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Une campagne abjecte

ou "le temps ne fait rien à l’affaire", comme disait Brassens

par Denis COLLIN, le 27 avril 2021

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Ancien EELV passé à LFI, Sergio Coronado s’est fendu sur Twitter d’un mes­sage de sou­tien à l’igno­ble cam­pa­gne EELV d’Ile-de-France, cam­pa­gne visant les « vieux » (les « boo­mers »), les chas­seurs et Alain Finkielkraut. Voici le texte de Coronado : « “Ok Boomer !” peut être résumé par : “Votre géné­ra­tion a connu le plein emploi, elle a consommé sans limi­tes, n’a pas pris soin de la pla­nète et vous voulez encore nous expli­quer ce que nous devons faire ? Vous avez échoué. Laissez-nous gérer main­te­nant” ». Ce mes­sage est tout sim­ple­ment une salo­pe­rie qui signe la nature pro­fonde de son auteur et des cra­pu­les d’EELV à qui il apporte son sou­tien. Il faut en effet ne pas man­quer d’air pour s’en pren­dre à une « géné­ra­tion qui a consommé sans limite ». Peut-être mon­sieur Coronado appar­tient-il à un milieu où l’on consomme sans limite, mais les gens qui ont plus 60 ans aujourd’hui (les « boo­mers » sont nés entre 1942 et 1960) n’ont pas passé leur jeu­nesse pendus au por­ta­ble, ou rivés sur leur écran d’ordi­na­teur… Boomer moi-même, je peux témoi­gner que la très grande majo­rité de mes cama­ra­des d’école pri­maire n’a jamais mis les pieds ni dans un lycée, ni dans un col­lège : à l’âge de 14 ans, ils sont partis au tra­vail ou, pour les chan­ceux en appren­tis­sage. Comme les gens de cette époque consom­maient sans limi­tes, ils étaient plu­sieurs cen­tai­nes de mil­liers à vivre dans des bidon­vil­les et encore plus nom­breux étaient ceux qui habi­taient des loge­ments insa­lu­bres et étroits (une famille de 5 per­son­nes dans 40 m² était chose cou­rante. Ah ! Ces salauds de pau­vres qui ne son­geaient qu’à consom­mer sans limi­tes ! Quand les cités HLM sont sor­ties de terre, elles appa­rais­sent comme de véri­ta­bles palais : salles de bain, WC, des fenê­tres par­tout et même par­fois un balcon ! Je vous le dis, ces boo­mers ne pen­saient qu’à consom­mer sans limi­tes… En plus, ils tra­vaillaient ! Quelle hor­reur ! Quant aux « boo­mers » tar­difs, ils ont connu de meilleu­res condi­tions sani­tai­res et sco­lai­res, mais aussi le chô­mage de masse [qui com­mence dans les années 70], les « plans sociaux » et la montée en flèche des iné­ga­li­tés.

Le mes­sage de ce M. Coronado s’ins­crit cepen­dant dans une orches­tra­tion sour­noise, menée depuis de nom­breu­ses années main­te­nant : les res­pon­sa­bles de la crise sont les « vieux » [« boo­mers » en nov­lan­gue] qui n’ont pensé qu’à eux avec leurs miro­bo­lan­tes retrai­tes et ont sac­cagé la pla­nète — ce que ne font évidemment pas les don­neurs de leçon à Coronado, qui ne pren­nent évidemment jamais l’avion, vivent dans des appar­te­ments où il ne fait jamais plus de 12° l’hiver et don­nent aux pau­vres leurs indem­ni­tés par­le­men­tai­res… Et pour­quoi l’atta­que contre les vieux ? Tout sim­ple­ment pour 1) jus­ti­fier la réforme des retrai­tes et 2) faire, comme en Grèce, main basse sur les pen­sions, ce qui est déjà dans les tuyaux de Bercy.

De deux choses l’une : Coronado est un crétin ou un agent sti­pen­dié. À moins que ce ne soient les deux. En tout cas, il se situe clai­re­ment du côté des pri­vi­lé­giés et il est un bon repré­sen­tant de cette petite-bour­geoi­sie demi-ins­truite, gen­tri­fiée qui peuple l’appa­reil de LFI comme celui des Verts (de gris). Pouah ! Comme disait jadis Mélenchon, qu’ils s’en aillent tous ! Et ne jamais voter EELV.