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L’hydre a trois têtes a l’assaut de la république

Un article de Dejan Kuzmanovic

par , le 7 novembre 2020

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Dejan Kuzmanovic a publié sur sa page Facebook cet article que nous reproduisons ici avec avec son accord. Il fait suite aux débats sur la fiction de Valeurs Actuelles consacrée à Danièle Obono. Il a animé le "groupe d’appui" à la FI, JR Hebert, dissout pour avoir voulu d’intéresser de trop près à l’infiltration islamiste dans les syndicats. Il est aujourd’hui membre de République Souveraine.

L’hydre a trois têtes a l’assaut de la républi­que

Mea culpa

Il est grand temps qu’il s’exprime ce troi­sième admi­nis­tra­teur du groupe J.R. Hébert. Qu’il donne son point de vue (très tardif) concer­nant la soi-disant plus que scan­da­leuse « Fiction », dans laquelle notre inconso­la­ble mais si pri­vi­lé­giée (par la République) Mme la Députée Danièle Obono appa­raît dans le rôle d’une cou­ra­geuse et ô com­bien résis­tante VICTIME de ces hor­ri­bles com­mer­ces et trans­ports d’êtres humains.

D’une part, sous l’emprise d’une ébauche de « réflexion col­lec­tive » de ne plus tolé­rer sur notre « mur » des inter­ve­nants qui confon­dent volon­tai­re­ment la cri­ti­que salu­taire et abso­lu­ment néces­saire de cou­rants extré­mis­tes d’où qu’ils vien­nent avec le malin plai­sir de cra­cher leur venin raciste sur « le Juif », « l’Arabe », « le Blanc sou­chien », « le Musulman »…, mais aussi de jeter l’oppro­bre sur des per­son­nes fra­gi­li­sées, notam­ment des femmes, trop sou­vent obli­gées de pra­ti­quer dif­fé­ren­tes formes de « régres­sions fécondes »…

Et, d’autre part, suite à cette mer­veilleuse soirée enivrante de débats pas­sion­nants, de poésie, de sar­di­nes grillées, de musi­que d’ici et de la loin­taine/proche Kabylie et, bien entendu, de toutes sortes de breu­va­ges dio­ny­sia­ques à consom­mer sans trop de modé­ra­tion…

Après tout cela donc, le len­de­main, je me suis laissé guider (sans avoir lu ladite « Fiction », ni même vu les photos de la « Déesse enchaî­née ») par mon gen­tillet huma­nisme « anti-théo­ri­que » sans fron­tiè­res, j’ai commis le « crime », j’ai cosi­gné le texte qui condamne sans amba­ges le « racisme décom­plexé » des jour­na­lis­tes de VA… Je ne regrette pour­tant rien. Vaut mieux pêcher par « huma­nisme » que par « bar­ba­risme »…

Cependant, après avoir (pour la pre­mière fois de ma vie) acheté VA et enfin lu le texte incri­miné, je fus obligé de m’accor­der une fois de plus le qua­li­fi­ca­tif d’incu­ra­ble « maso puis­sance 10 ». Car à ma stu­pé­fac­tion, bien déçu, je n’ai pas réussi à trou­ver grand-chose per­met­tant d’arri­mer ce « roman illus­tré » à une quel­conque « odieuse ou/et répu­gnante » atta­que raciste de VA.

Une telle « lec­ture » de ladite Fiction ne résout cepen­dant rien, ne répond à aucune des ques­tions épineuses telles que : Quelle « mouche » a-t-elle pu si for­te­ment piquer « la Magnifique » (dixit JLM) pour qu’elle se mette à hurler contre le pré­sumé effroya­ble racisme « sou­chien » ? Qu’est-ce qui a pu pro­vo­quer cette irra­tion­nelle et ins­tan­ta­née mobi­li­sa­tion (moins soli­daire tu meurs) de la « Sainte-Alliance » (pré­si­dée par notre Jupiter natio­nal et la « Personne sacrée » locale) per­met­tant à la sinis­tre Porte-parole du PIR, Mme Houria Bouteldja, de réunir à Trocadéro ses pro­pres trou­pes, « des colo­ni­sés de l’inté­rieur » ainsi que la crème des « anti-racis­tes blancs », des « sou­chiens conver­tis » (les dépu­tés de la FI en tête) sous la ban­nière : « Tous contre le racisme décom­plexé de la droite extrême » ?

Je vais me per­met­tre ici de « dévoi­ler » (après pro­ba­ble­ment tant d’autres) en quoi consiste la soi-disant impar­don­na­ble faute de Valeurs Actuelles.

