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Pourquoi Mélenchon se perd…

par Jacques COTTA, le 13 septembre 2018

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La ville de Marseille serait-elle un vil­lage au point de ne pou­voir éviter de se croi­ser. C’est du moins l’idée qui res­sort de cette ren­contre impro­ba­ble, ven­dredi 7 sep­tem­bre, entre Jean Luc Mélenchon et Emmanuel Macron. Pour « la photo », la séquence était par­faite. De quoi donner un peu de piquant à la jour­née du Président de République venu dans la capi­tale pho­céenne ren­contrer Angela Merkel et à Jean Luc Mélenchon venu dans sa cir­cons­crip­tion. Dans le contexte actuel marqué par la crise du régime, les scan­da­les, et toute une série de mesu­res dont les clas­ses popu­lai­res -des jeunes aux retrai­tés en pas­sant par les sala­riés au sens large- vont faire les frais, l’échange attendu entre les deux hommes pou­vait être sinon tendu, du moins franc et direct. Cela d’autant que quel­ques heures plus tôt, Jean Luc Mélenchon avait accusé Macron au sujet des migrants d’être « le plus grand xéno­phobe ». En face de l’inté­ressé, plus rien, Jean Luc Mélenchon expli­quant qu’il s’agis­sait « peut-être d’une légère exa­gé­ra­tion mar­seillaise ». Après tout, comme le dit Mélenchon inter­rogé sur cette sou­daine « timi­dité » face au chef de l’état, la « dimen­sion de res­pect » pousse à ne pas « s’engueu­ler avec le pré­si­dent de la répu­bli­que dans un bar à minuit et demi ». Mais là n’est pas l’essen­tiel. Emmanuel Macron, en plus fin poli­ti­que qu’il n’y parait, a dis­tri­bué les rôles, sans que le leader de la FI ne refuse celui qui lui était attri­bué.

Son adver­saire, c’est le FN, aucun doute ! Avec JLM « on a des confron­ta­tions poli­ti­ques mais Mélenchon, ce n’est pas mon ennemi ». Une fois encore, JLM ne dit mot, ne se démar­que en rien, même cour­toi­se­ment. S’agit-il de la part du chef de la FI d’un manque d’ à propos ? d’un excès de fati­gue ? Ou bien plutôt du résul­tat d’une orien­ta­tion qui conduit et Mélenchon, et la FI, à leur perte ?

Le combat contre le populisme

Emmanuel Macron a f ait passer son mes­sage. Il s’y emploie depuis la ren­trée de sep­tem­bre et la ren­contre avec Mélenchon tom­bait à pic pour enfon­cer le clou. Le 28 août en s’envo­lant pour Copenhague puis le len­de­main pour Helsinki, le pré­si­dent de la répu­bli­que pré­ci­sait le thème cen­tral de sa cam­pa­gne euro­péenne, « l’axe des pro­gres­sis­tes » contre « l’axe des natio­na­lis­tes ». Ignorant comme l’indi­quait Marx dans "le 18 Brumaire de Louis Napoléon Bonaparte", que « l’his­toire se répète sou­vent deux fois, tout d’abord comme une tra­gé­die, après comme une farce », Emmanuel Macron aime­rait sortir de l’ornière dans laquelle il se trouve en réi­té­rant le coup de la pré­si­den­tielle. Face à l’extrême droite et au fas­cisme qui mena­ce­rait, il serait le seul recours envi­sa­gea­ble. Un jeu de rôle -exer­cice dont Macron se révèle expert- est d’ailleurs venu confor­ter la ten­ta­tive. Viktor Orban le hon­grois et Matteo Salvini l’ita­lien ont ainsi fus­tigé « l’autre camp, celui des euro­péis­tes dirigé par Macron », pain béni pour Macron répon­dant « s’ils ont voulu voir en ma per­sonne leur oppo­sant prin­ci­pal, ils ont raison (…) Il se struc­ture une oppo­si­tion forte entre natio­na­lis­tes et pro­gres­sis­tes en Europe ».

