un prétendu journaliste poser les questions suivantes (il y en aurait d’autres) : en vertu de quoi les USA et Israël s’arrogent-ils le droit de décider qui peut ou non se défendre ? Quel est le comportement de ces deux pays par rapport au droit international ?
Autre question : en vertu de quoi si ce n’est en raison de leur déliquescence, les
« grands » médias soutiennent-ils toutes ces vilenies à portée dramatique et quand, de la lune de leur prétention, ils tombent dans le caniveau d’une morale dévoyée laquelle en soi est ce qu’elle est, mais surtout est l’un des agents nocifs propres à mettre les cerveaux à l’envers ?Notre pauvre pays s’enfonce ainsi dans les limbes d’une indigence intellectuelle de son « personnel politique », soutenu par un emballage médiatique de même matériau ; une indigence intellectuelle associée à un affaissement moral.
Au « pays des Lumières », beaucoup se chargent de les éteindre ou, du moins, font en sorte qu’en soient soufflés les derniers feux. L’ainsi dénommée « grande » presse apporte, aura apporté un inestimable concours à cette entreprise d’obscurcissement.
Gilles Ringenbach
Le 17 juin 2025