En met­tant l’accent sur l’exis­tence incontes­ta­ble des escla­va­gis­tes « autoch­to­nes » de l’Afrique sub­sa­ha­rienne et de leurs « com­pli­ces », des escla­va­gis­tes dits nord-afri­cains, tout en pré­sen­tant les escla­va­gis­tes blancs sous la forme plutôt enjo­li­vée de quel­ques mis­sion­nai­res, les­quels guidés par leur « huma­nisme chré­tien » ache­tè­rent les escla­ves afin de les conver­tir puis de les main­te­nir dans une soi-disant plus heu­reuse ser­vi­tude, ces « affreux sou­chiens de droite » donc, ont eu « le culot » de poser leurs « sales pattes » sur le fonds de caisse idéo­lo­gi­que du PIR. Ils ont commis un « sacri­lège », en essayant très mala­droi­te­ment de rela­ti­vi­ser le « point de vue » d’une seule caté­go­rie d’ « escla­va­gi­sés et colo­ni­sés », en fait, le point de départ et en même temps le point nodal du sacro-saint projet poli­ti­que visant la prise de pou­voir, le « Programme poli­ti­que déco­lo­nial » qui, depuis une bonne quin­zaine d’années, coor­donne et guide les actions de cette « Hydre à trois têtes », de cette - de mieux en mieux struc­tu­rée, de plus en plus puis­sante et omni­pré­sente - mou­vance, com­po­sée des coria­ces indi­gè­nes de la République, des extrê­me­ment effi­ca­ces zéla­teurs de l’Islam poli­ti­que conqué­rant (sans oublier ses offi­ci­nes qui « ché­ris­sent » le ter­ro­risme et la Guerre sainte) et enfin de très récents alliés, des « spé­cia­lis­tes en casse du tout étatique », notam­ment les Blacks Blocks !

LE PERE « BIOLOGIQUE »

Avant d’expo­ser un cer­tain nombre de « points nodaux » du dit projet poli­ti­que, le mini­mum de poli­tesse oblige à rap­pe­ler le « noyau dur » de ses concep­teurs. Outre la Gardienne de l’ortho­doxie doc­tri­nale du « racisme inversé », Mme Houria Bouteldja, qui ne veut pour rien au monde « l’inté­gra­tion par le foot et le jambon », on y trouve : le socio­lo­gue Saïd Bouammama, l’his­to­rien Youssef Boussoumah, et quel­ques trots­kys­tes côté LCR/NPA… Il n’en reste pas moins que le père « bio­lo­gi­que » du « Programme poli­ti­que déco­lo­nial » est indé­nia­ble­ment M. Sadri Khiari.

Issu d’une famille de com­mu­nis­tes (son père a été long­temps Secrétaire géné­ral de l’Union syn­di­cale des Travailleurs tuni­siens), ce « fils pro­dige » baigne dès son plus jeune âge dans la lit­té­ra­ture aux dif­fé­ren­tes cou­leurs marxis­tes et ne tarde pas à s’enga­ger dans la mou­vance d’extrême-gauche du pays natal. Au vu cepen­dant des résul­tats plutôt médio­cres concer­nant notam­ment la mobi­li­sa­tion da la classe ouvrière tuni­sienne sous la ban­nière de la « Quatrième inter­na­tio­nale », il finira par déchan­ter…

Toujours cepen­dant « pos­sé­dée » par cette irré­sis­ti­ble volonté de se lancer dans de nou­vel­les aven­tu­res « révo­lu­tion­nai­res », cette « plume » la plus douée de la pensée indi­gène déco­lo­niale - censée démas­quer et décons­truire l’hégé­mo­nie de la pensée de « l’homme blanc, euro­péen et chré­tien » - décide de « plan­ter son dra­peau » dans le pays qui, selon elle, s’acharne à pré­ser­ver les ves­ti­ges de sa longue tra­di­tion colo­niale et impé­riale, cette plume décide donc de s’ins­tal­ler en France qu’elle ne tar­dera pas à trai­ter publi­que­ment de pays du « racisme sys­té­mi­que ».

C’est pour­tant dans ce pays que M. Sadri Khiari a pu, avec ses fidè­les com­pa­gnons et sans entrave aucune, cher­cher et réunir « les ingré­dients » néces­sai­res per­met­tant la mise en exé­cu­tion du fol­din­gue projet islamo-com­mu­nau­ta­riste : lan­ce­ment en 2005 du Mouvement des Indigènes de la République (MIR) et créa­tion en 2010 du Parti des Indigènes de la République (PIR).

Soulignons ici que très tôt, avant même la créa­tion du PIR, navi­gue dans ces eaux « indi­gé­nis­tes » en qua­lité « d’appren­tie sor­cière », une jeune soi-disant des­cen­dante des « escla­va­gi­sés et colo­ni­sés », laquelle a réussi un immense exploit : attein­dre (en un très court laps de temps) le plus haut niveau au sein de l’oli­gar­chie de la FI et le sommet dans la hié­rar­chie des élus de la République (selon elle) tou­jours colo­niale et affreu­se­ment raciste : la bal­bu­tiante marxo, bolcho, trotsko et fina­le­ment islamo-com­mu­nau­ta­riste, l’inconso­la­ble « Victime » du « racisme blanc sou­chien décom­plexé », la pre­mière Députée issue de la conver­gence FI/PIR, Mme Danièle Obono (1).


