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L’après, c’est maintenant

par Jean-Pierre BATTAIS, le 2 avril 2020

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La sortie du confi­ne­ment doit être aussi celle de la rup­ture avec ce sys­tème de la finance mon­dia­li­sée qui nous a entrai­nés dans cette détresse inson­da­ble, et peut être au chaos. C’est pour­quoi il faut réagir vite.
Inutile de reve­nir sur le bilan qui jus­ti­fie tout ce qui avait été dénoncé aupa­ra­vant, tout a été confirmé, et au-delà. Il faut sur­tout trou­ver la piste de rup­ture avec le capi­ta­lisme, la plus sus­cep­ti­ble d’être adop­tée par la plus grande partie de la popu­la­tion qui est actuel­le­ment indi­gnée et en colère. L’abat­te­ment et la rési­gna­tion pour­rait suc­cé­der à ce besoin de révolte si elle voyait que des bavar­da­ges ne condui­saient qu’à replâ­trer ce vieux sys­tème pourri.
Dans quel­ques temps, les gou­ver­ne­ments vont vou­loir refer­mer la porte du ‘’bureau des pleurs’’ et com­men­cer à pré­sen­ter l’addi­tion.
Le plus réa­liste consiste à mettre le pied dans la porte avec de simple argu­ments :

  • Ce sont les responsables politiques et financiers qui doivent payer, et en aucun cas les salariés et retraités. Aucune confiance ne doit être accordée à ceux qui nous ont conduits à la catastrophe d’abord sanitaire et ensuite économique et sociale.
  • Il est impossible de comprendre quoique ce soit aux montages spéculatifs. C’est inutile d’ailleurs, il suffit de séparer les activités de dépôt et de gestion des comptes des filiales et entreprises de spéculation et ne reconnaissant aucune de leurs dettes. (Nous n’avons pas les moyens de le réaliser, mais dans nos rangs il existe des spécialistes capables de mettre en évidence concrètement en quoi la finance de l’économie réelle est un nain à coté des sommes gigantesques et parasitaires qu’absorbe la sphère de la spéculation)
  • Oter la création monétaire des mains des banques et la confier à un comité démocratique des usagers. L’exemple de fonctionnement est celui de la Sécurité Sociale dont les finances fondées sur la consolidation et la solidarité ont longtemps échappé à la fiscalisation malgré la gestion paritaire. (Qui n’avait pas lieu d’être d’ailleurs, puisque le budget n’est que du salaire différé, notre argent.)
  • Nationalisation de toutes les entreprises d’utilité publique et de soutien à L’emploi vers une transition de refonte de l’industrie et des services utiles et notamment l’adaptation au respect de normes écologiques et sanitaires.
     La question des nationalisations ne peut pas être le retour à l’état patron de l’industrie ni à la dilapidation des fonds publics en mettant les banques à la discrétion des gouvernants inféodés à la finance.
     Les nationalisations ne peuvent être réellement mises au service du public que si les banques sont hors d’atteinte des circuits de la spéculation, c’est pourquoi elle ne peut être réalisée sans la finance en service public.
  • A cet égard, les syndicats qui ont combattu contre la contre-réforme des retraites sont habilitées à établir des comités de surveillance et regrouper ceux qui ont les moyens et procédés d’exercer le contrôle, qui consiste à associer la population par professions, par objectifs de travail, par branches d’activité, etc.
  • C’est le moment de mettre en œuvre tout ce qui a été élaboré jusqu’à maintenant sur la question du mandat et son respect.
     Nous disposons de moyens informatiques qui peuvent centraliser les informations et les désidératas sur un seul site à créer.
  • Après la création monétaire à des hauteurs faramineuses, la reprise en main par le gouvernement en sortie de confinement sera matérialisée à la fois par une politique de rapine sur les droits et le pouvoir d’achat des salariés, mais aussi par un décollage de l’inflation dont personne aujourd’hui ne peut en mesurer les limites, pour toutes les sommes interceptées par la finance qui ne seront pas allées jusqu’à l’économie réelle. C’est la raison pour laquelle, les gilets jaunes par exemple peuvent parfaitement participer à la surveillance des prix et à l’organisation de circuits courts et bon marché entre les producteurs et les consommateurs et prendre à témoin la population entière .

Ces mesu­res élémentaires doi­vent être accom­pa­gnées de la reconquête des liber­tés indi­vi­duel­les et col­lec­ti­ves. Les tâches de contrôle dans le cadre de la levée du secret com­mer­cial four­ni­ront un effi­cace moyen d’éducation des masses afin de les émanciper pro­gres­si­ve­ment de l’influence du prin­cipe de délé­ga­tion.
Cette étape semble a priori accep­ter impli­ci­te­ment de coha­bi­ter avec le sys­tème capi­ta­liste, et pour cause : le pou­voir d’état reste intou­ché. Par contre, il rompt avec les solu­tions de tous les bons sama­ri­tains ‘’réfor­mis­tes’’ qui font leurs offres de ser­vice pour remet­tre le machin sur les rails :
« …De même, cinq syn­di­cats (CGT, CFDT, CFE-CGC, FO, CFTC) d’Engie, détenu à 24 % par l’État, ont écrit à Bruno Le Maire pour récla­mer la sup­pres­sion du divi­dende pour l’année 2019 et une poli­ti­que de dis­tri­bu­tion pro­por­tion­nelle des divi­den­des dans les années futu­res (Engie est allé jusqu’à dis­tri­buer plus que son résul­tat net dans des années anté­rieu­res). « Face à cette situa­tion de pan­dé­mie, le Groupe ENGIE doit tout mettre en œuvre pour sécu­ri­ser ses flux de tré­so­re­rie afin d’accom­pa­gner ses clients et ses four­nis­seurs dans des délais de paie­ment adap­tés mais également par­ti­ci­per à la relance rapide de l’économie natio­nale dès la sortie de cette pan­dé­mie », écrivent-ils. »

Pour ne pas subir en pire ce que nous avons enduré depuis le krach de 2008, il faut d’emblée pren­dre sys­tème à la gorge sur des aspects essen­tiels sur une ligne de rup­ture. Peu importe les avan­cées et les reculs sur ce trajet qui par­ti­cipe de nous rendre acteurs de notre propre destin.
C’est la direc­tion à pren­dre qui compte avant tout, c’est pour cette raison qu’il n’est pas néces­saire d’être exhaus­tif. Si ce texte pou­vait servir à mettre en évidence la néces­sité de monter une confé­rence dans la pers­pec­tive de se répar­tir les tâches via les moyens infor­ma­ti­ques, ce serait un pre­mier pas.

Jean-Pierre Battais
Le 2 avril 2020

Messages

  • Merci pour ces perspectives ! J’avais déjà apprécié vos analyses, et notamment celle sur la concurrence.

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