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Déconfiner le mécontentement !

par Jacques COTTA, le 23 avril 2020

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Ce confi­ne­ment s’appa­rente à une assi­gna­tion à rési­dence col­lec­tive. Que tout le monde en ait assez, que tout le monde veuille se libé­rer, c’est une évidence. Il faut donc en sortir.

Mais en sortir pour­quoi et com­ment ?

  • Pourquoi ?
    • Pour reprendre une vie sociale précisément, celle des relations les uns avec les autres, des relations d’amitié, des relations de travail, de la liberté individuelle et des causes collectives.
    • Pour le respect réel de tous ceux qui ont été en première ligne dont les soignants au premier titre.
    • Pour leur reconnaissance. Les reconnaitre, c’est rétablir des postes, augmenter leurs salaires, ouvrir des lits, c’est arrêter de les faire matraquer sur ordre de Christophe Castaner, le ministre de l’intérieur d’Emmanuel Macron, dès lors qu’ils expriment leurs revendications.

Mais ces rai­sons du déconfi­ne­ment, de la liberté retrou­vée, c’est pré­ci­sé­ment ce qui inquiète le Président de la République et le gou­ver­ne­ment. Car alors lui et quel­ques minis­tres devront rendre des comp­tes, y com­pris en jus­tice, pour inca­pa­ci­tés, incom­pé­tence, tra­hi­son avec l’ennemi, le virus. En période de guerre, cela relè­ve­rait d’une cour mar­tiale. En période de crise, de la cour pénale.

  • Comment ?
    • Avec toute la sécurité requise, des masques, des tests massifs, du gel, des blouses, des mesures de protection pour tous comme le recommande à juste titre l’OMS et comme le nient Emmanuel Macron, Olivier Veran ou encore Edouard Philippe depuis le début.
    • Avec le rétablissement des CHSCT supprimés par la fameuse « loi travail » qui constitue un des actes forts de la présidence d’Emmanuel Macron, à la suite de François Hollande.

Mais ces moyens, c’est pré­ci­sé­ment ce que le gou­ver­ne­ment promet depuis des semai­nes, mais en vain. Dans ces condi­tions envoyer les enfants à l’école, rou­vrir les entre­pri­ses, entas­ser les tra­vailleurs dans les trans­ports en commun frise l’irres­pon­sa­bi­lité.

Emmanuel Macron et le pou­voir le savent. Mais ils agis­sent comme s’ils étaient téta­ni­sés par leur incom­pé­tence jusqu’au bout, inca­pa­bles de dire « je ne sais pas » alors que de toute évidence « ils ne savent pas ».
Déjà ils pré­voient une nou­velle conta­mi­na­tion.
Déjà ils pré­voient de nou­veaux confi­ne­ments.
Déjà ils cher­chent les moyens de nous enfer­mer, soit pour cause de pan­dé­mie, soit pour éviter le virus social qui s’abat­trait sur le régime une fois la liberté retrou­vée.

Le véri­ta­ble pro­blème du pou­voir et du sys­tème tout entier est là : le méconten­te­ment qui gronde et se ren­force quoi qu’il arrive, une situa­tion tout à fait inex­tri­ca­ble pour le gou­ver­ne­ment et la majo­rité.

Jacques Cotta

Messages

  • sans doute ne peuvent-ils pas se comporter autrement que comme des imbéciles : il leur faut suivre les directives européennes ; las , l’Union européenne bat de l’aile c’est peu dire. Elle n’apporte aucune aide.
    il faut contenter les patrons ; reprendre le travail qui n’a d’ailleurs pas cessé dans certaines entreprises "indispensables" ( produire des pneus des rétroviseurs), et pour que papa et maman puissent reprendre le boulot il faut que les enfants aillent à l’école, d’où ce déconfinement prévu le 11 mai sans qu’aucune mesure sérieuse de protection soit prise , ni pour les enfants, ni pour les personnels. Visiblement , toujours pas de tests (inutiles ? ) pas de masques (inutiles ? ) ; mieux, on a entendu après la conférence de presse du premier ministre du 19 avril , un journaliste ( C. Barbier) déclarer : "il ya un espoir , scientifique, que peut-être les enfants ne soient pas porteurs du tout du virus (et non des vecteurs porteurs sains)". Vous avez déjà vu un "espoir scientifique" vous ?
    Certes, des recherches sont en cours qui montreraient que ,peut-être, les enfants seraient moins contagieux que les adultes. Robert Cohen, directeur de la Société française de pédiatrie, est parti du constat que le pourcentage de prélèvements positifs chez les enfants, vus aux urgences ou hospitalisés, est trois à cinq fois moins important que chez les adultes[5].