PROGRAMME POLITIQUE DECOLONIAL

Mais enfin, qu’y a-t-il dans ce pro­gramme de si « génial » pour que pra­ti­que­ment toute la gauche - du NPA en pas­sant par la FI, le PCF, Génération.s, jusqu’à ce méli-mélo bobos, écolos, socia­los dits pro­gres­sis­tes - s’en ins­pire, se mette à pri­vi­lé­gier le « socié­tal » au détri­ment du « social », épouse les agis­se­ments et com­bats recom­man­dés par l’avant-garde des « colo­ni­sés de l’inté­rieur », s’ima­gi­nant ainsi que leurs mai­gri­chons contin­gents électoraux vont pren­dre du volume ? qu’y a-t-il pour qu’on avance des niai­se­ries à dormir debout, telle par exem­ple le « projet illu­miné » de Mme Priscilla Zamord (tête de liste EELV aux muni­ci­pa­les à Rennes) d’une « écologie qui ne soit pas que blan­che (sic) mais verte et popu­laire » ?… 

Une réponse ration­nelle est d’autant plus dif­fi­cile à for­mu­ler quand on prend connais­sance de ces quel­ques « pépi­tes » hal­lu­ci­nan­tes conte­nues dans « l’Alternative glo­bale qui n’est ni de droite ni de gauche, qui est déco­lo­niale  » :

- Nous vou­lons le pou­voir

« Un pro­gramme poli­ti­que déco­lo­nial devrait débu­ter par la ques­tion cen­trale…, sans laquelle il n’y aura pas de déco­lo­ni­sa­tion, c’est-à-dire la ques­tion du pou­voir »… « Il est abso­lu­ment néces­saire pour un pro­gramme poli­ti­que déco­lo­nial de com­men­cer par affir­mer Nous vou­lons le pou­voir’ !  ». « Dans la durée, j’espère que les condi­tions seront réu­nies pour que nous puis­sions envi­sa­ger un ‘tous ensem­ble’ déco­lo­nial, capa­ble de pren­dre le pou­voir puis­que tel est le but d’un parti poli­ti­que » ; 

- Perspective his­to­ri­que et son point de départ

Ce pro­gramme « ouvre » une « pers­pec­tive his­to­ri­que large et glo­bale, com­men­cée autour de 1492, qui part du point de vue des colo­ni­sés et des escla­va­gi­sés lut­tant contre la domi­na­tion impé­riale et non du point de vue de la classe ouvrière lut­tant contre la bour­geoi­sie, ni de la bour­geoi­sie lut­tant contre l’aris­to­cra­tie et le féo­da­lisme. Et cela même si on sup­pose que la domi­na­tion impé­riale a pour fon­de­ment le capi­ta­lisme en marche ou établi ». On a ici déjà le pré­lude à l’annonce de la pri­mauté de la lutte des races au détri­ment de la lutte des clas­ses.

- Faire table rase des valeurs por­tées par les Lumières

« Faire table rase des valeurs d’huma­nisme, d’égalité, de liberté, d’émancipation, por­tées par les Lumières et à sa manière par la gauche ». Car étant « blan­ches », ces valeurs, façon­nées par « l’euro­cen­trisme » outran­cier de la pensée blan­che hégé­mo­ni­que, par­ti­ci­pent du pro­ces­sus d’infé­rio­ri­sa­tion raciale (sic), à tra­vers lequel elles acquiè­rent la qua­lité d’unités de mesure de l’évolution humaine, dési­gnée également sous le voca­ble de « valeurs uni­ver­sel­les ».

- La République est colo­niale

Ainsi donc, une fois dévoi­lée la « par­ti­ci­pa­tion » des valeurs « uni­ver­sel­les » (parce que « blan­ches ») au « pro­ces­sus d’infé­rio­ri­sa­tion raciale », les fou­dres de « la cri­ti­que déco­lo­niale » se sont logi­que­ment abat­tues sur la plus pré­cieuse inven­tion de la Grande Révolution, sur ce que « l’oppres­seur blanc » tente d’uni­ver­sa­li­ser, sur la République une et indi­vi­si­ble, sociale, laïque et de sou­ve­rai­neté popu­laire.

D’une telle « repré­sen­ta­tion » du dit modèle d’orga­ni­sa­tion poli­ti­que, les diri­geants auto­pro­cla­més de « l’ensem­ble des popu­la­tions indi­gè­nes » n’ont rien à cirer. Ils per­sis­tent : Notre cri­ti­que a dévoilé au grand jour « le carac­tère colo­nial de cette répu­bli­que et les rap­ports de pou­voir raciaux et impé­riaux sur les­quels elle repose  » ! Elle tient donc la place cen­trale dans le sys­tème de domi­na­tion post­co­lo­niale ; elle per­pé­tue « l’incar­na­tion de l’oppres­sion raciste » : l’impi­toya­ble tra­di­tion assi­mi­la­tion­niste… Cette « République à la sauce jaco­bine » et son sup­port « l’Etat raciste » doi­vent dis­pa­raî­tre.