Que nous dit Jean Luc Mélenchon de la situa­tion dans les dif­fé­rents pays d’Europe ? « Je suis très inquiet » com­mence le res­pon­sa­ble de la FI le 20 mai 2018 au grand jury de RTL. « Je ne cesse de répé­ter que dans toute l’Europe la menace est immense. Parce que en Hongrie c’est déjà des fachos, En Autriche, c’est des fachos, en Pologne ce sont des fachos, en Allemagne il y en a qui appa­rais­sent jusque dans le Bundestag, Et en France … ».

Il y a une simi­li­tude évidente entre les posi­tions de JLM et d’Emmanuel Macron. A noter d’ailleurs que le pre­mier pos­sède l’anté­rio­rité. Mais peu importe la date. Ce qui compte est la vali­dité ou non de l’ana­lyse, et les consé­quen­ces qu’elle devrait impo­ser en toute logi­que.

Une analyse erronée

Le spec­tre des années 30 plane dans les dis­cours de Mélenchon et de Macron. Chacun à sa façon y fait réfé­rence. Macron évoque le « popu­lisme » lors­que les peu­ples aspi­rent à repren­dre leurs affai­res en main. Macron et Mélenchon par­lent du « racisme » et de la « xéno­pho­bie » lors­que des gou­ver­ne­ments euro­péens exi­gent une poli­ti­que migra­toire dif­fé­rente. Macron dénonce le « sou­ve­rai­nisme » que Mélenchon prend garde de ne pas reven­di­quer lorsqu’un gou­ver­ne­ment en Europe décide une poli­ti­que contraire aux exi­gen­ces de l’union euro­péenne,

et qua­li­fi­ca­tion ultime com­mune à Macron et Mélenchon, la dénon­cia­tion des « fachos » ou du fas­cisme pour parler pèle mêle des gou­ver­ne­ments hon­grois, ita­lien, polo­nais, de l’AFD en Allemagne, des « démo­cra­tes » de Suède, le FPO autri­chien, ou encore les gou­ver­ne­ments tche­ques, slo­va­ques ou croa­tes, sans omet­tre chez nous Marine Le Pen et le FN.

L’ana­lyse même suc­cincte des forces poli­ti­ques concer­nées dément la parole com­mune de Mélenchon et de Macron. Aussi désa­gréa­ble que soient les res­pon­sa­bles de ces for­ma­tions poli­ti­ques qui pro­gres­sent dans une série de pays d’Europe, aussi peu fré­quen­ta­bles soient-ils, ils n’en sont pas pour autant les « fachos » ou « fas­cis­tes » dénon­cés ici ou là. Répondent-ils en effet aux cri­tè­res élémentaires du fas­cisme qui se res­pecte ? L’abo­li­tion de la démo­cra­tie ? C’est tout le contraire. Ils se récla­ment de la démo­cra­tie et jouent le jeu des ins­ti­tu­tions et des cons­ti­tu­tions qui régis­sent leur nation. Le refus du suf­frage uni­ver­sel ? Ils en tirent leur pou­voir. Un projet tota­li­taire ? En géné­ral -à l’excep­tion de la Pologne- ils font d’excel­lents adep­tes post-soixante hui­tards sur une série de faits de société érigés chez nous par les médias et les res­pon­sa­bles poli­ti­ques comme l’échelle de valeur de pro­gres­sisme. Le res­pon­sa­ble hol­lan­dais Théo Van Gogh par exem­ple était assas­siné en 2004 par un isla­miste car il dénon­çait l’immi­gra­tion musul­mane au nom des droits des gays et des femmes ! La xéno­pho­bie ? Mais qu’ont-ils à envier à Macron par­lant des ita­liens, à Merkel évoquant les grecs, ou Mélenchon des alle­mands ? Tout cela a d’autant moins de sens que les qua­li­fi­ca­tifs poli­ti­ques ne sont uti­li­sés que comme injure, et non pour ce qu’ils veu­lent dire. Nationaliste ? Ils sont en géné­ral assez pro-amé­ri­cain et par­ti­ci­pent à l’union euro­péenne à laquelle ils repro­chent, sans remet­tre leur appar­te­nance en cause, une ligne trop fédé­rale et peu démo­cra­ti­que niant les nations, cri­ti­que qu’il est dif­fi­cile de ne pas par­ta­ger. Le racisme enfin ? Sans doute le racisme est-il ce qui a le mieux résisté dans le temps de l’héri­tage his­to­ri­que propre à chaque nation. La ques­tion n’a pas grand chose de moral mais s’ins­crit dans une réa­lité poli­ti­que, économique et sociale. La des­truc­tion des nations sous le coup de la mon­dia­li­sa­tion que nos gou­ver­nants approu­vent et encou­ra­gent détruit les nations comme cadre de vie com­mune. L’immi­gra­tion est saisie comme une nou­velle menace, agres­sion géné­ra­trice de dif­fi­cultés nou­vel­les pour les per­son­nes ordi­nai­res. L’oppo­si­tion à l’immi­gra­tion, que les bonnes cons­cien­ces résu­ment à l’oppo­si­tion aux migrants, trouve des causes là aussi poli­ti­ques, économiques et socia­les dont la « bonne cons­cience morale » qui qua­li­fie les oppo­si­tions à l’immi­gra­tion comme preuve de fas­cisme n’a en réa­lité que peu à faire.