    « On s’est rendu compte que les adultes contaminaient plus les enfants que l’inverse. Ils sont moins souvent malades, et moins gravement », a-t-il expliqué sur BFMTV-RMC[6].

    Il ajoute que les enfants ne se contamineraient a priori pas entre eux, en prenant l’exemple de cet écolier anglais qui, au début de la propagation de l’épidémie en France, avait été à l’école à Lyon, sans contaminer ses camarades.
    Un pourcentage de "positifs" trois à cinq fois moins que chez les adultes ? trois fois moins ça n’est pas rien , et du moment que les adultes peuvent , d’après ce spécialiste très bien contaminer les enfants autant que les adultes entre eux, alors le risque à l’école reste entier.
    Quant à l’évocation d’un cas unique d’écolier pris comme exemple c’est se moquer du monde !.
    Et voila notre Monsieur Barbier qui, ayant eu vent de l’étude, s’enthousiasme, plutôt que de dire qu’on ne sait pas ou que ce qu’on sait pour l’instant c’est plutôt le contraire. Comme ça pourrait tout arranger si par miracle les enfants en réalité ne risquaient rien à revenir tous ensemble et du coup ne faisaient porter aucun risque à personne ! Allez allez, il faut bosser, les morts ne sont pas si nombreux !
    Ah les pressions sont nombreuses, sinon comment expliquer cette décision subite du président (sans grande concertation ou sans concertation du tout semble-t-il avec son gouvernement), l’impréparation totale de ce deconfinement ?
    je laisse le dernier mot à Monsieur Bayrou répondant à la question d’un journaliste qui lui demande son avis sur un éventuel droit de retrait des enseignants : "ce ne serait pas civique".
    Faire prendre le risque d’augmenter considérablement le nombre de malades et de morts, ça c’est civique.
    Dominique Dupont

  • Exactly Sir, la nouvelle ère qui s’ouvre avec le covid sent la poudre
    et y’a de la cour martiale dans l’air pour Micron, le p’tit chef de guerre bidon ...

  • Commentaires sur article de Jean-François Collin : Changer le monde après la crise, oui mais comment ?