- Nous ne bou­ge­rons pas

Les « colo­ni­sés de l’inté­rieur » vivant sur le sol fran­çais entre­tien­nent depuis bien long­temps des rela­tions fruc­tueu­ses (poli­ti­ques, idéo­lo­gi­ques, orga­ni­sa­tion­nel­les, d’agit-prop et bien évidemment de sou­tiens finan­ciers) avec de nom­breu­ses « offi­ci­nes », notam­ment amé­ri­cai­nes, dont le « pre­mier souci » est de pré­sen­ter la France comme « le pays le plus raciste au monde ». En dépit de cela et contrai­re­ment aux sté­réo­ty­pes véhi­cu­lés par cer­tains « anti-racis­tes blancs », le PIR n’est point sub­ju­gué par le modèle anglo-saxon. Cette forme de com­mu­nau­ta­risme est jugée trop ségré­ga­tion­niste et raciste :

« Dès que nous évoquons cette ques­tion, on nous balance à la figure le spec­tre du com­mu­nau­ta­risme à l’anglo-saxonne. Je ne crois pas que ce modèle soit inté­res­sant pour nous - il n’y qu’à voir l’ampleur des dis­cri­mi­na­tions racia­les en Grande Bretagne et aux Etats-Unis - mais en tout état de cause, il semble de plus en plus clair que le modèle répu­bli­cain fran­çais doit être dépassé »… « A partir du moment où un groupe d’indi­gè­nes plante son dra­peau sur le sol fran­çais et dit ‘cette terre est désor­mais aussi la mienne’, en notre nom nous devons être partie de l’Etat, voici notre alter­na­tive glo­bale, qui n’est ni de gauche ni de droite, qui est déco­lo­niale ».

- Communautarisme bien racisé

La réé­cri­ture (plutôt muti­la­tion) de l’his­toire « façon khia­riste », ce pro­cédé par­tant « du point de vue des escla­va­gi­sés ou/et colo­ni­sés » a débou­ché sur un plutôt far­felu « Idéal type » qui « auto­rise » l’affir­ma­tion : la société fran­çaise est intrin­sè­que­ment raciste  ! Car (selon cette « modé­li­sa­tion »), elle pré­serve en son sein de puis­sants méca­nis­mes de repro­duc­tion de « grou­pes sta­tu­tai­res, pré­nom­més « les races socia­le­ment cons­trui­tes » et leur hié­rar­chi­sa­tion notam­ment entre « Blancs » et « non-Blancs ». La lutte de races « sur­dé­ter­mine » tout le reste, notam­ment la lutte de clas­ses.

C’est là que les « alchi­mis­tes » de l’Indigénat cla­ment haut et fort que le conflit car­di­nal oppose, d’un côté, les oppres­seurs, les hommes blancs por­tant tous les stig­ma­tes de leurs ancê­tres escla­va­gi­ses et colo­nia­lis­tes et, de l’autre, « les damnés de la terre », les domi­nés, outra­geu­se­ment oppres­sés, privés même de dignité, d’une partie donc de la popu­la­tion des quar­tiers popu­lai­res une fois de plus « pré­sé­lec­tion­nés » et regrou­pés par leur (plutôt auto­pro­cla­mée) avant-garde au sein de la « com­mu­nauté des noirs, arabes et musul­mans » (sic). Aux der­niè­res nou­vel­les, il se peut qu’on « auto­ri­se­rait » les Roms à en faire partie.

- l’Islam est déco­lo­nial

A ce niveau de « pro­duc­tion théo­ri­que » ont surgi d’épineuses ques­tions : que faire pour que les popu­la­tions « pré­sé­lec­tion­nées », mais néan­moins tou­jours si dis­sem­bla­bles, ces noirs, arabes et musul­mans lar­ge­ment ato­mi­sés et comme tant d’autres « ban­lieu­sards » réfu­giés dans l’abs­ten­tion­nisme, que faire pour que « les colo­ni­sés de l’inté­rieur » rejoi­gnent la future majo­rité déco­lo­niale, ce grand col­lec­tif de « commun destin », au sein duquel ils pour­raient acqué­rir la volonté d’agir ensem­ble ? que faire pour que ce conglo­mé­rat « en soi » se trans­forme en com­mu­nauté « pour soi », capa­ble d’affron­ter dans les rues ou/et dans les urnes « la blan­cheur pour­rie » ? La réponse à ce ques­tion­ne­ment ne se fait pas atten­dre.

M. Sadri Khiari décrète : « L’ISLAM EST DECOLONIAL »  ! Autrement dit, l’Islam poli­ti­que serait ce « ciment spi­ri­tuel », le seul à même de souder, unir et mettre en état « d’effer­ves­cence » les popu­la­tions de foi musul­mane des ban­lieues : « Pour les musul­mans dans les quar­tiers, leur volonté d’appli­quer les pré­cep­tes de l’Islam selon les inter­pré­ta­tions qui sont les leurs ne relève géné­ra­le­ment pas d’une action de résis­tance poli­ti­que. Et pour­tant leur choix bous­cule pro­fon­dé­ment les équilibres répu­bli­cains, déve­loppe de nou­vel­les formes de soli­da­rité col­lec­tive inter-indi­gè­nes et met en ten­sion les rap­ports raciaux ».

Cet impor­tant tra­vail d’« éducation popu­laire », d’embri­ga­de­ment, d’inculca­tion des canons « sacrés » de l’islam poli­ti­que, mais aussi des pré­cep­tes concer­nant la vie quo­ti­dienne, la manière de vivre, les habi­tu­des, les com­por­te­ments, us et cou­tu­mes pro­pres aux rétro­gra­des, miso­gy­nes et oppres­sants patriar­cats arabo-musul­man ou/et otto­man, a donc été « conféré » aux très puis­san­tes orga­ni­sa­tions « pour la pro­pa­ga­tion de la foi », aux extrê­me­ment effi­ca­ces pré­di­ca­teurs des bonnes paro­les d’Allahou Akbar.

