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Israel creuse sa tombe

mercredi 1er avril 2026, par Jacques COTTA

Cela devait durer dix jours et nul n’est en mesure de prévoir la fin. Pour Trump il faudrait sans aucun doute que la guerre s’achève au plus vite. Son opinion publique, qui l’avait élu notamment sur l’engagement de refuser toute aventure guerrière, gronde. Le risque d’enlisement tétanise les stratèges de la maison blanche. Les déclarations d’un jour contredites le lendemain ne sont pas pour rassurer. Au sein de l’état major américain et de l’administration, de hauts responsables dénoncent carrément une opération d’intox à la Colin Powell qui exhibait pour justifier la guerre contre l’Irak une fiole censée contenir une « arme de destruction massive ». L’Iran ne serait pas plus en mesure aujourd’hui de menacer avec l’arme atomique que Saddam Hussein hier avec des armes imaginaires. Les américains sont très majoritairement opposés à l’envoi de soldats au sol évoqué par Trump lui-même. La rue américaine, mais pas seulement, subit de plein fouet une situation inédite où le prix du pétrole pèse directement sur la liberté première de pouvoir se déplacer. En France, les mesures prises par le gouvernement en direction de quelques professions bien ciblées ont l’effet d’un placébo sur une jambe de bois. Et la proposition de remettre à l’ordre du jour un « télétravail » généralisé frise la bêtise, l’arrogance et le mépris.

Pendant ce temps, Israel exploite la situation pour pousser son avantage, et ce faisant est en train de créer définitivement les conditions de son affaiblissement et à terme de sa disparition.

La détermination nihiliste du gouvernement de Benjamin Netanyahu semble intacte. Après avoir réduit Gaza à l’âge de pierre, voilà qu’il s’engage au Liban dans des bombardements massifs et qu’il ordonne à ses troupes terrestres de pénétrer sur le sol libanais. C’est une nouvelle annexion qui se profile au nom de la sécurité et du combat contre le Hezbollah dont on annonçait pourtant hier la réduction à sa plus simple expression.

L’armée israélienne applique les ordres. Elle bombarde volontairement un véhicule et tue de la sorte les trois journalistes qui l’occupaient, prétextant que l’un d’entre eux serait lié au Hezbollah. L’argument est facile. Elle délivre alors un message sans ambiguïté qui déjà résonnait à Gaza pour interdire à quiconque qui en aurait l’intention de rendre compte de la réalité sur le terrain. L’armée israélienne veut pouvoir agir en toute impunité, à l’écart de tout regard indiscret. Le régime réservé à la presse l’est aussi aux soldats de l’ONU dont plusieurs sont tombés sous les balles israéliennes, dont des français notamment. Le commandement de l’ONU sur place, assuré également par un français, est directement pris pour cible.

La « justice » est mise au service de l’entreprise politique et militaire. Le parlement israélien a adopté, sur proposition de son extrême droite, avec le soutien de Benjamin Netanyahu, une loi instaurant la peine de mort pour les Palestiniens reconnus coupables d’attaques anti-israéliennes meurtrières.
"Une loi selon laquelle une personne peut être condamnée à mort sans une conviction unanime. Est-ce là la justice à vos yeux ? Est-ce là le sacré de la vie que la tradition israélienne nous a enseigné ?", a demandé, Gilad Kariv, député du Parti travailliste. Il a ajouté que le projet de loi contrevient au droit international et risque de transformer les soldats israéliens et les gardiens de prison en « criminels de guerre malgré eux ». Mais le droit international a volé en éclat avec Trump aujourd’hui dans la guerre avec l’Iran comme hier avec Poutine et l’invasion de l’Ukraine, comme avant dans le non-respect de dizaines de résolutions de l’ONU à l’encontre de la politique israélienne d’extension des colonies, en Cisjordanie notamment.

Alors qu’ii était sur le point d’être renvoyé par le peuple israélien lui-même, Netanyahu et ses amis ont été maintenus au pouvoir par les islamistes, alliés objectifs, qui le 7 octobre 2023 ouvraient la voie à la barbarie, pratiquée par eux-mêmes d’abord, puis à grande échelle par le gouvernement israélien et son armée dans une riposte disproportionnée avec l’anéantissement de Gaza, et aujourd’hui dans une guerre sans fin en Iran qui embrase tout le moyen-orient et fait peser une menace sérieuse sur le monde entier.

L’histoire retiendra les responsabilités. Et parmi elles celles du gouvernement israélien qui creuse chaque jour un peu plus la propre tombe d’Israel. La guerre doit cesser immédiatement, un cessez le feu déclaré, un retrait des troupes israéliennes du Liban, un arrêt de la colonisation, un retour au droit international bafoué par Trump, Netanyahu, et les autres.

Jacques Cotta
Le 1er avril 2026

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