Si l’immi­gra­tion est le vec­teur à l’aune duquel les bre­vets de res­pec­ta­bi­lité ou les ordres de ban­nis­se­ment doi­vent être attri­bués, si la poli­ti­que menée en matière d’immi­gra­tion permet de défi­nir le « fas­cisme » des uns et de qua­li­fier les « fachos », nous ne sommes pas au bout de nos sur­pri­ses. Le gou­ver­ne­ment ita­lien à la tête d’un pays qui a accueilli plus de 650 000 migrants est bien plus démo­crate que mon­sieur Macron qui fait contrô­ler les véhi­cu­les dans des check-points impro­vi­sés à la fron­tière franco-ita­lienne. Et en pous­sant l’absurde jusqu’au bout, bien plus démo­cra­tes que Jean Luc Mélenchon qui oublie de pro­po­ser le port de la ville dont il est député à l’Aquarius lors­que les auto­ri­tés ita­lien­nes le font ravi­tailler et escor­ter avec assis­tance médi­cale jusqu’en Espagne. Si les ques­tions socié­ta­les per­met­tent de qua­li­fier de fas­ciste l’un, de pro­gres­siste l’autre, alors il faut élargir la liste des fachos à une bonne partie des LR, de la manif pour tous. Et il faut dans la foulée donner tous les bre­vets de res­pec­ta­bi­lité à mon­sieur Soros et autres repré­sen­tants du capi­tal finan­cier qui voient dans l’immi­gra­tion qu’ils encou­ra­gent -au détri­ment des pays pillés depuis des décen­nies- le nou­veau marché des décen­nies à venir…

Les propos de Macron et de Mélenchon sub­sti­tuent un sen­ti­ment moral à une réa­lité poli­ti­que. Le fas­cisme est une forme de domi­na­tion du capi­tal qui dans une situa­tion extrême a besoin de détruire phy­si­que­ment les orga­ni­sa­tions ouvriè­res, les syn­di­cats, les asso­cia­tions, les partis, les mili­tants. Lorsque la bour­geoi­sie ne par­vient plus à désa­mor­cer les contra­dic­tions explo­si­ves de la société, ce sont les bandes armées qui doi­vent assu­rer l’essen­tiel, la cen­tra­li­sa­tion du pou­voir d’état, la des­truc­tion des conquê­tes ouvriè­res, la liqui­da­tion des orga­ni­sa­tions ouvriè­res et démo­cra­ti­ques, l’anéan­tis­se­ment des syn­di­cats, des asso­cia­tions, des partis. Ici rien de cela. En France par exem­ple, le parti socia­liste et François Hollande, à la suite de l’UMP et Sarkozy, et avant Macron et LREM, ont fait le boulot. Pour exis­ter, pour durer, pour rem­plir son rôle, un mou­ve­ment fas­ciste doit de plus obte­nir le sou­tien actif d’une partie signi­fi­ca­tive du capi­tal. Il lui faut avant de pren­dre le pou­voir avoir fait la preuve de l’effi­ca­cité de ses bandes armées, de ses mili­ces orga­ni­sées. Il faut à un mou­ve­ment fas­ciste avoir testé son effi­ca­cité dans des épreuves de force contre le monde sala­rié, contre le monde ouvrier. On voit bien que rien de cela ne permet les qua­li­fi­ca­tifs portés tant par Macron que par Mélenchon.