Bien vu « cama­rade » Khiari. Car, il est vrai que tout au long de ces qua­rante der­niè­res années, l’essor continu de diver­ses pra­ti­ques de « réis­la­mi­sa­tion » à l’œuvre dans la société fran­çaise a pris les pro­por­tions d’un phé­no­mène social et poli­ti­que d’impor­tance natio­nale. Très nom­breux sont les acteurs poli­tico-reli­gieux qui y par­ti­ci­pent. Sur une liste qui n’est point exhaus­tive, on trouve sur le devant de la scène les Frères musul­mans, les sala­fis­tes aussi bien quié­tis­tes que les va-t’en guerre adep­tes du wah­ha­bisme ou/et tak­fi­risme, les mili­tants pro-Hamas, les fon­da­men­ta­lis­tes de Tabligh, le cou­rant Milli Görüs - une sorte de « fré­risme à la sauce otto­mane » - qui gère l’ensem­ble de mos­quées tur­ques à l’étranger. En France, ce cou­rant isla­miste est repré­senté par nombre d’asso­cia­tions regrou­pées au sein du « Conseil pour la jus­tice, la léga­lité et la paix » (Cojep), par son émanation poli­ti­que le très actif (y com­pris au niveau électoral) « Parti égalité et jus­tice » et par la police interne, les redou­ta­bles « Loups gris »…

Tous ces adep­tes de l’islam poli­ti­que sont loin d’être una­ni­mes. En par­tant de leurs pra­ti­ques de « réis­la­mi­sa­tion » et objec­tifs à attein­dre, on peut repé­rer - en sché­ma­ti­sant quel­que peu et sans oublier leurs inter­fé­ren­ces mutuel­les - deux sous-grou­pes bien dis­tincts.

Le pre­mier essaim est le mieux repré­senté par les sus­men­tion­nés wah­ha­bis­tes ou/et tak­fi­ris­tes. Ils s’enfer­ment géné­ra­le­ment dans des vase-clos, n’envi­sa­gent point une quel­conque inser­tion/inté­gra­tion notam­ment dans le sys­tème répu­bli­cain, cher­chent donc plutôt la confron­ta­tion, ins­cri­vent leurs actions pro­sé­ly­tes dans « le temps court », dans « l’immé­dia­teté » et met­tent l’accent sur la for­ma­tion de com­bat­tants fana­ti­sés, futurs « mar­ty­res » prêts à se lancer dans l’exé­cu­tion d’actes ter­ro­ris­tes sur le sol fran­çais ou à sacri­fier leurs vies (mais aussi très sou­vent des famil­les entiè­res) en par­ti­ci­pant à la « guerre sainte » dans des contrées loin­tai­nes… L’objec­tif : sur les ruines des socié­tés de « mécréants », bâtir des Etats isla­mi­ques, des Califats…

Au sein du deuxième sous-groupe, net­te­ment plus grand, la place cen­trale est occu­pée par les Frères musul­mans. Ce sont des isla­mis­tes qui pro­fes­sent une variante de l’islam poli­ti­que rigo­riste, en appa­rence et seu­le­ment en appa­rence « modé­rée » et « adap­ta­ble » à l’envi­ron­ne­ment économique et socio-poli­ti­que du pays où ils ont décidé de « plan­ter leur dra­peau ». Les Frères musul­mans ins­cri­vent leurs agis­se­ments pro­sé­ly­tes dans la durée et visent le « confi­ne­ment » de la popu­la­tion de foi musul­mane ainsi que des nou­veaux conver­tis dans des espa­ces « inter-indi­gè­nes » de « contre-société » à carac­tère com­mu­nau­taire, au sein des­quels les liens sociaux et la vie quo­ti­dienne des « fidè­les » sont régis avant tout par les lois isla­mi­ques supé­rieu­res aux lois de la République et des pré­cep­tes érigés dans le marbre par de déca­dents patriar­cats arabo-musul­man ou otto­man. L’idée sous-jacente qui « guide » toutes ces acti­vi­tés, l’objec­tif à long terme est la prise de pou­voir…

Profitant aussi bien de la « géné­ro­sité » que des « failles » de la République et grâce à de très impor­tants moyens finan­ciers (dont les pro­ve­nan­ces sont bien « voi­lées »), tous les pré­ci­tés pro­pa­ga­teurs de l’Islam poli­ti­que se sont dotés - au fur et à mesure des années - de mos­quées en nombre crois­sant et bien entendu d’imams ( rec­teurs, cadis…) ne connais­sant sou­vent que des bribes de la langue fran­çaise, car formés et finan­cés pour la plu­part dans des pays à très forte dose isla­miste ; d’écoles sous et hors contrat dites cora­ni­ques, d’ins­ti­tuts d’études et recher­ches en « scien­ces isla­mi­ques », d’innom­bra­bles asso­cia­tions cultu­rel­les/cultuel­les, de clubs pra­ti­quant et les dif­fé­ren­tes dis­ci­pli­nes spor­ti­ves et l’endoc­tri­ne­ment poli­tico-reli­gieux ; récem­ment de partis poli­ti­ques auto­no­mes qui obtien­nent déjà des résul­tats non négli­gea­bles aux élections, notam­ment muni­ci­pa­les et régio­na­les…

