Depuis sa réélection en novembre 2024 et sa prise de fonction en janvier 2025 à la tête des Etats-unis, Donald Trump a fait un pari des plus risqués, qu’il est en passe de perdre. Par tous les moyens il a tenté d’imposer les Etats-unis comme nouveau maitre incontestable, et il est en train d’échouer.
Sur le plan des relations internationales, sa première offensive a porté sur l’augmentation de droits de douane permettant de sanctionner les autres nations, à la carte, ce qui dans la durée n’a que partiellement atteint son objectif, jetant une partie des américains, notamment de sa base électorale, dans le camp des victimes collatérales. Pour le consommateur américain, le prix du caddie dans les supermarchés, le prix des produits électroniques, apple et autres, dont les composants essentiels viennent d’Asie, de Chine notamment, le prix des vêtements et du textile ont connu une réelle envolée.
Mais c’est sur le plan militaire et ses conséquences que Trump est en train de perdre sa mise.
En balayant les règles du droit international pour y substituer le droit du plus fort, Trump désirait indiquer à la face du monde la supériorité incontestable du capitalisme et de l’impérialisme américain. Pour y parvenir, il devait respecter l’échéance. Comme Poutine qui devait clore l’affaire ukrainienne en un mois, et qui quatre ans après le déclenchement des opérations apparait d’une grande fragilité politique et économique, Trump se retrouve en Iran dans un bourbier dont les conseillers militaires américains se demandent comment sortir sans perdre la face. Plus le temps passe, sa supériorité milliaire et son incapacité à trouver une issue politique au conflit qu’il a déclenché font apparaitre une faiblesse qui semble paradoxale.
Les effets de manche, les coups de menton, et les formules à l’emporte pièce du maitre de la maison blanche ne peuvent camoufler sa fragilité politique. Une partie même de son administration doute de ses capacités, pas seulement mentales, mais politiques pour affronter la situation.
En Iran l’affaire devait être bouclée en quelques jours. Cela fait trois mois que la guerre a été déclenchée, laissant libre cours à des déclarations tout aussi contradictoires les unes que les autres, émanant pourtant toutes de Trump lui-même ou de membres de son administration.
Alors que le prétexte initial du conflit était le soutien aux iraniens contre la dictature des Mollahs qu’ils subissent, les tortures, les assassinats, il n’est aujourd’hui plus question de mettre « l’humanitaire » sur la liste des priorités. Il était de bon ton d’affirmer hier que l’objectif était le renversement du régime iranien. Il n’en n’est évidemment plus question aujourd’hui. Il n’est pas plus question de placer l’uranium enrichi en haut de la liste des priorités. « Cela sera pour plus tard » déclare la porte-parole de la maison blanche. Ce qui compte, c’est le business, le commerce et donc le passage du détroit d’Ormuz que bloquent les iraniens et qu’ils pourraient ouvrir à condition que les sanctions qui s’abattent sur l’Iran soient supprimées, ou sérieusement revues à la baisse.
Trump a donc réalisé le tour de force de laisser en place, et même de consolider, le pouvoir haï des islamistes qui oppriment le peuple et de permettre au pouvoir de Téhéran d’instituer un droit de passage dans le détroit d’Ormuz, permettant ainsi de remplir les caisses de l’état islamique.
Il s’est enfermé dans une situation apparemment sans issue ce que perçoivent de plus en plus les américains qui paient, comme ailleurs dans le monde, un prix exorbitant à la pompe pour remplir le réservoir de véhicules qui consomment de 12 à 13 litres au 100.
La reprise de bombardements ne réglera rien, pas plus demain qu’aujourd’hui.
La guerre avec l’Iran est de plus en plus impopulaire aux États-Unis, à la fois donc pour des raisons économiques, mais aussi et surtout pour l’incapacité apparente de la plus grande armée du monde de régler le problème qui n’est pas militaire au fond, mais qui est politique. Il en découle un affaiblissement de la crédibilité stratégique des États-Unis, incapables de défendre leurs alliés du Golfe qui ont subi les représailles iraniennes.
La faiblesse de Trump est accentuée par la politique israélienne qui semble n’avoir que faire des déclarations de la Maison blanche. L’opinion américaine à l’égard d’israël selon tous les observateurs, a d’ores et déjà changé. Après Gaza, après les exactions d’Israel qui poursuit la colonisation, L’affaire libanaise enfonce le clou et Trump apparait de plus en plus comme un soutien direct du gouvernement Netanyahu, de Tsahal et de l’administration israélienne, dont la nature a été illustrée par le ministre Itamar Ben Gvir.
C’est sans doute des Etats-unis même que le verdict scellant le sort de Trump tombera. La guerre entre les différentes factions du capitalisme américain fait aussi rage, d’autant qu’il se montre incapable de transformer une incontestable supériorité militaire en avantage politique. Et au sein de la société américaine, les travailleurs sont de plus en plus opposés au trumpisme...
C’est une fuite en avant dans laquelle Trump est engagé, dont nul ne sait où elle mènera, notamment dans sa volonté de diriger ses coups, à terme, contre la Chine, son principal adversaire sur le plan économique et commercial. Et dans cette voie, ce sont les pays du monde dont il a exigé un accroissement considérable des budgets militaires, qu’il veut entraîner. Les réactions françaises sont inquiétantes, et nécessitent plus que jamais qu’une voix s’élève contre la guerre, ses budgets, et la soumission réelle à l’impérialisme américain.
Jacques Cotta
Le 30 mai 2026

Messages
1. Le pari perdu de Donald Trump, 1er juin, 16:34, par BALDINI JEAN MARC
Bonjour,
Je ne dispose pas des outils culturels et intellectuels nécessaires aussi j’invite à la réflexion suivante : comment expliquer l’évolution sociologique qui a provoqué dans le corps électoral américain la réélection de ce fantoche qui ne pense qu’à ses intérêts sonnants et trébuchants et à ceux de ses complices hyper capitalistes voraces dévoreurs toujours insatiables ? On ne peut pas tout mettre sur le compte d’un Biden hors d’âge ou d’une Kamala Harris pas assez rompue aux joutes électorales. Et comment analyser cette droitisation extrême des pensées politiques partout dans le monde qui a accouché de cette génération galopante de dictateurs dont tout un chacun peut énumérer la sinistre liste ? Par avance merci.