Progressistes contre fascistes ?

La consé­quence de l’ana­lyse qui domine dans les argu­ments de Macron, mais aussi de Mélenchon, devrait en toute logi­que pous­ser à des conver­gen­ces mor­ti­fè­res. Les tac­ti­ciens de la FI ris­quent fort de se pren­dre les pieds dans le tapis. L’his­toire nous a en effet appris que lors­que le danger fas­ciste est à nos portes, les démo­cra­tes ont pour tâche, quel que soit leurs diver­gen­ces sur la poli­ti­que à mettre en oeuvre, de s’unir pour faire bar­rage à la peste brune. Tel est d’ailleurs le sens de la cam­pa­gne qu’Emmanuel Macron tente d’impul­ser pour les pro­chai­nes élections euro­péen­nes, dans le but d’occu­per tout le spec­tre des oppo­sants au « tota­li­ta­risme ». En toute logi­que, il ne cher­che pas à pré­sen­ter « le ras­sem­ble­ment des pro­gres­sis­tes » aux seuls électeurs tra­di­tion­nels de la « droite » ou de la « gauche », mais plus lar­ge­ment, à tous ceux qui pren­nent au sérieux les dis­cours sur les dan­gers fas­cis­tes, popu­lis­tes, sou­ve­rai­nis­tes. Discours que tien­nent notam­ment les élus de la FI.

C’est d’ailleurs là que Jean Luc Mélenchon, qui se trou­vait à un car­re­four il y a encore peu, semble avoir pris un chemin de tra­verse, sans issue. Alors qu’il est confronté à celui qui aura fait plus et plus vite que ses pré­dé­ces­seurs, avec un désa­veu gran­dis­sant dans l’opi­nion, il accepte un faux consen­sus qui cache l’essen­tiel. Au nom des com­bats ima­gi­nai­res contre l’ennemi à nos portes, voila les vrais sujets rela­ti­vi­sés. Le plan d’aus­té­rité en pré­pa­ra­tion -dont quel­ques indis­cré­tions comme par exem­ple 1600 sup­pres­sions de postes au minis­tère des sports don­nent l’ampleur-, la réforme des retrai­tes en cours, les nou­vel­les ampu­ta­tions dans les reve­nus, les aban­don­nés de Parcours sup dans les uni­ver­si­tés et la part belle faite au privé, les sup­pres­sions de postes, etc… Evidemment au cas par cas le leader de la FI réagit, condamne, appelle à mobi­li­ser. Mais que valent les mobi­li­sa­tions si le cadre poli­ti­que n’est pas fixé. La poli­ti­que d’Emmanuel Macron relaie celle que dicte l’union euro­péenne lorsqu’elle ne l’anti­cipe pas. A un an des élections euro­péen­nes, tel devrait être le cadre, appuyé sur une exi­gence de sou­ve­rai­neté natio­nale, de défense de la Nation. Et non ce cha­ra­bia sur le fas­cisme dont on voit trop bien la portée et la fonc­tion.

Jean Luc Mélenchon dans une impasse ? Les signaux s’accu­mu­lent et com­ment ne pas les cons­ta­ter ?

Sa prise de dis­tance avec Djordje Kuzmanovic, un des res­pon­sa­bles de la FI, en fait partie. Alors que ce der­nier a été pré­senté sans que nul n’y trouve à redire comme « conseiller pour les ques­tions inter­na­tio­na­les de Jean Luc Mélenchon », le voici désa­voué publi­que­ment en deux temps trois mou­ve­ments pour avoir débattu dans le « Nouvel Observateur » avec la député clé­men­tine Autain et dénoncé sur l’immi­gra­tion « la bonne cons­cience de gauche » qui empê­che « de réflé­chir concrè­te­ment ». Utile hier pour avoir appuyé l’orien­ta­tion qui durant la pré­si­den­tielle a permis au can­di­dat de la FI de mordre sur l’électorat du FN en réaf­fir­mant les valeurs de la Nation, du dra­peau, de l’hymne, de la répu­bli­que et de la sociale, le voilà aujourd’hui banni publi­que­ment pour les mêmes rai­sons. Les propos repro­chés ? Le sou­tien apporté au mou­ve­ment Aufstehen, dirigé par la socia­liste Sahra Wagenknecht, qui qua­li­fie d’« irréa­liste » l’idée « d’ouver­ture des fron­tiè­res pour tous », un dis­cours « de salu­brité publi­que », le rat­ta­che­ment au « socia­lisme doua­nier » de Jean Jaurès, le refus de « tenir le même dis­cours que le patro­nat », le cons­tat « d’une pres­sion à la baisse sur les salai­res lorsqu’il est pos­si­ble de mal payer des tra­vailleurs sans-papiers ».

