Tout pays à ses charmes, et l’Italie officiellement n’en manque pas. Ses atouts industriels, dans le domaine vestimentaire, n’ont d’égal que ses saveurs culinaires. En Toscane notamment, avec son Rigatino, sa pancetta, sans oublier son san Giminiano servi bien frais.
Seulement voilà, derrière le dépliant touristique se cache aujourd’hui une réalité qui fait de Giorgia Meloni dont il est à la mode de vanter la politique italienne l’alliée objectif de Jean Luc Mélenchon sur la question centrale de l’immigration.
Le made en Italy est un slogan vendeur, mais une escroquerie de premier plan.
La réalité vient d’être mise à jour par un reportage de France 2 dont la qualité, une fois n’est pas coutume, mérite d’être signalée.
Le théâtre des opérations se déroule à Prato, petite ville située au coeur de la Toscane, qui compte 200 000 habitants. Il s’agit du plus grand pôle textile du continent, devenu temple de la fast-fashion européenne.
C’est la communauté chinoise qui contrôle. Elle représente ici un quart de la population. Véritable Chinatown au cœur de la Toscane, Prato compte 5 000 entreprises chinoises pour 200 000 habitants donc.
Voilà un des « eldorado » offert à une partie des immigrés passés par Lampedusa et que les « humanistes de gauche » proposent d’accueillir sans restriction.
Les salariés de Prato, venus de l’autre bout de la planète, sont soumis à une organisation de travail très éloignée de la réglementation européenne.
L’exploitation est sans limite. Un retour dans l’histoire. Les témoignages concordent. « Je travaille 14h par jour sans repos ni vacances, et suis embauché avec un faux contrat à temps partiel et payé à la tâche. Ces pantalons, j’ai été payé 40 centimes par pièce. Un jour, il sera peut-être vendu 40 euros. 40 euros c’est environ ce que je gagne en 14 heures".
Le compte est vite fait. Cela fait à peine 3 euros de l’heure, dans un atelier dont le patron chinois fait surveiller les ouvriers-esclaves en permanence pour qu’ils maintiennent la cadence
Les grossistes chinois exportent un modèle qui marche. « L’alternative socialiste » à l’impérialisme américain qu’aiment vanter quelques groupuscules de gauche montre son visage au grand jour, non en Chine où il est impossible d’aller poser sa caméra librement, mais au coeur de l’Europe, à quelques heures de voiture de chez nous.
Les grossistes chinois donc exposent leur création à destination des revendeurs et des boutiques en Europe, notamment en France. Le pantalon pour lequel l’ouvrier a touché 40 centimes est revendu 7 euros pièce, trois fois moins cher qu’une production européenne classique, et le vendeur assure pouvoir en fabriquer rapidement : "En général, pour 1 000 pièces, on peut les sortir en une semaine sans problème. »
Quelques étiquettes trainent imprudemment, celles de revendeurs français comme For Her Paris, qui sur son site internet vend « une mode empreinte de liberté et authentique ». On retrouve un vocabulaire tout aussi humaniste sur l’étiquette d’April Vintage.
L’Union européenne joue son rôle, permettant au nom du libre marché et de la concurrence libre et non faussée l’établissement d’entreprises et la vente de marchandises qui devraient donner le coup de grâce à ce qui reste de production nationale et aux nations elles-mêmes.
La police de Giorgia Meloni fait service minimum. Avant tout contrôle des gendarmes d’une entreprise donnée, celle-ci met la clé sous la porte et ouvre un autre centre de production à quelques encablures. Le patron est gagnant sur tous les tableaux. Il oublie de verser les derniers salaires et renouvelle si besoin sa main d’oeuvre, évacuant celui qui oserait rechigner à la tâche.
Prato est l’oeuvre de l’Union européenne avec la complicité des gouvernements concernés, dont celui de Meloni. Hier pourfendeuse de l’immigration massive, la voilà conciliante avec le débouché donné à « cette main d’oeuvre » pratiquement gratuite. Pour les patrons, c’est vraiment tout bénéf. D’autant que le système est bien rôdé.
Les tissus de Prato sont bien souvent importés illégalement, grâce à la réglementation européenne : un prête-nom basé en Italie passe une commande de tissus en Chine. La commande arrive dans un port de Méditerranée, bien souvent au Pirée, en Grèce. Comme le veut la réglementation européenne, toute marchandise qui arrive aux frontières de l’Union ne paie pas la TVA à la douane en Grèce mais dans le pays de destination finale, en l’occurrence l’Italie. Sauf qu’à Prato, il n’y a souvent pas d’entreprise à l’adresse indiquée, mais un complice qui conduit le livreur vers l’entrepôt réel où sont fabriqués les vêtements.
Au fait, un mot du port du Pirée. Ce sont des chinois qui depuis la crise financière de 2008 en tiennent les rênes. Ceci aide sans doute cela…
Syndicaliste de « SUDD Cobas Prato » Riccardo Tamborrino vit entre intimidations, menaces et violence, les meilleurs alliés du système d’exploitation.
La soumission à l’union européenne et à la mondialisation capitaliste ramène chacun à la réalité et remet la question migratoire au centre. En même temps que l’immigration massive et sans contrôle est une arme de destruction des nations, elle constitue une armée industrielle de réserve permettant un « coût du travail » défiant toute concurrence. La réussite économique de Giorgia Meloni prend un visage bien embarrassant pour tous les partisans d’une immigration massive et de la destruction des frontières. Entre Prato en Toscane, et à l’autre bout les pouilles où les syriens sont exploités par la mafia, le capitalisme bat son plein. La situation italienne a le mérite de mettre en lumière la réalité du débat. Il ne s’agit pas d’extrême droite, de droite ou de gauche. Il s’agit d’une politique qui de fait rassemble toutes les tendances, quelles que soient leur justification morale, dés lors qu’elles se soumettent à l’union européenne.
Jacques Cotta
le 24 septembre 2025

Messages
1. Meloni alliée de Mélenchon, 16 octobre 2025, 20:06, par richard
Enfin une vérité sur la nature de l’immigration incontrôlée adoubée par l’extrême gauche du capital et faussement combattue par son extrême droite ; n’évoquons même pas son marais...