Accueil > Actualité > MACRON - LE PEN : de la TRAGEDIE à la FARCE

MACRON - LE PEN : de la TRAGEDIE à la FARCE

par Jacques COTTA, le 17 janvier 2020

Enregistrer au format PDF

Déjà les grandes manoeuvres électorales font leur apparition. Le scénario Marine contre Emmanuel revient sur le devant de la scène. On voudrait nous refaire le coup des présidentielles. Emmanuel Macron le démocrate contre Marine le Pen la fasciste, évidemment. Il s’agirait comme il y a deux ans d’assurer l’élection par une infime minorité du corps électoral, par défaut et seulement par défaut.

Mais c’est oublier, comme disait Marx que si "l’his­toire se répète tou­jours deux fois, la pre­mière c’est comme une tra­gé­die, la seconde comme une farce". La manoeu­vre réi­té­rée est tel­le­ment gros­sière qu’elle pose quel­ques ques­tions d’évidence, et ins­pire quel­ques remar­ques.

Pourquoi donc cette pré­ci­pi­ta­tion ?

1- Il fau­drait faire oublier que le conflit social pour sauver les retrai­tes est tou­jours d’actua­lité. Comme si les choses étaient pliées. La lutte des clas­ses n’aurait plus son mot à dire, plus de poids, plus d’effet. Evidemment cela est une pure vue de l’esprit inquiet des gou­ver­nants et de leurs affi­dés. Sans doute n’y a t’il pas retrait du projet gou­ver­ne­men­tal. Mais une chose est cer­taine : Emmanuel Macron vou­lait une vic­toire à la Thatcher qui avait liquidé les capa­ci­tés de résis­tance de la classe ouvrière bri­tan­ni­que pour des décen­nies en écrasant les mineurs, ou une vic­toire à la Reagan qui avait fait de même avec les aiguilleurs du ciel aux états-unis. Là il n’en n’est rien. Même si la situa­tion est dure, dif­fi­cile, il res­sort des mobi­li­sa­tions qui se pour­sui­vent, même moins mas­si­ves, que "le moral" et la déter­mi­na­tion sont tou­jours intacts. Contre toute attente, les chif­fres de sym­pa­thie pour les gré­vis­tes, la grève et les mani­fes­ta­tions ne fai­blis­sent pas. Politiquement, la situa­tion est loin d’être réglée. Dans la cons­cience col­lec­tive, il faudra bien solder les comp­tes un jour...

2- Il fau­drait de toute part engran­ger -du moins le pen­sent-ils- sur le ter­rain électoral dans deux ans une situa­tion tou­jours en déve­lop­pe­ment aujourd’hui. Deux ans à l’échelle d’un élu qui n’a pour visi­bi­lité que la durée de son mandat, c’est beau­coup. Mais ce n’est rien au regard des évènements vivants qui occu­pent les clas­ses socia­les. Nul ne peut dire ou pré­voir aujourd’hui dans quelle situa­tion nous serons dans deux ans. Macron aura t’il enfoncé le clou, aura t’il été désarmé poli­ti­que­ment ? Quelles capa­ci­tés d’agir lui res­tera t’il dans une situa­tion mar­quée par plus d’un an de Gilets jaunes mobi­li­sés, plus de 5 semai­nes de grèves, plu­sieurs mil­lions dans la rue qui ont pris l’habi­tude d’exis­ter, tout sim­ple­ment ?

Alors, que penser, com­ment envi­sa­ger l’avenir ?

1- C’est bien une farce qui se pré­pare. Car depuis les der­niè­res élections pré­si­den­tiel­les, Emmanuel Macron et ses don­neurs d’ordre ont fait leur preuve. Ils jus­ti­fient sans effort la volonté qui sera sans nul doute majo­ri­taire : "Pas une voix pour Macron", quels que soient ses oppo­sants.

