A l’ombre de l’affaire Epstein ou encore des rafles de la police des frontières ICE dans les grandes villes américaines, Donald Trump en accord avec Netanyahu a fourbi ses armes pour lancer de nouveaux bombardements sur l’Iran.
Le président américain et son allié israélien font peser un nouveau risque sur la situation internationale, aggravant l’instabilité mondiale en violant les régles élémentaires du droit international auquel ils substituent « le droit du plus fort ». On croyait depuis l’invasion de l’Ukraine que Poutine avait le monopole de l’agression en dehors du droit international pour la défense des intérêts capitalistes de la clique au pouvoir et des visées impérialistes. Trump montre, pour qui en doutait, qu’ils sont au moins deux…
Netanyahu voit dans ces nouvelles frappes un double avantage personnel. D’abord tenter de ressouder derrière lui une majorité d’israéliens pour les élections législatives d’octobre 2026. Ensuite poursuivre à l’abri des bombes qui s’écrasent en plusieurs points de la région sa politique odieuse de colonisation de la Cisjordanie, où chaque jour sont expulsés toujours plus de palestiniens pour permettre l’implantation de nouveaux colons.
Selon les premiers échos venus de Téhéran, la population iranienne a l’espoir de voir tomber le régime des Mollahs qui dans les derniers mois a assassiné des dizaines de milliers d’hommes et de femmes qui manifestaient dans le pays pour la liberté et contre la vie chère.
Quelle que soit la main qui abattra le régime des Mollahs, on ne pourra que se réjouir avec le peuple iranien de la mise à bas de la dictature islamique qui dirige le pays dans la terreur depuis 1979.
Mais faut-il pour autant être dupe sur les véritables intentions de Trump et de ses amis ?
Quelle considération Trump a t-il en effet du peuple iranien ?
Deux remarques s’imposent sur L’opération militaire qu’il a baptisée « fureur épique » :
1 -> L’intention initiale du président américain selon des sources au sein de son administration était de négocier avec le régime des Mollahs et non de le renverser. C’est vraisemblablement l’intransigeance de ces derniers refusant de jouer carte sur table sur la question nucléaire, dont la menace n’avait pas été écartée par les précédents bombardements, qui a poussé Trump, sur l’insistance de Netanyahu, d’engager les opérations.
Les forces navales positionnées dans la région, d’un moyen de pression sur le régime islamique, sont devenues naturellement un moyen d’action qui contrairement aux apparences est un moyen dont les résultats sont incertains. Au sein de son état major, des voix se sont élevées pour souligner les risques que fait peser ce choix, notamment sur la déstabilisation de toute la région..
2-> Jamais un peuple n’a été libéré de son régime, de ses dictateurs, sans qu’il ne règle lui-même le problème. C’est bien ce que les iraniens ont tenté de faire à plusieurs reprises au prix du sang, et c’est certainement dans les temps qui viennent ce qu’ils tenteront de nouveau.
Mais la solution envisagée à Washington avec la mise en avant du fils héritiers du shah Reza Pahlavi qui a gouverné l’Iran de 1941 à l’arrivée de Khomeini en 1979 avec notamment l’instauration de la sinistre Savak, le service de sécurité intérieure et de renseignement, réputée pour l’usage de la torture que des dizaines et dizaines de milliers d’iraniens ont eu a subir, comme un peu plus tard avec le régime des Mollahs et les « gardiens de la révolution islamique », cette solution annonce les plus grands chaos et de nouvelles souffrances pour le peuple d’Iran.
Donald Trump est un homme de business qui de la Floride où il suit les évènements sent bon l’odeur du pétrole iranien. L’exemple de l’Ukraine où à la face du monde il a exigé d’être payé sur la bête pour le soutien apporté laisse prévoir ce que le déploiement de force en Iran et dans la région lui permettra d’exiger dans les temps qui viennent, auprès de tout interlocuteur en place.
En attendant, les bruits de bottes qui résonnent font le bonheur de tous les va t’en guerre qui continuent d’exiger des efforts financiers accrus pour l’industrie d’armement au détriment des besoins immédiats des travailleurs et jeunes. Quelques mesures sont prises en France dans la plus grande discrétion. Plus de 3000 postes d’enseignants supprimés, un reste à charge augmenté qui interdira à des milliers et milliers de français de se soigner et des allocations chômage terriblement amputées…
Jacques Cotta
Le 1er mars 2026
