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L’assassinat politique est une méthode fasciste

samedi 20 septembre 2025, par Denis COLLIN

Le 10 juin 1924, le député socialiste Giacomo Matteotti est assassiné par un groupe fasciste. Mussolini déclarera peu de temps après qu’il assume « personnellement la responsabilité politique, morale et historique » de ces actes. C’est le tournant vers la transformation d’un régime qui avait encore une façade parlementaire vers le régime fasciste proprement dit.

Assassiner ses opposants : voilà typiquement la méthode fasciste. C’est encore celle dont usent les islamistes quand ils assassinent la rédaction de Charlie Hebdo. Charlie Kirk, agitateur trumpiste est victime lui aussi de ce fascisme réel. Et il ne devrait pas y avoir d’hésitation : quoi que l’on pense des idées défendues par Charlie Kirk, son assassinat est un ignoble attentat contre la démocratie et contre le premier amendement de la constitution américaine qui affirme la liberté d’expression.

Malheureusement, il semble que cette évidence ne le soit pas pour toute une partie de la « gauche » (?) qui officie sur les réseaux. Quand Guillaume Erner, responsable de la matinale sur France Culture, fait son billet sur le thème « Charlie Hebdo/ Charlie Kirk » , il reçoit de nombreux courriers d’auditeurs qui s’offusquent que l’on puisse mettre sur le même plan les bons (Charlie Hebdo) et le méchant (Charlie Kirk), sans oublier les protestations d’une partie de la très politiquement correcte rédaction ! Tout piteux, Erner est venu en présence de la médiatrice de France Culture, faire amende honorable. Pour une fois qu’il avait une bonne intuition, ce pauvre Erner prend des coups sur la tête.

Que Charlie Kirk soit réactionnaire, homophobe et sexiste, cela ne saurait suffire pour énerver nos belles âmes. Ils défilent pour des réactionnaires homophobes et sexistes du Hamas et comptent dans leurs rangs des prêcheurs « Frères musulmans » encore plus sexistes et homophobes. Mais l’essentiel est ailleurs : si on veut combattre les idées que l’on estime fausses ou dangereuses, on ne peut le faire que d’une seule manière : par l’argumentation et l’appel à la conscience du public. Ceux qui veulent combattre le danger fasciste par des méthodes fascistes ne font qu’accélérer la marche au fascisme et sont eux-mêmes des fascistes sui generis.

Enfin, quelque répulsion que l’on puisse éprouver à l’égard des dingueries trumpistes, parler de « fascisme » est parfaitement absurde. Si vous ne souscrivez pas à la dernière lubie de ces gauchistes décomposés mais fort bruyants, vous voilà renvoyés à « l’extrême droite » et donc au fascisme ! Passons sur les confusions et la débilité théorique de ces gens qui mélangent tout et n’ont aucune idée de ce que pourrait être le fascisme. Les réactionnaires ne sont pas des fascistes et les fascistes sont plutôt des sortes de révolutionnaires – une petite connaissance du fascisme italien suffit pour s’en assurer. Les fascistes sont des groupes armés qui frappent leurs adversaires pour les réduire au silence. Mais de tels groupes se trouvent aujourd’hui plutôt du côté de l’extrême gauche… Il y a en revanche bon nombre de réactionnaires honorables qui doivent pouvoir se faire entendre dans un débat démocratique.

Pier Paolo Pasolini (un homosexuel réactionnaire, hostile à l’avortement et à la prétendue libération sexuelle) dénonçait « le fascisme des antifascistes ». Rien à ajouter.

Le 20 septembre 2025