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Acquarius, humanitarisme et politique

Un billet d’Anne-Sophie Chazaud

par LA SOCIALE, le 25 septembre 2018

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Nous publions, avec son accord, un billet posté sur Facebook par Anne-Sophie Chazaud. Le rapport entre morale et politique y est posé clairement et correctement.

Quelque chose me dérange dans cette affaire récur­rente d’Aquarius, run­ning gag pas drôle, comme dans le trai­te­ment hypo­crite de la crise migra­toire en géné­ral par la plu­part des pays de l’UE et notam­ment la France pour les rai­sons bien-pen­san­tes que l’on sait.
Les gou­ver­ne­ments et les pou­voirs publics à l’excep­tion de cer­tains États comme l’Italie n’adop­tant pas de ligne claire et auto­ri­taire visant à sécu­ri­ser, comme c’est nor­ma­le­ment leur devoir, la maî­trise des fron­tiè­res de l’UE ni à stop­per net le trafic d’êtres humains, ce sont les indi­vi­dus, en cons­cience, qui sont contraints de se taper le boulot. de l’UE ni à stop­per net le trafic d’êtres humains, ce sont les indi­vi­dus, en cons­cience, qui sont contraints de se taper le boulot.
Au lieu d’être pro­tégé par les États, chacun est en quel­que sorte placé devant un cas moral per­son­nel. Et le monde se répar­ti­rait ainsi entre d’un côté les Bisounours et de l’autre côté les psy­cho­pa­thes. Or, évidemment qu’à titre indi­vi­duel per­sonne n’a envie de reje­ter des gens dans l’eau pour qu’ils s’y noient, de même que per­sonne n’est insen­si­ble à la détresse.
Mais les gou­ver­ne­ments, nor­ma­le­ment, sont là pour défen­dre une vision glo­bale et pren­dre les mesu­res adap­tées afin d’éviter jus­te­ment que cela ne devienne un cas de cons­cience pour chacun. À ce titre, je trouve normal l’assou­plis­se­ment des règles du délit de soli­da­rité : ce n’est pas aux indi­vi­dus de refu­ser de l’aide, quand ils le peu­vent, aux autres humains qu’ils croi­sent. C’est aux États, dont on rap­pelle de nou­veau qu’ils n’ont « que des inte­rêts et pas de sen­ti­ments » qu’il appar­tient d’être fermes et caté­go­ri­ques sur les valeurs qu’ils défen­dent, en l’occur­rence : sécu­rité économique, sécu­rité cultu­relle, sécu­rité sociale.
Il serait donc normal et salu­taire que cet Aquarius soit arrai­sonné une bonne fois pour toutes par des États un peu adul­tes et res­pon­sa­bles, au lieu de reve­nir tous le 3 jours ali­men­ter le même débat sté­rile, mani­pu­la­teur et hypo­crite.