    L’objet n’est pas, me semble-t-il, de substituer à la globalisation financière la fermeture des frontières. Il serait par contre opportun d’abandonner la concurrence libre et non faussée qui n’est pas l’apanage que de l’Union Européenne, pour un partenariat économique.
    Si nos échanges économiques avaient pour préalable les Droits de l’Homme, complétés des Droits de l’Environnement, l’hypocrite principe néolibéral de la libre circulation des individus, des marchandises et des capitaux, aurait du plomb dans l’aile.
    Cependant, les peuples sont-ils prêts à cette conversion ?
    Existe-t-il un seul pays sur cette planète dont le sol est suffisamment riche pour nourrir ses habitants et un sous-sol disposant d’éléments propices à l’énergie nécessaire ?
    L’expérience des relations au travail m’ayant converti au principe de la lutte des classes, je considère qu’au cours des 70 dernières années, les dominants de la finance ont judicieusement structuré leurs moyens, date après date.
    Le Traité de Rome a été la première de la lignée.
    Un homme politique qui n’était ni extrémiste, ni populiste, avait averti. Pierre Mendès-France avait démontré les pièges de ce Traité dans un discours prononcé le 18 janvier 1957 à l’Assemblée Nationale avant de voter contre le Traité de Rome.
    L’Acte Unique Européen de 1986 puis le Traité de Maastricht de 1992 furent deux autres dates conformes à la philosophie du Traité de Rome.
    Sur leur lancée, les néolibéraux offrirent à la Chine l’entrée à l’OMC en 2001, sans conditions sociale, ni environnementale, ni fiscale, ou si peu, et sur le continent européen l’Union Européenne fit entrer, en son sein, dix pays d’Europe Centrale et Orientale en 2004 et 2007.
    Associée à l’interdiction de l’harmonisation sociale et fiscale, cette construction ne pouvait être que fatale à notre économie.
    Si l’Allemagne s’en sort mieux, à quel prix social ? Qui peut oublier les lois Hartz, qui peut oublier que l’Allemagne puise des emplois dans les pays environnants à la main d’œuvre bon marché ?
    Si l’on en croit une ONG de défense des Droits de l’Homme, les dirigeants du Pays de Goethe n’ont pas hésité à pactiser avec le dictateur nord-coréen, ou ses sbires, pour esclavagiser des travailleurs de ce pays. La Pologne, les Pays-Bas et autres n’hésitèrent pas à cette honteuse pratique.
    Quant au taux de chômage annoncé, comme en France, cela ne veut plus rien dire. Comment expliquer l’augmentation du taux de pauvreté, simultanément à la baisse annoncée du taux de chômage ?
    Or, en la matière, le taux de pauvreté est supérieur en Allemagne à celui de la France.
    Pour ce qui est de la pratique démocratique, le chantier est immense. La question n’est pas d’écarter le peuple de ce dossier, mais d’opérer un tandem, associant les éduqués convaincus de la pratique de l’intérêt général et la population.
    Pour avoir participé aux fumeux « Débats publics locaux », simplement pour constater de visu où en est la réflexion populaire, j’en suis revenu éberlué. Comment comprendre ce qui se passe si on ne se confronte pas au terrain ?
    Seuls le fumeux RIC et le couplet du « trop d’impôts », assaisonnés de propos racistes, alimentaient les conversations.
    Pour extirper notre République du Présidentialisme, plusieurs réformes pourraient être réfléchies, retour au septennat, mais pas seulement.
    Si l’on accepte le bicamérisme, le Sénat doit être réformé, tant du point de vue de son élection que de son fonctionnement.
    Si le Sénat représente les territoires, l’élection doit être transparente. On pourrait imaginer un scrutin public à bulletin secret des conseillers municipaux, l’élection se ferait à la proportionnelle sur des listes départementales.
    S’agissant du fonctionnement, le Sénat devrait avoir des prérogatives et des fonctions identiques à celles de l’Assemblée Nationale, au minimum sur le vote des budgets.
    Cependant, soyons conscients, sans une implication du peuple, la démocratie ne sera qu’un propos de tribune.
    Or, à ce jour, les individus peuvent redevenir des citoyens, la République donne encore des moyens. Les séances des exécutifs sont publiques, une loi de 1901 permet d’associer juridiquement les citoyens pour contrôler les élus.
    Le retour de la confiance des citoyens en la politique passe par l’éducation populaire.
    La situation de ce début de 21ème siècle n’est pas pire que celle de la fin du 19ème.
    Pourquoi ne pas s’inspirer ce qu’avait fait Fernand Pelloutier en créant les Bourses du Travail ?
    Pourquoi nous ne lancerions pas l’idée de création de Bouses départementales d’éducation ouvrière avec des déclinaisons locales ?

  • Bonjour,
    je recommande la lecture sur le Blog "La Constitution décodée" l’analyse et la mise garde des citoyens par Professeur de Droit Public Jean-Philippe Derosier, à propos de l’application StopCovid que Macron compte mettre en oeuvre par simple décret (dont la contestation relève du "docile" Conseil d’État) donc sans recours à la loi, ce qui empêchera automatiquement tout recours devant le Conseil constitutionnel.
    Petite piqûre de rappel :
    Au soir du 23 avril 2017 nombreux étaient (à Gauche entre autres) ceux qui nous expliquaient qu’il fallait impérativement glisser dans l’urne le bulletin Macron pour "sauver la démocratie et nos libertés" en très grand danger en cas de victoire de la "blonde".
    Chacun peut désormais constater que Macron également constitue un danger bien réel pour nos libertés (et je ne parle même pas de son bilan social !)
    Aujourd’hui que peuvent bien nous dire ces "clairvoyants" de tous bords qui, par leurs appels intempestifs, ont contribué à faire élire Macron au second tour avec plus de 20 millions de voix (12 millions de plus qu’au premier tour !!!) qui , in fine, ne se comporte guère mieux qu’un vulgaire Victor Orban ?
    Décourageant non ?
    J-P B.

  • Des Bouses départementales d’éducation ouvrière ? Joli lapsus hihi !
    J’adhère plutôt à votre propos, cela dit je n’ai pas l’impression qu’il faudrais "éduquer le peuple" (houlala !) car heureusement toutes les assemblées n’ont pas proposé systématiquement la baisse des impôts et tenu des propos racistes fort heureusement !
    En quoi le RIC serait il fumeux ?

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