Entre le fas­cisme à nos portes et l’immi­gra­tion au ser­vice de la bonne cons­cience de gauche, il faut choi­sir, et Jean Luc Mélenchon semble avoir fait un choix exprimé dans la condam­na­tion publi­que de « l’ora­teur de la france insou­mise » que j’avais d’ailleurs invité en tant que tel sur le pla­teau de mon émission « dans la gueule du loup » sur « le média » pour trai­ter la ques­tion de la guerre en Syrie . (voir ici)

Quelle est donc la cohé­rence poli­ti­que qui mène à dila­pi­der ce qui il y a un an seu­le­ment a été accu­mulé ? Pourquoi donc un tel revi­re­ment qui d’ailleurs fait suite à d’autres, passés par­fois ina­per­çus.

Lorsque Benoit Hamon lors de la pré­si­den­tielle pro­po­sait en déses­poir de cause, pour tenter de camou­fler la déroute du PS, une alliance à Mélenchon, celui-là, fort jus­te­ment, décli­nait au nom du refus de toutes les tam­bouilles d’appa­reils, fai­sant pré­va­loir l’orien­ta­tion sur les étiquettes et les petits arran­ge­ments. Il tour­nait une page et lais­sait penser que cela serait défi­ni­tif. Pourtant, début sep­tem­bre, le pré­si­dent du groupe FI à l’assem­blée revient sur son indé­pen­dance. Ainsi, à l’uni­ver­sité d’été de « cause com­mune » à Marseille, devant des mili­tants du PS et du MRC, de décla­rer : « que finisse cette longue soli­tude pour moi d’avoir été séparé de ma famille intel­lec­tuelle et affec­tive. (...) Parce que si cha­leu­reuse qu’aient été les ren­contres qui m’ont permis de cons­truire avec d’autres cette force (LFI), mes amis, vous nous man­quez ». Quelle idée et jusqu’où ? Dans la visée de Jean Luc Mélenchon, Emmanuel Morel, Marie-Noel Lienneman et … Julien Dray qui ne veut pas être en reste et qui dans le canard enchainé indi­que qu’un rap­pro­che­ment avec la France Insoumise « est une pos­si­bi­lité » (…) « Je parle beau­coup avec Marie Noelle dit-il, il est clair que si le PS fait une cam­pa­gne ali­gnée sur la ligne du PSE, je n’en serais pas ». Il ne manque à la liste que Gérard Filoche… Tout cela a un petit goût de « Gauche socia­liste » recons­ti­tuée, bref, de retour pres­que 30 ans en arrière…

Que peut bien valoir l’argu­ment de la tac­ti­que électorale pour jus­ti­fier cette ten­ta­tive de « ras­sem­bler à gauche » avec ceux dont l’orien­ta­tion, la poli­ti­que suivie, les pro­gram­mes ont conduit la pays où il est, et porté Macron à la plus haute fonc­tion ? Jean Luc Mélenchon peut penser qu’après avoir fait ses preu­ves durant la pré­si­den­tielle sur la ques­tion natio­nal et répu­bli­caine, il lui faut main­te­nant donner des gages à d’autres pour ras­sem­bler plus lar­ge­ment et en fin de compte impo­ser sa doxa. Mais cela est illu­soire. En fin de compte la farce selon laquelle il se ferait rabat­teur d’un PS en per­di­tion n’est pas très loin. Il y a incom­pa­ti­bi­lité sur le fond entre les par­ti­sans d’une mon­dia­li­sa­tion sociale, d’une union euro­péenne accep­ta­ble, « pro­gres­siste » et une Europe démo­cra­ti­que, res­pec­tant la sou­ve­rai­neté des peu­ples et la liberté des nations déci­dant de coo­pé­rer libre­ment entre elles.