Au vu de tous ces déploie­ments, il n’est point étonnant que les isla­mis­tes se soient impo­sés et qu’ils soient deve­nus au sein de la popu­la­tion de foi musul­mane la force poli­tico-reli­gieuse majeure. Déjà en 2009, M. Khiari a pu men­tion­ner : « Même s’il ne se dit pas en termes de contes­ta­tion poli­ti­que, si on ne voit pas d’immen­ses mani­fes­ta­tions et des grèves de musul­mans, s’il n’y a pas encore de can­di­dats musul­mans drai­nant des cen­tai­nes de mil­liers de voix aux élections, l’aug­men­ta­tion du nombre de mos­quées, de barbes et de voiles cons­ti­tue un phé­no­mène poli­ti­que majeur… Cet islam pro­cède du mou­ve­ment de conso­li­da­tion de la puis­sance poli­ti­que indi­gène ». (2)

Aujourd’hui, en sa « douillette » pré-retraite (dans son pays d’ori­gine), - mais tou­jours actif au niveau par exem­ple de la rédac­tion de rap­ports géné­raux pro­non­cés par les porte-parole du PIR, lors de gran­des réu­nions de l’Hydre à trois têtes, telle « Bandung du Nord » (en mai 2018) -, l’ Idéologue en chef ne peut qu’être enchanté par les grands bonds en avant réa­li­sés par les pré­ci­tés mou­ve­ments isla­mis­tes.

Ainsi, il y a de plus en plus de « can­di­dats musul­mans » qui « drai­nent » (certes pas encore des cen­tai­nes de mil­liers) un nombre suf­fi­sant de voix leur per­met­tant d’être élus lors d’élections, muni­ci­pa­les et régio­na­les notam­ment. Les Frères musul­mans ou/et le Parti égalité et jus­tice se sont dotés d’une très impor­tante « base sociale » com­po­sée de fidè­les mobi­li­sa­bles à tout moment. Dans pra­ti­que­ment toutes les cen­tra­les syn­di­ca­les, le nombre et l’influence des isla­mis­tes sont en cons­tante aug­men­ta­tion… Que dire de cette marée de plu­sieurs dizai­nes de mil­liers d’islamo-com­mu­nau­ta­ris­tes qui enton­naient « Allahou Akbar », lors de la « Marche contre l’isla­mo­pho­bie » et ce, en com­pa­gnie des tragi-comi­ques des­pé­ra­dos de pra­ti­que­ment toute la gauche désa­bu­sée, avec en tête « le polit­buro » de la FI…

Persuadé d’avoir été exhaus­tif en énumérant les­di­tes avan­cées, j’ai été une fois de plus sur­pris quand une « voix » m’a averti : Pauvre blanc sou­chien, toi, comme la plu­part des igna­res de ta race « pour­rie », vous n’avez encore rien vu de ce qui vous attend… Pour vous mettre au parfum, lisez le com­mu­ni­qué du PIR publié le 06 Octobre 2020 et sur­tout ce qui suit… « Nous regret­tons ce départ (le repli tac­ti­que de Mme Houria Bouteldja – la remar­que est de D.K.) aussi parce qu’il inter­vient au moment même où la lutte contre les vio­len­ces poli­ciè­res racis­tes connaît de gran­des avan­cées, que la lutte des sans-papiers gagne en force et en audience et que l’orga­ni­sa­tion d’une contre-offen­sive musul­mane se des­sine face à une isla­mo­pho­bie d’Etat décom­plexée. Oui, le moment est celui de l’affron­te­ment et du ren­for­ce­ment, pas seu­le­ment en France, des expres­sions auto­no­mes du pou­voir noir et du pou­voir musul­man ».

Majorité poli­ti­que déco­lo­niale

(Condition sine qua non de la prise de pou­voir)

Les prin­ci­paux théo­ri­ciens de l’Indigénat ont soumis au préa­la­ble l’ensem­ble des ins­ti­tu­tions exis­tan­tes sur le sol fran­çais et notam­ment les « partis poli­ti­ques blancs » à une féroce cri­ti­que/démo­li­tion. Ainsi, ces orga­ni­sa­tions poli­ti­ques sont « partie pre­nante du sys­tème racial… Ils se com­bat­tent mais par­ti­ci­pent tous , à des degrés divers, à la pré­ser­va­tion du Privilège blanc » … Parce qu’« ils sont forgés dans le moule répu­bli­cain à la sauce jaco­bine, ren­forcé par la tra­di­tion assi­mi­la­tion­niste colo­niale », ces partis de « blancs-euro­péens-chré­tiens » ne peu­vent pas « inté­grer la réa­lité des col­lec­tifs sociaux ayant des atten­tes en termes par exem­ple de culture, de rap­port à l’his­toire, à la nation, etc… ». Autrement dit, les partis de la « blan­cheur pour­rie » ne peu­vent pas sérieu­se­ment abor­der - sans aide sub­stan­tielle des « colo­ni­sés de l’inté­rieur » - la ques­tion fon­da­men­tale d’une forme nou­velle de com­mu­nau­ta­risme à la fran­çaise.

