Accueil > Actualité > Les salaphiles, ça ose tout !

Les salaphiles, ça ose tout !

par Gabriel GALICE, le 13 novembre 2019

Enregistrer au format PDF

Quand j’ai décou­vert qu’un rap­port qua­li­fiait Madame Saida Keller-Messali d’isla­mo­phobe, je me suis gratté la tête. Présidente, en Suisse, du Forum pour un islam pro­gres­siste, co-fon­da­trice de la mos­quée libé­rale Ibn-Rushd - Goethe de Berlin, com­ment un telle musul­mane paten­tée pou­vait-elle être « isla­mo­phobe » ?

En cher­chant la source de l’oppro­bre, j’ai décou­vert qu’il s’agis­sait d’un rap­port du « think-tank » SETA turc proche de l’AKP, lui-même dans la nébu­leuse des Frères Musulmans. Ledit think-tank est financé par l’UE, parait-il.
Saida Keller-Messahli pros­crit le voile, prie avec les hommes lors de la prière conduite par une femme dans la mos­quée Ibn Rhushd – Goethe dont les ani­ma­tri­ces reçu­rent des mena­ces de morts de fana­ti­ques sup­po­sé­ment adep­tes du Miséricordieux.

J’ai fini par com­pren­dre – par­don­nez ma len­teur - qu’isla­mo­phobe ne vou­lait pas dire isla­mo­phobe. Se pré­ten­dent vic­ti­mes d’isla­mo­pho­bie ceux qui prê­chent un islam radi­cal de fac­ture sala­fiste ou proche des Frères musul­mans - dont le fon­da­teur n’est autre que le grand-père mater­nel de Tariq Ramadan – et qui enten­dent métis­ser de leur islam nos démo­cra­tie occi­den­ta­les. La lec­ture du livre de T. Ramadan « Etre occi­den­tal et musul­man aujourd’hui » est édifiante. Il nous invite à remon­ter à la source (salaf), à agir « indi­vi­duel­le­ment ou en société » « car le pro­phète nous a ensei­gné que le monde entier est une mos­quée » (p.148). Ramadan nous pro­pose sa casuis­ti­que de « clause de cons­cience » per­met­tant au musul­man de res­pec­ter la Loi de la cité…sauf néces­sité contraire. « La loi leur permet d’agir en ce sens et leur foi le leur com­mande. » En effet, « il existe une pres­crip­tion isla­mi­que géné­rale inter­di­sant à un musul­man de tuer ou de com­bat­tre un autre musul­man, et cela devrait effec­ti­ve­ment être évité » (p.194), quitte, « comme les chré­tiens », à invo­quer « l’objec­tion de cons­cience »…et sauf fatwa contraire des oulé­mas. Il faut res­pec­ter les lois d’autant que celles-ci res­pec­tent les citoyens « en tant que musul­mans » (p.197), au nom de grands prin­ci­pes, dont « l’inter­dic­tion de tuer pour le pou­voir ou pour l’argent » (p.198) Et pour le Prophète ?

Une confé­rence euro­péo-turque s’est tenue à Sarajevo, qui fut naguère une ville mul­ti­confes­sion­nelle heu­reuse. http://www.ikhwan.whoswho/blog/archi­ves/10262

Bref, qua­li­fier les musul­mans pai­si­bles, libé­raux, sou­cieux de l’égalité des droits entre hommes et femmes d’isla­mo­pho­bes, c’est comme si un catho­li­que inté­griste trai­tait de chris­to­phobe un réformé, adepte de Luther ou de Calvin.

Les embri­ga­dés de l’anti-isla­mo­pho­bie sont, le sachant ou l’igno­rant, des adep­tes de l’islam radi­cal et poli­ti­que visant à isla­mi­ser nos socié­tés, de gré (ver­sion Frères musul­mans cos­tume cra­vate) ou de force (ver­sion saou­dienne). Ce sont des amis des sala­fis­tes, des sala­phi­les. En son temps, Jean-Jacques Rousseau dis­tin­guait les chré­tiens pai­si­bles des chré­tiens dis­pu­teurs. Les musul­mans pai­si­bles prient, chez eux le cas échéant, dans un dia­lo­gue intime avec leur Dieu, les musul­mans dis­pu­teurs mani­fes­tent et voci­fè­rent. Qu’il me soit permis de pré­fé­rer les pre­miers aux seconds.