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La défaite stratégique des Américains et des Russes

jeudi 16 juillet 2026, par Jacques COTTA

En Ukraine, l’affaire devait être pliée en quelques jours. L’invasion des chars russes, médiatisée sur tous les écrans, devait suffire à convaincre les plus récalcitrants. La loi du plus fort s’imposerait et vite. On connait la suite…

En Iran, l’armada américaine ne laisserait aucune chance au régime des mollahs qui s’effondrerait sous les bombes. Les mollahs eux-mêmes se sont effondrés sous les gravats dés le premier jour des bombardements. Mais pour le régime, on connait là encore la suite…

Les Etats-Unis et la Russie ont cela en commun. Ces deux super puissances font la démonstration qu’il ne suffit pas de totaliser des millions d’armes de destruction massive et de ranger au placard des accessoires périmés le droit international pour imposer sa volonté à des nations souveraines. Quoi que l’on pense des uns ou des autres, le constat est là, et dans ce monde où la loi du plus fort devait être la seule loi en vigueur, ce constat redonne une bouffée d’oxygène.

L’Ukraine et l’Iran marquent une défaite stratégique des Russes comme des Américains. Les deux super puissances semblent prises dans un bourbier dont elles ne savent comment se dépêtrer. Et les chefs, Poutine d’une part comme Trump de l’autre, sont de plus en plus fragilisés par les opérations qu’ils mènent et poursuivent malgré une série de déclarations contradictoires. Ils sont obligés d’afficher des succès qui n’existent pas. Ils poursuivent donc dans la même voie alors que leurs peuples respectifs en ont assez des aventures guerrières qui conduisent à la destruction, la ruine, la misère. Ce que les budgets militaires engloutissent au détriment des besoins immédiats des millions de russes et d’américains est de plus en plus insupportable.

A l’échelle du monde, le cataclysme n’est pas loin et la fuite en avant des gouvernements des grandes puissances —à l’exception de la Chine qui semble dans ce marasme faire pour le moment preuve de maitrise et raison— risquent d’avoir des conséquences encore inconnues. Le prix du pétrole, de l’énergie est une chose. Mais avec lui, ce n’est pas qu’à la pompe que les effets sont attendus. Tous les secteurs clés de la chimie, de l’industrie, du commerce sont menacés comme jamais… Ce que nous avons connus dernièrement semble n’être qu’un avant-goût de ce qui s’annonce inexorablement.

La faillite stratégique des américains et des russes est militaire, malgré la disproportion des moyens en présence avec l’Iran et l’Ukraine, mais elle est d’abord politique. Trump et Poutine sont incapables de présenter une issue au conflit qu’ils ont engagés. L’un et l’autre ne peuvent aboutir qu’à l’inverse du but affiché. En Iran comme en Ukraine, ce sont des parties importantes de la population qui se retrouvent soudées contre l’agression qui officiellement avait pour objectif de les libérer. L’Iran et l’Ukraine viennent ensemble démontrer que la libération des peuples ne peut être que l’oeuvre des peuples eux-mêmes et que nul ne peut s’arroger le droit d’agir et de décider à leur place. Tous les discours qui étaient censés justifier les aventures guerrières —libération de l’Iran, du peuple iranien, d’une grande partie de l’Ukraine, des ukrainiens — ne peuvent plus duper personne.

La faillite stratégique des grandes puissances militaires vise d’abord le voisinage direct des théâtres d’opérations. L’équilibre du Moyen-orient ne tient plus qu’à un fil. Les islamistes du Hamas et autres y trouvent intérêt, voyant dans le marasme la possibilité de survivre contre toute aspiration démocratique qui les balayerait. De l’autre côté —pas si éloigné que cela— la direction israélienne, Netanyahu et sa clique, voient dans le marasme la possibilité d’échapper à la défaite possible sur le plan électoral, et à la justice qui pourrait prendre le relai…

Si la chose n’était pas d’une gravité extrême on pourrait souligner pour sourire la stupidité criminelle de l’Union européenne en général, Macron en particulier, qui se félicitent de la situation et encouragent les autres à verser leur sang pendant qu’eux-mêmes à l’abri ne risquent pas grand chose. C’est ainsi qu’à chaque occasion ils vantent l’augmentation des budgets militaires et disent se tenir prêts à toute éventualité…

En attendant les peuples subissent. Les peuples des régions concernées, et ceux des pays impliqués qui pourraient bien mettre un terme à ce calvaire en balayant leur gouvernement respectif….

Jacques Cotta
Le 15 juillet 2026

Messages

  • La défaite stratégique des Américains est un fait non seulement contre l’Iran, mais encore contre la Russie, dont l’armée avance lentement mais sûrement. L’armée russe ne s’arrêtera que lorsqu’elle aura conquis Odessa. La stratégie, la stratégie réelle et non celle que les médias lui ont prêtée, est gagnante, les Ukrainiens manifestent contre la conscription forcée et pour la paix, Zelensky n’est populaire que dans l’UE, même aux États-Unis : le Washington Post et le New York Times dénoncent la corruption des dirigeants et généraux ukrainiens et de l’entourage de Zelenski ! C’est le début de la fin. L’UE ne peut plus payer, les États-Unis ne peuvent pas fournir les commandes d’armement !

  • la tonalité de ce texte me semble un peu contradictoire : Vous semblez condamner les interventions russes et américaines, sous entendant qu’elles agissent comme prédatrices. Mais vous semblez d’autre part condamner Macron de vouloir nous réarmer. Pourtant comment se protéger autrement de ces puissances, et d’autres ? Certes nous armer n’est pas tout, mais c’est une composante à ne pas négliger.
    Si on est soucieux du bien général, quoi de plus terrible qu’une agression d’une puissance extérieure ?

    nb : le commentaire de jean bachèlerie montre, une fois de plus, qu’à "gauche gauche", il y a pour beaucoup une grande bienveillance tacite pour les actions de Poutine et la critique de l’Ukraine qui a le mauvais goût de faire ce qu’elle peut pour lui résister.

  • Bonjour,
    les manoeuvres récurrentes des occidentaux (USA et leurs caniches de l’UE) pour se rapprocher militairement des frontières de la Fédération de Russie depuis la fin de l’URSS, sont la cause principale de la réaction des autorités Russe dont la patience a fini par être usée.
    Que faite-vous du soutien dont bénéficie la Russie dans la plupart des pays du Sud global ?
    Il est clairement le signe que son action en Ukraine est vue positivement par la majorité des pays siégeant à l’ONU et surtout que la parole des pays occidentaux ne vaut plus rien.
    Parler de défaite stratégique de Poutine est donc une erreur d’analyse commise par ignorance parfois ou le plus souvent par déni du réel dont font preuve tous ceux qui utilisent ces mots.
    C’est à la fin de la foire que l’on compte les bouses et en Ukraine, la foire n’est pas encore terminée !

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