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De l’Etat d’urgence sanitaire aux menaces qui pèsent sur nos libertés

par Jacques COTTA, le 1er avril 2020

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Quinze jours de confi­ne­ment sem­blent une éternité. Tout en reconnais­sant le danger que fait peser le Covid 19 et donc la néces­sité de res­pec­ter les mesu­res annon­cées par les méde­cins et les scien­ti­fi­ques, le doute s’ins­talle sur les véri­ta­bles inten­tions d’un gou­ver­ne­ment dont la com­mu­ni­ca­tion ne peut faire illu­sion. Et si à tra­vers ces mesu­res -aussi légi­ti­mes soient-elles dans l’immé­diat- le pou­voir était déjà sur le « coup d’après » ? Emmanuel Macron à tra­vers une res­tric­tion des liber­tés orga­ni­sées métho­di­que­ment ne don­ne­rait-il pas corps à son expres­sion « plus rien ne sera plus comme avant » ? Plus rien dont notam­ment nos liber­tés démo­cra­ti­ques.

Le poids des mots

La ter­mi­no­lo­gie uti­li­sée par Emmanuel Macron et le gou­ver­ne­ment pour décré­ter l’état d’urgence est déli­bé­ré­ment guer­rière. Nous sommes « en guerre », les soi­gnants sont « au front », le pays « est agressé », nous vain­crons « l’ennemi invi­si­ble ». Pourquoi la guerre et non la crise ?

  • En Guerre, on donne des ordres, on réclame l’obéissance.
  • En Crise, on doit donner des moyens.

Pour les moyens, plus per­sonne n’est dupe. Des mas­ques de pro­tec­tion aux tests en pas­sant par le gel désin­fec­tant, des lits aux res­pi­ra­teurs sans oublier les per­son­nels soi­gnants, la pénu­rie, consé­quence d’une poli­ti­que libé­rale mon­dia­liste, est la véri­ta­ble cause du danger.

Pour les ordres, une série de mesu­res sont impo­sées. Le for­mu­laire pour quit­ter son domi­cile un temps limité, pour une raison bien spé­ci­fiée, engage une démar­che d’adhé­sion. Après quel­ques jours de « péda­go­gie » la répres­sion frappe. Les amen­des pro­gres­sent. 135 euros, 200, 450, 1500 et enfin la prison. Ces pre­miè­res mesu­res sont accom­pa­gnées d’une cam­pa­gne d’infan­ti­li­sa­tion et de culpa­bi­li­sa­tion ten­dant à dédoua­ner les cen­tres de déci­sion pour leur incom­pé­tence, à dédoua­ner le poli­ti­que pour son inca­pa­cité à pren­dre les déci­sions, et à faire porter la res­pon­sa­bi­lité de la catas­tro­phe pré­sente et à venir sur « l’inci­vi­lité des fran­çais ».

La défiance légitimée

Le pire dans la situa­tion est sans doute la défiance vis à vis de la parole publi­que, même lors­que ponc­tuel­le­ment elle énonce l’évidence. Emmanuel Macron, Edouard Philippe et leurs minis­tres, de celui qui semble le plus sérieux, Olivier Veran à la clown de ser­vice Sibeith Ndaye, ne peu­vent être pris au sérieux.

La sus­pi­cion leur colle à la peau. Leur dis­cours avant la crise sani­taire était empreint de men­son­ges et de pro­vo­ca­tions. Ils ont en effet fait la preuve de leur dupli­cité sur toutes les ques­tions qui ont occupé le peuple fran­çais, des Gilets jaunes au mou­ve­ment sur les retrai­tes.

S’il existe une inci­vi­lité, une indis­ci­pline, un écart de conduite, c’est à eux qu’on le doit et per­sonne d’autre. Il suffit qu’ils disent un mot pour qu’immé­dia­te­ment le doute s’ins­talle. C’est ainsi et ils conti­nuent dans la crise actuelle. Comment les pren­dre au sérieux sur quoi que ce soit lorsqu’ils men­tent encore et tou­jours sur l’essen­tiel, la sécu­rité sani­taire pré­ci­sé­ment, les mas­ques et autres pré­cau­tions indis­pen­sa­bles, avec une série d’injonc­tions contra­dic­toi­res qui n’auront échappé à per­sonne.

Nos libertés en jeu

Une fois encore, il ne s’agit pas de remet­tre en cause le danger viral. Les méde­cins sont una­ni­mes, les cher­cheurs aussi. Cela suffit. La ques­tion n’est pas médi­cale mais poli­ti­que.

La loi de « sécu­rité sani­taire » donne le « La ». Au coeur se trou­vent de nou­vel­les agres­sions socia­les concer­nant le temps de tra­vail, les congés, les récu­pé­ra­tions, cela sans limite dans le temps.

Le pou­voir sait per­ti­nem­ment que l’heure des comp­tes appro­che avec la fin du confi­ne­ment d’ici quel­ques semai­nes.
Comment ne pas penser qu’il se pré­pare et que les mesu­res prises aujourd’hui au nom de la « guerre » contre « le virus cet ennemi invi­si­ble » ne sont pas déjà envi­sa­gées pour demain au nom de la « guerre de clas­ses » qu’il livre au peuple fran­çais.
Comment ne pas envi­sa­ger qu’il pré­pare aujourd’hui l’opi­nion pour l’ins­tau­ra­tion d’une régime plus auto­ri­taire encore qui se don­ne­rait tous les moyens pour faire abou­tir sa poli­ti­que reje­tée par les fran­çais ?
Comment ne pas envi­sa­ger la pos­si­bi­lité que ce dur­cis­se­ment prenne la forme d’un pou­voir poli­cier et mili­taire reconnu et affirmé ?
Comment ne pas penser à l’inten­tion dic­ta­to­riale d’un pou­voir aux aguets, mino­ri­taire, haï, rejeté ?

