Les vassaux craintifs à Berlin
Pour aggraver les choses, le gouvernement fédéral n’a toujours pas remarqué que les États-Unis voient en Allemagne un concurrent à affaiblir en raison des prix élevés de l’énergie, de la difficulté d’accès aux matières premières et de l’entrave au commerce avec la Chine. Et pour que la désindustrialisation réussisse réellement, les États-Unis, avec le soutien de L’Ukraine, de la Pologne et des États baltes, ont détruit la principale ligne énergétique de L’Allemagne, Nord Stream. Les vassaux craintifs de Berlin n’ont pas le courage de s’y opposer, d’élucider cet acte terroriste et de dénoncer les responsables.
L’Allemagne et sa désindustrialisation s’accompagnent d’une éducation en baisse et une baisse du niveau de réflexion, et la quasi-disparition des intellectuels critiques et de l’esprit critique. Même après la Seconde Guerre mondiale, par exemple, l’homme politique du SPD Carlo Schmid a pu traduire "les Fleurs du mal", et il y avait dans tous les partis des hommes politiques dont on pouvait et voulait lire les livres et les essais.
Pour la CDU/CSU, d’abord Ludwig Erhard et Alfred Müller-Armack, puis Richard von Weizsäcker, Kurt Biedenkopf, Heiner Geissler ou Norbert Blüm. Aujourd’hui, L’avocat munichois Peter Gauweiler se singularise à la CDU-CSU, les essais et les discours ont un Niveau intellectuel effrayant. Le Ton est donné par des personnalités comme Roderich Kiesewetter ("nous devons porter la guerre en Russie") ou Johann Wadephul ("la Russie sera toujours notre ennemi").
Le SPD a brillé avec Willy Brandt, Helmut Schmidt, Egon Bahr, Peter von Oertzen, Horst Ehmke, Peter Glotz ou encore Erhard Eppler. L’ancien maire de Hambourg Klaus von Dohnanyi, âgé de 97 ans, alors également membre du Conseil fédéral du SPD, a rappelé en 2022 avec son Best-seller "intérêts nationaux" à quel Niveau le directoire de quarante membres du SPD présidé par Willy Brandt débattait. Aujourd’hui, le SPD est dirigé par Lars Klingbeil, qui, avec la phrase "nous devons définir notre politique de défense contre la Russie ",il s’est débarrassé de L’héritage du lauréat du prix Nobel de la paix Willy Brandt sans qu’il y ait eu la moindre protestation dans ce parti à la dérive.
Le programme de Freiburg du FDP a été rédigé par des intellectuels de renom tels que Ralf Dahrendorf, Karl-Hermann Flach et Werner Maihofer, C’est-à-dire des hommes qui font passer la direction actuelle du FDP pour des nuls . Le niveau des libéraux caractérise actuellement la lobbyiste de L’armement Marie-Agnes Strack-Zimmermann, qui attire l’attention avec des déclarations fracassantes telles que "Poutine a envoyé des centaines de millions de personnes au cimétière" et "L’Ukraine nourrit 70 milliards de personnes".
A leurs débuts les es verts ont eu pour dirigeants : Petra Kelly, Joseph Beuys, Carl Amery, Robert Jungk et Rudolf Bahro. Ces dernières années, c’est Robert Habeck ("je peux imaginer que certaines industries cessent tout simplement de produire [...] alors elles ne sont pas automatiquement insolvables") ou Annalena Baerbock ("nous ruinerons la Russie") ont montré quel est niveau intellectuel des verts aujourd’hui.
Erreurs de comptage et stratégie dilatoire
Die Linke, encore diffamée en tant que parti successeur du SED, est issue du PDS est-allemand et du WASG ouest-allemand. C’est grâce au PDS que L’écrivain Stefan Heym, élu au Bundestag par le biais de sa Liste, a pu prononcer le discours D’ouverture en tant que président car élu le plus âgé en 1994. Son discours a été un moment fort dans l’histoire du Bundestag de l’Allemagne réunifiée et a montré à quel point il est bien pour une société démocratique que des poètes, et des écrivains des penseurs y représentent également le peuple.
