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1789

par René MERLE, le 26 décembre 2012

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À propos de la soi-disant per­sé­cu­tion fis­cale des riches, il est inté­res­sant de noter un tic de lan­gage qui, de Mme Parisot à M. Afflelou en pas­sant par Mme Deneuve, tend à se géné­ra­li­ser : la réfé­rence hor­ri­fiée à 1789. Je dis bien 1789 et non pas 1793, qui jusqu’à pré­sent, guillo­tine à l’appui, était emblé­ma­ti­que de la Terreur révo­lu­tion­naire.

Si ce retour sur l’his­toire de France a un sens, ce ne peut être que celui de l’épouvante devant la sainte égalité civile et fis­cale qu’ini­tiè­rent les États Généraux, avant que l’Assemblée Nationale, quel­que peu aidée par l’écho des four­ches frap­pant aux portes des châ­teaux, ne décrète la sup­pres­sion des pri­vi­lè­ges de tous ordres.

Ce ne sont donc pas les « ter­ri­bles Montagnards » de 1793-1794 que l’on ren­contre en pre­mier dans le col­li­ma­teur de nos Cassandres, mais bien la grande secousse popu­laire inter­clas­siste de 1789, qui abat­tit un régime de castes ver­moulu, mais per­suadé de son éternité.

Comme il y a peu à parier que dans l’incons­cient, voire le très-cons­cient des inter­ve­nants média­ti­ques, notre nou­veau Président et son parti repré­sen­tent le sans­cu­lot­tisme en marche, et en armes, on ne peut qu’en déduire que ce que pointe leur bégaie­ment hai­neux (« 1789, 1789, 1789… ! ») tient tout bon­ne­ment au sen­ti­ment d’appar­te­nir à une caste, que tout désor­mais sépare d’un océan de grou­pes sociaux popu­lai­res ou demi-popu­lai­res, heu­reu­se­ment tenus en laisse par l’anes­thé­sie idéo­lo­gi­que et publi­ci­taire bien connue (que cla­mè­rent déjà les pre­miers émigrés de l’été 1789) : « Malheureux qui osez tou­cher à ceux qui vous don­nent tra­vail, clien­tèle et pro­tec­tion, c’est à votre perte que vous courez en nous péna­li­sant… »