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Et si le 17 il s’agissait simplement de lutte des classes …

par Jacques COTTA, le 16 novembre 2018

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Il existe des moments his­to­ri­ques et des évènements par­ti­cu­liers qui per­met­tent d’appré­cier à sa juste valeur la nature et l’orien­ta­tion poli­ti­que des dif­fé­ren­tes forces qui s’expri­ment. N’est-ce pas ce que nous sommes en train de vivre ?

Le gou­ver­ne­ment d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe sont enga­gés depuis les élections pré­si­den­tiel­les dans un sac­cage géné­ral des conquê­tes socia­les qui remon­tent à des dizai­nes d’années de com­bats, de sueur et de sang. Evidemment, ce gou­ver­ne­ment s’ins­crit dans la conti­nuité des pré­cé­dents, de « droite » comme de « gauche ». Mais il fait mieux et plus. Il para­chève l’oeuvre de ses pré­dé­ces­seurs dans tous les sec­teurs et les domai­nes clés de la société. Travail, salai­res, santé, éducation, ser­vi­ces publics, fonc­tion­nai­res, etc… Aujourd’hui ce sont la sécu­rité sociale et les retrai­tes qui devraient rete­nir l’atten­tion de ce gou­ver­ne­ment qui appli­que à la lettre lorsqu’il ne les devance pas les direc­ti­ves de l’union euro­péenne.

Dans cette situa­tion, le 17 novem­bre permet d’appré­cier la nature et la poli­ti­que des dif­fé­ren­tes forces en pré­sence. A la veille de cette jour­née, il semble que la ten­ta­tive gou­ver­ne­men­tale de limi­ter les appels à la simple ques­tion du prix de l’essence et du gasoil est vaine. Alors que les médias se sont évertués à qua­li­fier de « pou­ja­diste » le mou­ve­ment du 17, voila des cen­tai­nes de mil­liers, des mil­lions peut-être prêts à se mobi­li­ser plus lar­ge­ment sur la ques­tion du pou­voir d’achat, donc des salai­res, des retrai­tes, des APL, … Parmi les « gilets jaunes » se retrou­vent toutes les caté­go­ries mena­cées dans leur exis­tence à un titre ou un autre par le gou­ver­ne­ment Macron-Philippe. Perdus dans des éléments de lan­gage aussi ridi­cu­les qu’absur­des, le pré­si­dent et le pre­mier minis­tre, « Bibi » et « Bololo », leur gou­ver­ne­ment, leur poli­ti­que sont direc­te­ment la cible du défer­le­ment qu’ils redou­tent.

Que la REM soit à la remor­que de ce gou­ver­ne­ment et du pré­si­dent à qui les dépu­tés godillots doi­vent tout, rien d’étonnant. Ce qui est plus sur­pre­nant est la mani­fes­ta­tion de sou­tiens appor­tés à ce gou­ver­ne­ment de la part de toute une série de grou­pes ou « per­son­na­li­tés » qui incar­nent et illus­trent la décom­po­si­tion de la vieille « gauche ». Martinez, Jadot,… sur France Culture en sont un témoi­gnage direct. Tout comme une série de « gau­chis­tes » qu’on retrouve jusque dans les rangs de la France insou­mise, qui met­tent en avant le pré­tendu souci écologique ou la pré­sence du front natio­nal, ou encore celle de petits patrons, pour mini­mi­ser la portée du 17 contre le gou­ver­ne­ment Macron-Philippe.

Le 17 risque d’expri­mer un moment impor­tant de la lutte des clas­ses. Lors de la loi tra­vail, Jean Luc Mélenchon avait espéré un défer­le­ment popu­laire. Face à l’échec, il avait à juste titre exprimé que ce n’était que partie remise. Et si la date était là ? Nul ne peut rien affir­mer. Mais c’est un moment impor­tant qui se joue et qui pèsera pour l’avenir, dans lequel chacun est appelé à pren­dre ses res­pon­sa­bi­lité. De façon assez lim­pide appa­rait que le 17, c’est la france d’en bas, celle de 2005, du réfé­ren­dum vic­to­rieux contre l’union euro­péenne, qui va se mani­fes­ter.

Dans la lutte des clas­ses, dif­fi­cile d’avoir un pied dans un camp, un autre dans l’autre. Le grand écart est fatal. Fort heu­reu­se­ment pour la FI, Jean Luc Mélenchon a pris une posi­tion claire, a appelé sans réserve à par­ti­ci­per à cette jour­née. Cette posi­tion pour sa jus­tesse doit être celle de toute la FI. Sans excep­tion. Il en va de la cré­di­bi­lité, du sérieux, de l’uti­lité, de l’unité d’un mou­ve­ment qui sur le fond ne peut tolé­rer d’avoir une posi­tion, et son contraire. A l’épreuve du feu, n’est-ce pas la fai­blesse de la FI comme mou­ve­ment gazeux qui appa­rai­trait, si quel­ques énergies fai­saient défaut, lors­que la cohé­rence appelle un mou­ve­ment solide, ferme, unifié, struc­turé et déter­miné ?