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Nettoyer les écuries d’Augias !

par Comité de rédaction de La Sociale, le 1er mai 2021

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Nettoyer les écuries d’Augias !

Le sen­ti­ment que le pays, notre pays, et peut-être plus lar­ge­ment la vieille Europe, est parti à la dérive est de plus en plus lar­ge­ment par­tagé. L’audience recueillie par la tri­bune des 1000 mili­tai­res en témoi­gne et les cris des anti­fas­cis­tes d’opé­rette n’y chan­ge­ront rien. Le succès dans un vaste public de quelqu’un comme Éric Zemmour est un autre signe qui ne trompe pas. Une droite explo­sée et qui fait plutôt profil pas, une gauche en lam­beaux qui achève de mourir en se don­nant l’illu­sion de vivre encore un peu – encore un ins­tant, mon­sieur le bour­reau — et un gou­ver­ne­ment à la dérive dont on ne sait plus bien s’il gou­verne encore quoi que ce soit : où est l’alter­na­tive ? Que 45 % des électeurs LFI approu­vent la tri­bune des mili­tai­res, alors que les res­pon­sa­bles insou­mis crient au fas­cisme et au danger de coup d’État, cela en dit encore plus long. Les esprits se pré­pa­rent : plutôt une fin effroya­ble qu’un effroi sans fin !

Dans tout cela, rien de vrai­ment sur­pre­nant. Toutes les forces poli­ti­ques qui se récla­maient des clas­ses popu­lai­res, tous ceux qui pré­ten­daient incar­ner un monde meilleur ont déserté le ter­rain. Les ouvriers ne les inté­res­sent plus depuis long­temps. Ni les employés ni tous ceux qui n’appar­tien­nent pas aux clas­ses supé­rieu­res « culti­vées » (disent-elles) et ont été lais­sés sur le côté de la « mon­dia­li­sa­tion ». Si on en croit les médias aux ordres (pléo­nasme !), il faut être « woke », théo­rie impor­tée tout droit des campus amé­ri­cains, c’est à dire trans, isla­mo­phile, déco­lo­nial, tout ce que l’on veut, mais pas fran­çais, hétéro et un peu trop blanc. Les mili­tants du Parti des Indigènes de la République et grou­pus­cu­les voi­sins ne cachent plus que leur adver­saire, c’est la « classe ouvrière blan­che ». Les EELV, point de concen­tra­tion de la décom­po­si­tion bour­geoise, chas­sent le boomer et met­tent une cible sur le dos d’Alain Finkielkraut. Pendant ce temps-là, les dea­lers dea­lent tran­quille­ment et contrô­lent des quar­tiers entiers. Les voyous regrou­pés der­rière Mme Traoré entraî­nent dans leur sillage des cor­tè­ges de « belles gens », prê­cheurs richis­si­mes qui dénon­cent le « pri­vi­lège blanc » depuis leur villa à Hollywood, et autres Rokhaya Diallo, qui tra­vaillent pour le New York Times et occu­pent les pla­teaux de télé­vi­sion. Le front commun de la droite libé­rale et de la « gauche amé­ri­caine » (c’est-à-dire aujourd’hui toute la gauche) voit se dres­ser contre lui la révolte des gens ordi­nai­res.

C’est qu’en effet, pour les gens qui n’appar­tien­nent pas aux deux pre­miers déci­les de l’échelle des reve­nus, la vie quo­ti­dienne est placée sous la marque d’une triple insé­cu­rité. Insécurité économique et sociale, au moment où, inexo­ra­ble­ment, se pour­suit la désin­dus­tria­li­sa­tion de la France, où les emplois sta­bles sont minés par le tra­vail à façon, ou les « autoen­tre­pre­neurs » de Déliveroo péda­lent comme des déra­tés pour quel­ques euros et où les droits des chô­meurs fon­dent comme neige au soleil. Insécurité per­son­nelle ensuite : les voyous font la loi dans de nom­breux quar­tiers — quoi qu’en disent ceux qui n’y met­tent jamais les pieds. Insécurité iden­ti­taire quand la parole publi­que est donnée à des gens qui répè­tent « nique la France » et qu’on vous demande de vous repen­tir de tous les crimes commis depuis les hommes pré­his­to­ri­ques, quand on vous demande d’avoir honte d’être fran­çais et dou­ble­ment honte si en plus d’être fran­çais vous avez la peau un peu plus noire que la moyenne ou que votre prénom et votre nom vien­nent visi­ble­ment de l’autre côté de la Méditerranée.

L’exas­pé­ra­tion monte. Un bon coup de balai, voilà ce que beau­coup de nos com­pa­trio­tes sou­hai­tent. Un bon coup de balai parce qu’ils sen­tent bien la conni­vence, la com­pli­cité, les accords même plus taci­tes entre les cou­rants nés de la décom­po­si­tion de la gauche et de l’extrême-gauche et la « jet-set », cette classe capi­ta­liste trans­na­tio­nale qui a depuis long­temps fait séces­sion d’avec le reste du pays. Cette exas­pé­ra­tion pour­rait être captée par n’importe quel déma­go­gue aux idées clai­res qui l’uti­li­se­rait fina­le­ment, comme tou­jours, au ser­vice du capi­tal et au détri­ment de toutes les liber­tés publi­ques déjà pas­sa­ble­ment étrillées.

Un bon coup de balai pour net­toyer les écuries d’Augias. Quel Hercule pourra le faire ? Le peuple peut être cet Hercule ! Il peut forger sa volonté et son unité autour d’un mot d’ordre : être maître chez soi !

  • Maître chez soi, cela veut dire d’abord décider de son propre sort, de ses propres lois, de sa propre ligne de conduite. Donc, rompre avec la machine à broyer les peuples qu’est l’Union européenne, quitter l’OTAN et redéfinir une politique indépendante.
  • Maître chez soi, cela veut dire ne plus être à la botte de l’oligarchie financière, renationaliser les principales banques et pouvoir mettre en œuvre un programme de redressement productif du pays, selon un plan qui prendrait sérieusement en compte les menaces sur l’environnement et nous sortirait de la mainmise du capitalisme vert sur nos paysages, nos modes de transports, nos façons de vivre.
  • Maître chez soi, cela veut dire rester fidèles au meilleur de nos traditions révolutionnaires, celle de 1789, de la Commune de 1871, de la lutte pour la république laïque et sociale, celle qui ne reconnaît ni ne salarie aucun culte, celle qui intègre en assimilant tous ceux qui veulent vivre sur le sol de notre France. Et donc refuser les oukases des « ligues de vertu », des minorités fanatiques, des sectes qui prolifèrent et imposent leur loi.
  • Maître chez soi, cela signifie aussi aller et venir où l’humeur nous mène et donc bénéficier partout de cette sûreté qui est l’objectif des républiques. Casser une bonne fois pour toutes les réseaux de dealers, les complicités entre voyous, islamistes et élus qui ont gangrené déjà un certain nombre de villes. Mettre un terme à la « libanisation » de la France et expulser les prêcheurs de haine et les associations factieuses comme celle de la galaxie des « Frères musulmans ».

C’est seu­le­ment en emprun­tant cette voie qu’on pourra cons­ti­tuer un large ras­sem­ble­ment des tra­vailleurs dépen­dants et indé­pen­dants, pour une réforme morale, pour une société décente. Et seul un tel ras­sem­ble­ment pour­rait s’oppo­ser aux ten­ta­tions auto­ri­tai­res ou fas­ci­san­tes qui ne man­que­ront pas de se faire jour, tout en menant le combat contre le capi­tal et ses lieu­te­nants.