Die Linke avait été presque éliminée avant les élections fédérales, mais, soutenue par les médias traditionnels, des organisations douteuses telles que Campact et les algorithmes des entreprises technologiques américaines, a obtenu un résultat de 8,8%. En guise de remerciement, elle a rapidement aidé Friedrich Merz à entrer en fonction, a voté au Bundestag pour de nouveaux emprunts pour financer le réarmement sans limite et a appelé à des sanctions encore plus sévères contre la Russie. Le fait que ce parti ait changé de camp est particulièrement évident lorsque son président Jan van Aken fidèle à L’UE et à L’OTAN, demande l’arraisonnement dans les eaux internationales de la flotte fantôme russe, ce qui équivaudrait à déclarer la guerre à la Russie et entraînerait en tout cas une nouvelle augmentation des prix de l’énergie.
À L’AfD, après le départ des fondateurs : Bernd Lucke, Konrad Adam et Hans-Olaf Henkel, Alexander Gauland, Björn Höcke, les coprésidents Alice Weidel et Tino Chrupalla font le spectacle. Cependant, Alice Weidel, avec sa déclaration non contestée par le parti "je peux imaginer que nous dépensions 5% du PIB en armements", jette un doute considérable sur la compétence de L’AfD.
Le BSW, tenu à l’écart du Bundestag par des erreurs de comptage et la stratégie dilatoire de la majorité actuelle ; le BSW est né de la scission du parti Die Linke, car les députés autour de Sahra Wagenknecht ne pouvaient plus soutenir la politique destructrice : abandon du social et préférence pour le sociétal, – ouverture des frontières à l’immigration incontrôlée – et ils refusaient le soutien croissant de la gauche au réarmement et aux livraisons d’armes dans les zones de guerre. En plus des deux présidents, le nouveau parti compte de nombreux hommes politiques, y compris du patronat, qui apportent leurs contributions critiques aux débats. Avec son rejet de la guerre et du réarmement, le BSW, après que la gauche est également devenue le parti de l’OTAN, occupe de toute façon une position particulière. Ce jeune parti, en plein développement, s’est trompé en répondant trop rapidement en demandant de participer aux gouvernements des régions est-allemandes.
Le résultat de L’AfD aux élections fédérales serait très différent si le président de la CDU, Merz, avait compris qu’il incombait à son parti d’associer L’AfD à la direction des régions en ex Allemagne de l’est ». La baisse de niveau intellectuel parmi les partis "démocratiques" devenus militaristes entraîne un perte significative dans les débats actuels. La conséquence est un fort recul de la démocratie. L’absence de débat libre et non faussé est l’une des causes essentielles d’un rejet massif des partis traditionnels par la grande majorité des Allemands. Si notre pays veut trouver sa place dans le monde en mutation, il faut mettre un terme à cette absence de dialogue. Toutes les lois qui ont conduit à des plaintes massives de politiciens offensés ou à des perquisitions au domicile d’esprits critiques devraient être abrogées et la culture nihiliste remplacée par une promotion du dialogue démocratique. Il est nécessaire de veiller à ce que la radiodiffusion de service public remplisse à nouveau son mandat initial de faire connaître toutes les opinions politiques pertinentes.
Picasso comme professeur de dessin
À l’heure actuelle, de plus en plus de pays vérifient la conformité des candidats à la Constitution. Lorsque je suis devenu ministre-président de la Sarre en 1985, j’ai immédiatement aboli ce décret, qui visait alors à empêcher les communistes de devenir enseignants. Je n’aurais pas pu employer Pablo Picasso comme professeur de dessin. Le contrôle de conscience des objecteurs de conscience montre également à quel point la pensée est parfois perverse. Ne faudrait-il pas vérifier la conscience de ceux qui se laissent envoyer à la guerre pour tuer des gens qu’ils ne connaissent pas ? Et si oui, ne serait-il pas également justifié d’interdire la fonction publique aux nouveaux bellicistes ? En effet, selon L’article 26 de la loi fondamentale, qui criminalise la préparation d’une guerre D’agression, ils ne sont pas seulement des ennemis de notre constitution, mais, pire encore, des ennemis de la vie.
Cette tribune a été publiée dans Weltwoche Deutschland n ° 45 de 2025.