2- L’épouvantail Le Pen a fait long feu. On ne pourra me soup­çon­ner d’être lepé­niste, mon acti­vité pro­fes­sion­nelle et mon enga­ge­ment depuis plus de 50 ans en témoi­gnent. Alors je me per­mets de dire les choses comme beau­coup les pen­sent sans doute sans oser les expri­mer. La poli­ti­que mise en place par Emmanuel Macron au nom de la gauche, de la droite, des ban­quiers et fonds de pen­sions, les métho­des uti­li­sées par le régime sous sa pré­si­dence n’ont rien à envier, c’est le moins qu’on puisse dire, aux crain­tes ins­pi­rées par la res­pon­sa­ble du RN. Sur le plan social, sur le plan répres­sif, sur le plan judi­ciaire, sur celui des liber­tés, non seu­le­ment Emmanuel Macron n’a été un rem­part contre rien du tout, mais il a mis en oeuvre une orien­ta­tion d’un auto­ri­ta­risme et d’une vio­lence qui pla­cent Marine Le Pen en arrière plan. Si on veut parler élections, alors il faut tirer les conclu­sions : "Pas une voix pour Macron" est un sen­ti­ment et une posi­tion répan­due que la "morale" et la "bien-pen­sance" ne pour­ront contre­car­rer. Pas une voix pour Macron direc­te­ment, et évidemment, pas une voix pour ses can­di­dats, décla­rés ou camou­flés.

La situa­tion pose une série de ques­tions dont celles de la démo­cra­tie, de l’égalité, du res­pect, de la dignité... Autant de mots lourds de sens qui sont le fer­ment de mobi­li­sa­tions et de préoc­cu­pa­tions qui durent.

En réa­lité c’est la République dans ses fon­de­ments qui est remise en ques­tion.

Ne serait-il pas utile, dans les temps qui vien­nent, de s’orien­ter vers de grands états géné­raux de la République qui se fixe­raient l’objec­tif de tirer le bilan du pou­voir, de sa poli­ti­que, et de déga­ger les quel­ques mesu­res néces­sai­res, dont l’abro­ga­tion des lois "tra­vail", "cho­mage", "retrai­tes", etc..., que néces­si­tent avec urgence la situa­tion du pays.

Jacques Cotta
Le 17 jan­vier 2020

Messages

  • Pas une voix pour Macron ni pour personne !

  • Je viens d’envoyer un message "pas une voix pour Macron ni personne d’autre !"

    mais j’ai l’impression qu’il n’est pas parti...

    Il y a juste l’onglet "pré visualiser" mais nulle part "envoyer"
    A tout hasard je vous précise ceci puisque votre site est récent, peut-être est-ce une erreur dans la maquette ? ☘

  • "Pas une voix pour Macron ni pour personne !" ???!!!??? Pas d’élections, donc ? Comment vont se régler les problèmes qui se posent à une communauté de 66 millions d’individus ? Croyez-vous Elisa Garcia qu’il existe une "main invisible sociale" qui va nous faire vivre dans une société harmonieuse, progressiste et équilibrée sans que nous ayons besoin de nous organiser à tous les échelons, du quartier jusqu’aux instances européennes, et mondiales à l’ONU ? Je sais bien que certain(e)s croient à la"main invisible du Marché" qui redistribue les richesses sans que l’Etat s’en mêle Je suppose que ce n’est pas votre religion, mais peut-être avez-vous voulu dire autre chose et ne l’avez pas exprimée... Alors, je suis preneur. Mais en attendant, on fait quoi ?

  • Bonjour,
    je vois avec plaisir que l’idée de tout pour battre Macron fait son chemin. Pour savoir ce qu’il faut faire pour éjecter démocratiquement et pacifiquement Macron et son gang du pouvoir il n’y a qu’un moyen:voter CONTRE lui !
    S’abstenir est le plus beau cadeau que vont lui faire ceux qui se font peur avec Le Pen au second tour.
    Je rappelle qu’un Président (e) a toujours besoin d’une majorité à l’Assemblée Nationale pour pouvoir gouverner à sa guise et si Le Pen nous proposait de mettre en place immédiatement le RIC,il n’y aurait plus de craintes à avoir car les citoyens auraient toujours la possibilité d’utiliser ce Référendum d’Initiative Citoyenne pour abroger,proposer des lois, dénoncer des traités néfastes pour le Bien Commun,de modifier la Constitution,etc.
    Cela mérite réflexion.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.