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Non, il n’y a pas de complot.

par , le 4 septembre 2020

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Gilles Casanova nous a autorisé à reproduire ici un de ses billets sur Facebook. Celui-ci consacré à l’éducation fait suite à un premier billet consacré au pouvoir d’achat et que nous publions également.
(Conseiller en prospective et stratégie, Gilles Casanova, d’abord "pabliste" dans sa jeunesse, a été un proche de Jean-Pierre Chevènement qu’il a conseillé au ministère de l’intérieur entre 1997 et 2000. On peut le voir et l’entendre sur la RT-France. Il a participé aux journées d’automne de République Souveraine.)

Il n’y a pas de com­plot.
Mais si autant de nos conci­toyens ont le sen­ti­ment qu’il existe un com­plot, c’est parce qu’il existe une dis­tance très pro­fonde entre le dis­cours poli­ti­que qui est déli­vré par les auto­ri­tés ou le sys­tème média­ti­que et la réa­lité de ce qui est fait.
J’ai abordé hier la ques­tion du pou­voir d’achat, mais elle s’arti­cule avec une autre, qui permet de faire appa­raî­tre une vision glo­bale de la société qui est dési­rée par cette petite troupe de mil­liar­dai­res et leurs tout petits employés, qui s’agi­tent quo­ti­dien­ne­ment sous nos yeux.

Chaque jour on nous dit la volonté de l’État de ren­for­cer l’Éducation natio­nale qui pré­pare l’avenir.
Il est évident qu’elle pré­pare l’avenir, mais on ne nous dit plus bien quel avenir elle pré­pare.

Est-ce qu’elle fabri­que des citoyens cons­cients, ins­truits, capa­bles avec leur esprit cri­ti­que d’être col­lec­ti­ve­ment le Souverain de la République, ou est-ce qu’elle pré­pare sim­ple­ment des consom­ma­teurs de dis­trac­tions per­ma­nen­tes à qui on va donner les rudi­ments d’une inser­tion pro­fes­sion­nelle et sociale pour en faire des mul­ti­tu­des uni­for­mi­sées, domes­ti­quées ?

Lorsqu’on lit la note que j’ai plu­sieurs fois publiée ici, et pro­duite par l’OCDE à des­ti­na­tion des gou­ver­ne­ments, sur « Comment faire bais­ser le niveau sco­laire dans votre pays sans que les parents ne s’en aper­çoi­vent », on ne peut pas penser à la sin­cé­rité de « l’école qui pré­pare l’avenir » autre­ment que comme ce que je viens d’expo­ser.
Nous sommes bien en face d’une volonté déli­bé­rée, une volonté déli­bé­rée de quel­ques per­son­nes, une extrême mino­rité, mais qui détient main­te­nant la majo­rité des riches­ses, et même sou­vent beau­coup plus, dans cer­tains pays.
Et cette petite mino­rité elle a une carac­té­ris­ti­que c’est qu’elle est main­te­nant mon­dia­le­ment inter­connec­tée, elle réflé­chit dans des sym­po­sium, dans des réu­nions comme Davos, comme Bilderberg, comme d’autres, dans les­quel­les des intel­lec­tuels vien­nent — contre rému­né­ra­tion – leur appor­ter les outils concep­tuels et les stra­té­gies poli­tico-socia­les dont ils ont besoin.
Et ils le met­tent en œuvre.
Il n’y a rien là qui res­sem­ble à un com­plot, sim­ple­ment un projet poli­ti­que et social global. 
On voit aujourd’hui en France, parce que nous avons main­te­nant un pré­si­dent de la République qui n’est pas issu de l’his­toire de notre vie poli­ti­que, mais qui a été imposé par astuce par un groupe d’oli­gar­ques, à quel point cela va de plus en plus vite, et devient de plus en plus trans­pa­rent.
L’épisode de la crise sani­taire dévoile une lumière crue sur la réa­lité du pro­gramme qui est mis en œuvre, les métho­des et les fina­li­tés qu’il laisse envi­sa­ger.
Force est de cons­ta­ter qu’il est extra­or­di­nai­re­ment conforme à ce qu’un phi­lo­so­phe alle­mand, Gunther Anders, avait écrit dans les années 50, décri­vant le projet que pour­rait avoir une classe domi­nante res­treinte, vou­lant mettre fin à la démo­cra­tie et véri­ta­ble­ment « Changer le monde ».
Et depuis la chute du mur de Berlin, aucune force, quelle qu’elle soit, ne vient contre­car­rer la volonté de cette petite troupe de mil­liar­dai­res.
Ils peu­vent sans dif­fi­culté mettre en œuvre ce pro­gramme, aidés par la perte de sou­ve­rai­neté des états – par le haut – et par le bras­sage inter­na­tio­nal de popu­la­tion pro­duit de l’appel d’air déli­bé­ré­ment orga­nisé pour dés­ta­bi­li­ser économiquement et cultu­rel­le­ment les régions où la culture de l’esprit cri­ti­que domine encore trop, sous le nom d’immi­gra­tion et de mul­ti­cultu­ra­lisme – par le bas–.

« Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y pren­dre de manière vio­lente. Les métho­des du genre de celles d’Hitler sont dépas­sées. Il suffit de créer un condi­tion­ne­ment col­lec­tif si puis­sant que l’idée même de révolte ne vien­dra même plus à l’esprit des hommes.
L’idéal serait de for­ma­ter les indi­vi­dus dès la nais­sance en limi­tant leurs apti­tu­des bio­lo­gi­ques innées. Ensuite, on pour­sui­vrait le condi­tion­ne­ment en rédui­sant de manière dras­ti­que l’éducation, pour la rame­ner à une forme d’inser­tion pro­fes­sion­nelle. Un indi­vidu inculte n’a qu’un hori­zon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoc­cu­pa­tions médio­cres, moins il peut se révol­ter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus dif­fi­cile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’infor­ma­tion des­ti­née au grand public soit anes­thé­siée de tout contenu à carac­tère sub­ver­sif.
Surtout pas de phi­lo­so­phie. Là encore, il faut user de per­sua­sion et non de vio­lence directe : on dif­fu­sera mas­si­ve­ment, via la télé­vi­sion, des diver­tis­se­ments flat­tant tou­jours l’émotionnel ou l’ins­tinc­tif. On occu­pera les esprits avec ce qui est futile et ludi­que. Il est bon, dans un bavar­dage et une musi­que inces­sante, d’empê­cher l’esprit de penser. On mettra la sexua­lité au pre­mier rang des inté­rêts humains. Comme tran­quilli­sant social, il n’y a rien de mieux.
En géné­ral, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’exis­tence, de tour­ner en déri­sion tout ce qui a une valeur élevée, d’entre­te­nir une cons­tante apo­lo­gie de la légè­reté ; de sorte que l’eupho­rie de la publi­cité devienne le stan­dard du bon­heur humain et le modèle de la liberté. Le condi­tion­ne­ment pro­duira ainsi de lui-même une telle inté­gra­tion, que la seule peur – qu’il faudra entre­te­nir – sera celle d’être exclus du sys­tème et donc de ne plus pou­voir accé­der aux condi­tions néces­sai­res au bon­heur.
L’homme de masse, ainsi pro­duit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être sur­veillé comme doit l’être un trou­peau. Tout ce qui permet d’endor­mir sa luci­dité est bon socia­le­ment, ce qui mena­ce­rait de l’éveiller doit être ridi­cu­lisé, étouffé, com­battu. Toute doc­trine met­tant en cause le sys­tème doit d’abord être dési­gnée comme sub­ver­sive et ter­ro­riste et ceux qui la sou­tienne devront ensuite être trai­tés comme tels. On observe cepen­dant, qu’il est très facile de cor­rom­pre un indi­vidu sub­ver­sif : il suffit de lui pro­po­ser de l’argent et du pou­voir ».
(Serge Carfantan)

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