Quant aux orga­ni­sa­tions poli­ti­ques de la gauche, ladite cri­ti­que est moins sévère. M Khiari reconnaît qu’une partie « de la gauche de la gauche » leur a apporté ( et ce, dès 2005) un franc mais (vu les déboi­res orga­ni­sa­tion­nels de LCR/NPA d’alors) peu signi­fi­ca­tif sou­tien.

Cela ne fut évidemment point suf­fi­sant car, « tant que la gauche ne reconnaî­tra pas la réa­lité des pri­vi­lè­ges blancs…, elle pourra lancer autant de ‘tra­vailleurs fran­çais, immi­grés, même patron, même combat’, cela sera du vent et rien que du vent, ou, pire encore, une forme comme un autre de subor­di­na­tion des immi­grés et de leurs enfants aux enjeux pro­pres des tra­vailleurs blancs ».

Obsédé cepen­dant par le pou­voir, le Gourou des indi­gè­nes ne s’aban­donne jamais à la douce rêve­rie qu’un jour « la mon­ta­gne va venir rejoin­dre Mohamed ». Il sait que malgré tous les efforts et démar­ches que l’on puisse consa­crer au ras­sem­ble­ment et au ren­for­ce­ment de l’indé­pen­dance poli­ti­que de l’Hydre - quoiqu’abso­lu­ment néces­sai­res, - ils n’abou­ti­ront jamais à la for­ma­tion d’une majo­rité poli­ti­que déco­lo­niale, la condi­tion sine qua non de la prise de pou­voir.

Cela étant, il est « obligé » de reconnaî­tre que « la réa­lité des conflic­tua­li­tés racia­les ne rend pas absurde toute conver­gence, (que) malgré des oppo­si­tions réel­les, il y a évidemment des inté­rêts com­muns entre les cou­ches popu­lai­res blan­ches et les indi­gè­nes, qui pour­raient per­met­tre de négo­cier des allian­ces… Penser le contraire nous condui­rait d’ailleurs à une impasse stra­té­gi­que. L’objec­tif d’une majo­rité poli­ti­que déco­lo­niale en France ne serait qu’une utopie de plus ».

Devant un tel pro­blème rele­vant de la « qua­dra­ture du cercle », à savoir com­ment pré­ser­ver l’indé­pen­dance poli­ti­que du mou­ve­ment indi­gène et en même temps déve­lop­per les condi­tions d’émergence d’une « conver­gence Indigènes/Blancs, incluant une pers­pec­tive déco­lo­niale », le Maître à penser conseille ou plutôt ordonne aux illus­tres « raci­sés », aux « des­pé­ra­dos anti-racis­tes blancs » et bien évidemment, aux meilleurs élèves formés dans les offi­ci­nes de l’Islam poli­ti­que conqué­rant, la pra­ti­que d’entrisme tous azi­muts. Autrement dit, il faut inves­tir tous les recoins de la vie économique, cultu­relle, poli­ti­que et sociale et y prê­cher afin de conver­tir les bonnes âmes...

Aujourd’hui, après une quin­zaine d’années de pra­ti­que assi­due de ce que les très pré­ten­tieux cadres de la FI ont exalté sous le nom de « méthode Alinsky » (sans jamais l’appli­quer sérieu­se­ment), les sus­men­tion­nés vrais « éducateurs popu­lai­res » de l’Hydre à trois têtes ont obtenu des résul­tats au-delà de toute espé­rance. Le tsu­nami islamo-com­mu­nau­ta­riste a infesté bon nombre d’ins­ti­tu­tions majeu­res de la société fran­çaise (tous les niveaux de l’Education natio­nale et notam­ment les uni­ver­si­tés, les médias, les ser­vi­ces publics, les syn­di­cats, les entre­pri­ses… et j’en passe).

Mais, le plus grand « pro­grès » a été réa­lisé au sein du sys­tème des partis poli­ti­ques de « l’Homme blanc ». En 2009, M. Sadi Khiari conseillait gen­ti­ment : « La gauche radi­cale devrait nous suivre plus atten­ti­ve­ment. Cela lui ferait du bien ». Sans s’occu­per trop si « Cela lui a vrai­ment fait du bien », force est de cons­ta­ter (dix ans après) que pas seu­le­ment la « radi­cale » mais pra­ti­que­ment toute la gauche idéo­lo­gi­que­ment défi­gu­rée et plus que jamais émiettée a « suivi » plus qu’atten­ti­ve­ment la mou­vance com­po­sée des indi­gè­nes de la République, des isla­mis­tes et des spé­cia­lis­tes en casse du « tout étatique », notam­ment les Blacks Blocks.

