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Récit de détention

15 mars 2020

Nous publions ci dessous le témoignage d’un militant qui a accueilli à la sortie de leur cellule les militants arrêtés lors de la dernière manifestation de Gilets jaunes à Paris :


J’ai passé la matinée devant le commissariat du 5è avec une centaine de camarades d’Attac, ANV Cop 21, Confédération Paysanne, Solidaires, CGT ,...
(...)
A leur sortie de 24h de garde à vue, les camarades nous ont raconté ce qui s’est passé. Lors du rassemblement vendredi à proximité de l’Elysée la police a systématiquement interpellé les personnes qui portaient un portrait de Macron (à l’envers). Il apparaît que mettre symboliquement l’image du président la tête à l’envers à quelques encablures de son Palais est aujourd’hui en France un crime de lèse-majesté.
Les conditions de détention au commissariat du 5è arrondissement de Paris (pas l’un des plus populaires...) sont ignobles. Les cellules sont insalubres et mal chauffées. Les militants hommes ont été placés dans une cellule de 3 places (3 matelas et 3 couvertures sales) où ils se sont retrouvés à 6, obligés donc se se partager une couverture pour 2. Aurélie était seule dans une cellule ignoble de saleté, et a du dormir la tête à proximité de toilettes à la turque puantes, munie d’une couverture tout aussi dégoûtante. Ces conditions de détention sont déjà scandaleuses en période normale, elles sont criminelles en période d’épidémie. Là il s’agissait clairement de dégoûter les militant.es de recommencer des actions de désobéissance et de lèse-majesté.

La France a été récemment désignée par la Cour européenne des droits de l’Homme comme ayant des "conditions de détention dégradantes" , avec des prisonniers à quatre ou cinq dans des cellules de 12 m2 parfois infestées de rats ou de cafards ; qu’arrivera-t-il si l’épidémie si propage ? En tout cas ces gouvernants nous font honte. A nous de travailler encore plus à leur mettre vraiment la tête à l’envers.