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Il faut un parti nouveau

par Denis COLLIN, le 27 avril 2020

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Pour sortir de la crise dans laquelle nous sommes plon­gés et qui risque de durer très long­temps, il faut d’avoir savoir où est la sortie : quels objec­tifs pou­vons-nous nous fixer rai­son­na­ble­ment et quel chemin peut y mener. Tout cela, nous avons com­mencé d’y réflé­chir (voir par exem­ple l’arti­cle récent de Jean-François Collin) et beau­coup d’autres ont apporté de bonnes contri­bu­tions. Mais ce n’est pas le tout d’avoir des belles idées. Il faut qu’elles devien­nent des forces maté­riel­les. Il faut une orga­ni­sa­tion pour per­met­tre à tous ceux qui veu­lent mar­cher dans la même direc­tion de le faire et, ensem­ble, de lever les obs­ta­cles.

On peut tour­ner le pro­blème dans tous les sens, ce qui manque cruel­le­ment et qui risque de man­quer encore plus demain, c’est un parti, un parti nou­veau. On peut appe­ler ça comme on veut : parti, mou­ve­ment, front, ligue. C’est un parti, c’est-à-dire une orga­ni­sa­tion locale et cen­tra­li­sée à l’échelon du pays sur la base d’un pro­gramme simple et apte à enga­ger toutes les actions que peut mener un parti (dif­fu­sion des idées, péti­tions, mee­tings, mani­fes­ta­tions) et de se pré­sen­ter au suf­frage des électeurs. Rien que du bien connu et du bien clas­si­que. Un parti démo­cra­ti­que, orga­nisé de bas en haut, fédé­rant des sen­si­bi­li­tés dif­fé­ren­tes mais unies sur un but clair. Un parti dans lequel la « base » contrôle le sommet et décide sou­ve­rai­ne­ment de la ligne poli­ti­que et de la stra­té­gie. Donc ni le vieux « cen­tra­lisme démo­cra­ti­que », ni le mou­ve­ment « gazeux ».

Quel parti ? Un parti pour la répu­bli­que, la démo­cra­tie, la laï­cité et les droits sociaux des tra­vailleurs, c’est-à-dire la répu­bli­que laïque, démo­cra­ti­que et sociale. Il se fixe­rait pour objec­tif le réta­blis­se­ment de la sou­ve­rai­neté de la nation (arti­cle III de la Déclaration des droits de 1789), condi­tion de toute démo­cra­tie ; la défense, le réta­blis­se­ment et l’exten­sion des droits sociaux des tra­vailleurs (sécu­rité sociale, retrai­tes, droit du tra­vail)  ; le réta­blis­se­ment et le déve­lop­pe­ment des ser­vi­ces publics et la maî­trise de la nation sur son destin économique. Comme il faut tou­jours reve­nir aux prin­ci­pes, il s’agi­rait de reve­nir au pro­gramme du CNR, dans les condi­tions d’aujourd’hui.

Comment faire un parti ? Il y a une myriade de grou­pes, cou­rants, per­son­na­li­tés, sites, réseaux, qui par­ta­gent en gros les mêmes idées et ne dis­tin­guent même pas tou­jours par de sim­ples nuan­ces. On peut y ajou­ter des partis ou des cou­rants entiers de partis exis­tants. Personne ne peut dire « ral­liez-vous à nous » car « il n’est pas de sau­veur suprême, ni Dieu, ni César, ni tribun ».

Voici quel­ques pro­po­si­tions pra­ti­ques  :

(1) Rédiger un appel en 10 points expo­sant les éléments d’un pro­gramme que tout le monde peut accep­ter et pour lequel il n’est pas besoin de faire de lon­gues expli­ca­tions de texte !

(2) Faire signer lar­ge­ment cet appel qui devra débou­cher sur une confé­rence natio­nale à la fin de l’année 2020, confé­rence qui pour­rait jeter les bases d’un nou­veau parti et déter­mi­ner les étapes sui­van­tes.

(3) « Tester » ce parti aux élections régio­na­les de 2021 (nor­ma­le­ment).

Tout cela est assez simple. Il suffit de vou­loir le faire. Et si on ne le fait pas, alors il ne sera plus temps de se lamen­ter. Sortir de cli­va­ges pour reve­nir à l’essen­tiel, c’est à portée de nos mains.

Le 27 avril 2020 – Denis Collin