Si les dif­fé­rents cou­rants écologistes ont été « les der­niers » à suc­com­ber (après donc le NPA, PCF, Génération.s…) aux chants des sirè­nes islamo-com­mu­nau­ta­ris­tes, la prin­ci­pale force poli­ti­que orga­ni­sée, la France Insoumise, a depuis long­temps obtenu « la Palme d’Or » de la « régres­sion poli­ti­que infé­conde », de l’adop­tion non seu­le­ment du voca­bu­laire et des thèmes favo­ris, mais aussi et sur­tout des actions et des com­bats à mener ins­pi­rés par l’idée de «  la conver­gence Indigènes/Blancs incluant une pers­pec­tive déco­lo­niale ».

Ainsi, à moins de deux ans des élections pré­si­den­tiel­les, au sein des prin­ci­pa­les « forces poli­ti­ques orga­ni­sées » de la FI - Ensemble et PG - il n’y a plus de place que pour les cadres et mili­tants « raci­sés ». Les points nodaux du pro­gramme qui a sou­levé tant d’espoir popu­laire, « l’Avenir en commun », ont été « enter­rés » depuis belle lurette. Le Grand chef a changé de cap. Sa garde pré­to­rienne com­po­sée d’ama­teurs de « chasse aux sor­ciè­res » et d’élimination ‘manu mili­tari’ de toute forme d’oppo­si­tion a montré une effi­ca­cité redou­ta­ble… Ses dépu­tés sont deve­nus de farou­ches « sans­fron­tiè­ris­tes », de braves « huma­nis­tes » lut­tant contre « l’isla­mo­pho­bie », des pour­fen­deurs achar­nés du « contrôle au faciès », des « vio­len­ces poli­ciè­res » et de toute autre forme de « racisme d’Etat », par­ti­sans de l’ « émancipation » des femmes (y com­pris des jeunes filles) d’obé­dience musul­mane par le voi­le­ment et autres « régres­sions fécondes », les éhontés néga­tion­nis­tes du phé­no­mène de l’isla­misme poli­ti­que, les doci­les « génu­flec­teurs », en un mot, les valets béné­vo­les de l’Hydre à trois têtes

Vu cet « état des lieux », le nou­veau projet poli­ti­que promis pour l’année 2021 ne pourra être que la copie conforme de ce que M. Sadi Khiari pré­nomma « Plan global contre les iné­ga­li­tés racia­les » ou « Programme de la libé­ra­tion déco­lo­niale »… Aujourd’hui, la FI donne l’image d’un voi­lier à voi­lure réduite, à vitesse dimi­nuée, d’un « Bateau ivre » qui gou­verne de façon à déri­ver, car le « Grand Timonier » de 2017 est devenu l’inconso­la­ble, sou­vent dépres­sive, de moins en moins répu­bli­caine, de plus en plus des­po­ti­que, l’incontrô­la­ble « Personne sacrée », vam­pi­ri­sée par ce qu’elle-même a défini comme « La Nouvelle France » !

Mais puisqu’à priori rien n’est impos­si­ble, que les mira­cles sont pos­si­bles même en dehors de Lourdes, que sou­dai­ne­ment donc JLM se res­sai­sisse, retrouve son aura, son « cha­risme », ses envo­lées de Tribun hors pair et gagne enfin ces élections pré­si­den­tiel­les de 2022, ce serait certes sa consé­cra­tion, son triom­phe, mais… « en même temps » le pire cadeau du ciel. Car, le poids de la dette contrac­tée auprès de l’Hydre obli­gera « notre » Président à suivre la pré­dic­tion de Gourou de l’indi­gé­nat, à savoir, former un gou­ver­ne­ment déco­lo­nial dont l’objec­tif prin­ci­pal consis­tera à lever « les obs­ta­cles poli­ti­ques, économiques, sociaux et cultu­rels, à la déra­cia­li­sa­tion de la société fran­çaise ainsi que battre en brèche le carac­tère impé­ria­liste de l’Etat fran­çais »… Que res­tera-t-il de la République une et indi­vi­si­ble, sociale, laïque et de la sou­ve­rai­neté popu­laire ? Pas grand-chose !

Heureusement que ce « roman fic­tion » relève de l’invrai­sem­bla­ble. Dans le cas contraire, « Mélenchon pré­si­dent » res­te­rait dans l’his­toire le « triste Sire », fon­da­teur d’une nou­velle forme d’islamo-com­mu­nau­ta­risme, cette fois « à la manière fran­çaise ». Malgré tout, il mérite mieux !

1. « Mouvements déco­lo­niaux. Entretien avec Sadri Khiari », Sadri Khiari et Danièle Obono, Contretemps, 6 octo­bre 2009. PS : pra­ti­que­ment toutes les cita­tions sont tirées de ce texte « mythi­que ». (Ce qui est dans ces cita­tions en let­tres gras­ses et sou­li­gné, cela relève de mon « apport »).

2. « La contre-révo­lu­tion colo­niale en France », Ed. La fabri­que, jan­vier 2009, p. 128).

3. Voir également : « Un juste retour de bâton ». Entretien avec Houria Bouteldja et Sadri Khiari, réa­lisé par Félix Boggio Ewanjé-Epée et Stella Magliani-Belkacem, Contretemps, le 30 octo­bre 2012.

4. Voir sur­tout : les très docu­men­tés dos­siers pré­pa­rés par les excel­lents jour­na­lis­tes de Marianne : N° 1126, 1152, 1174, 1178, 1179, 1197, 1213, 1215, 2020.