Et si Macron savait où il veut aller ? Si tout cela était inté­gré à une stra­té­gie bien élaborée sous la forme d’une sinis­tre valse à trois temps ?

  • 1er temps : confinement, loi d’urgence sanitaire, les ordonnances.
  • 2ème temps : coin enfoncé dans les droits des travailleurs et le code du travail.
  • 3ème temps : interdiction de toute réaction, anéantissement des libertés démocratiques.

Dés main­te­nant l’oli­gar­chie, les don­neurs d’ordre y trou­vent leur compte.

  • Maitrise des laboratoires sur les molécules éventuellement mises en circulation, dans une guerre dont on peut se demander si elle n’est pas plus commerciale et financière que médicale.
  • Utilisation des masques et autres protections arrivées tardivement pour imposer les 60h avec baisse de salaire et remise en question des congés payés.

Ces ques­tions sont bien pré­sen­tes dans la situa­tion actuelle. Il en va de nos liber­tés rognées avec une série de mesu­res, dont celles de l’état d’urgence main­te­nue dans la loi, le contrôle et la sur­veillance ins­ti­tu­tion­na­li­sés de la popu­la­tion. Emmanuel Macron et avec lui toute la Macronie seront-ils en mesure de com­pren­dre que « pour eux c’est fini », ou seront-ils prêts à tout pour main­te­nir un pou­voir honni, rejeté, mino­ri­taire, haï ? Là est sans doute le défi des réac­tions qui ne man­que­ront pas demain, une fois le confi­ne­ment ter­miné…

Jacques Cotta
Le 1er Avril 2020

Messages

  • Bonjour et merci pour cette analyse.

    Petite réflexion fortement pessimiste.
    Oserions nous imaginer qu’à la fin du confinement, la population se retrouve massivement dehors pour célébrer le retour à une "vie sociale normale" et que les fachos islamistes (étrangement silencieux sur ce coup là) nous prépare un acte bien sanglant et médiatique nous plongeant dans un état de choc compréhensible.
    Et que le gouvernement continuant sa guerre contre les ennemis invisibles en profite (pour notre bien of course) pour déployer un peu plus son arsenal répressif et liberticide...

    Voila, en espérant de tout mon coeur me tromper
    amitiés
    david

  • Les menaces qui pèsent sur nos libertés peuvent concerner des "détails", mais il est bien connu que c’est le biotope du Diable... On pense aussi à certains "détails" de la seconde Guerre Mondiale, au sens de JM Le Pen.
    Ainsi du modèle administratif officiel d’attestation de déplacement dérogatoire, issu du second décret de confinement (n° 2020-293 du 23-03-20) : il précise à la fin que l’heure de de départ du lieu de confinement doit toujours être fournie pour les contrôles, quel que soit le motif du déplacement. C’est faux, en vertu d’une interprétation précise des dispositions de l’article 3-I dudit décret : seul le motif de l’alinéa 6 (ou (5°)) l’exige : une heure maxi pour l’exercice physique ou la promenade des animaux de compagnie, mais rien de tel pour les autres motifs.

    Pour ma part, quand je vais faire des courses, je mets dans mon attestation manuscrite (car je n’ai pas d’imprimante) : "Heure de départ du lieu de confinement non précisée car non obligatoire selon les dispositions de l’article 3-I du décret n° 2020-293". J’attends un éventuel PV avec sérénité, le juge pénal me donnera forcément raison. Et j’entreprends un recours en excès de pouvoir sur ce point devant le Conseil d’Etat, pour me distraire un peu dans ce lugubre confinement. C’est bien de protester, c’est mieux de jeter un peu de sable dans les rouages de la machine infernale.

    • Merci pour ce message Jean Pierre. D’autant plus juste que le sable dans les rouages présente un double intérêt : se faire plaisir d’abord, ce qui par les temps qui courent n’est pas inutile, et surtout servir l’intérêt général, car le point que tu soulèves nous concerne tous...
      Amitiés
      J

  • Liberté, vous avez dit Liberté ?
    Vous qui êtes si perspicace en temps "normal", avez-vous remarquez que la censure, non seulement de vos sites favoris, mais celle, de manière diffuse, et encore plus diffuse, qui sévie beaucoup plus, alors que dorénavant vous devez vous attendre au pire !… (Quand ? dans les heures et les jours qui suivent). Aussi nous devons impérativement passer fissa à la désobéissance civile, comme nos très chers médecins (et sans oublier, comme de bien entendu, la résistance armée, ainsi que celles de toutes les manières possibles et imaginables ! Résistons, car nos vies en dépendantes. Vive la résistance ! Vive la Résistance la vraie Résistance. C’est signé sergio l

  • .. Bien silencieux car touchés comme tout le monde ! C’est pas pour rien que certains se retirent des pays qu’ils occupent ou font cesser le feu.

    Un beau scénario qui profiterais bien à l’état pour encore serrer la vis "pour notre bien". Comme à une certaine époque en Italie tiens..! Nickel quand le gouvernement se retrouve tout seul face au peuple !

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