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Les raisons d’un engagement, par Georges Kuzmanovic

par , le 8 décembre 2021

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Se lancer dans une can­di­da­ture à la pré­si­den­tielle n’est pas un pari anodin. J’ai d’ailleurs payé cette audace au prix fort, puis­que mon employeur m’a licen­cié quel­ques jours après ma décla­ra­tion.

Si j’ai fait ce choix, c’est parce qu’il me semble indis­pen­sa­ble de porter une voix absente du débat public. Une voix qui, au lieu de divi­ser le peuple, prône son ras­sem­ble­ment autour de ce qu’il a en commun pour faire face aux nom­breux défis – le défi cli­ma­ti­que, le défi des crises économiques et socia­les, le défi de reconquête de la sou­ve­rai­neté – qu’il doit affron­ter. Car je suis per­suadé qu’une très grande majo­rité de Français res­tent atta­chés à ce qu’on pour­rait appe­ler le consen­sus de 1945, exprimé par le pro­gramme du Conseil natio­nal de la Résistance (CNR) ou le préam­bule de la Constitution de 1946. Ils sont pour l’indé­pen­dance de la France dont ils se font « une cer­taine idée » et refu­sent qu’elle se dis­solve par la dis­pa­ri­tion des fron­tiè­res, une immi­gra­tion incontrô­lée ou une aggra­va­tion de l’insé­cu­rité ; ils tien­nent à la laï­cité et à l’uni­ver­sa­lisme répu­bli­cain, per­sua­dés, comme Jaurès, « qu’ils n’y a, au fond, qu’une seule race, l’huma­nité » ; ils sont atta­chés à la soli­da­rité, à la réduc­tion des iné­ga­li­tés tant socia­les que ter­ri­to­ria­les, à l’inter­ven­tion d’un État stra­tège qui oriente l’économie, entre autres par des poli­ti­ques key­né­sien­nes de relance et de grands tra­vaux, ils veu­lent des ser­vi­ces publics struc­tu­rants et effi­ca­ces ; ils pré­fè­rent le tra­vail à l’assis­tance, si le tra­vail est digne, utile et que les fruits de ce tra­vail per­met­tent de cons­truire un avenir pour soi et sa famille.

C’est ce que je résume par le slogan : « avec De Gaulle et Jaurès ». Pour plus de détails, j’invite chacun à consul­ter la Charte de République Souveraine, notre texte d’orien­ta­tions pro­gram­ma­ti­ques ou mes 50 pro­po­si­tions à paraî­tre bien­tôt sur notre site.

Mais cette cohé­sion idéo­lo­gi­que du peuple fran­çais, la classe poli­ti­que actuelle est inca­pa­ble de l’incar­ner. La gauche se perd dans une mau­vaise imi­ta­tion du wokisme des campus amé­ri­cains, com­mu­niant dans un immi­gra­tion­nisme qui lui sert de totem moral pour faire oublier qu’elle a trahi la classe ouvrière ; elle s’enfonce dans le marais où l’ont conduite les tenants de la « deuxième gauche » et de la « troi­sième voie », les thu­ri­fé­rai­res des thèses d’Antony Giddens et du parti démo­crate des USA, bref, la gauche du Capital. La droite, elle, a trahi l’idée de Nation par logi­que de classe, pré­fé­rant comme elle le prouve élections après élections son por­te­feuille à la patrie. La PME lepé­niste n’a pas d’autre voca­tion que de faire vivre son héri­tière et le polé­miste qui lui fait concur­rence n’est qu’un Macron xéno­phobe qui croit esca­mo­ter la lutte des clas­ses par la haine des musul­mans. Les sou­ve­rai­nis­tes de droite ne com­pren­nent pas qu’il est illu­soire de recréer un capi­ta­lisme natio­nal, le capi­ta­lisme étant devenu inter­na­tio­nal et finan­cier. Florian Philippot s’est défi­ni­ti­ve­ment perdu en deve­nant le gourou de la vague anti­vax...

Les Français ne s’y trom­pent pas et s’abs­tien­nent de plus en plus. Aucun can­di­dat ne leur parle vrai­ment : le libé­ra­lisme économique de la droite et les déli­res socié­taux de la gauche les en écartent. Mais sur­tout, ils savent bien que le pré­si­dent qu’ils élisent, dans le cadre euro­péen actuel pro­fon­dé­ment anti­no­mi­que avec le modèle fran­çais, ne pourra rien faire et se conten­tera d’appli­quer les mêmes poli­ti­ques ordo­li­bé­ra­les en vigueur depuis 38 ans – par­fois de manière bru­tale, comme face aux Gilets Jaunes.

Face aux crises à venir, seul fait sens le pro­téi­forme cou­rant qui va des néo-che­vé­ne­men­tis­tes aux gaul­lis­tes sociaux, les héri­tiers du CNR, qui, je le crois, sont majo­ri­tai­res dans le cœur des Français, mais éclatés.

Les can­di­dats Fabien Roussel et Arnaud Montebourg, que j’appré­cie malgré quel­ques désac­cords secondai­res, vont dans ce sens. C’est la raison pour laquelle je n’ai jamais de mots désa­gréa­bles à leur égard ; je suis convaincu que nous œuvrons dans la même direc­tion. Dommage que les gaul­lis­tes sociaux n’aient aucun repré­sen­tant bien qu’ils soient une force objec­tive réelle. Tout cela serait le socle d’un nou­veau CNR. J’ai plus de dif­fi­cultés avec un Jean-Luc Mélenchon, qui reste un tribun for­mi­da­ble et un grand défen­seur de la jus­tice sociale, mais nous avons trop de diver­gen­ces sur la laï­cité, le nucléaire qu’il veut sup­pri­mer alors que c’est une source d’énergie stra­té­gi­que pour une France sou­ve­raine, le rap­port aux forces de l’ordre, et sur­tout la manière d’affron­ter l’Union euro­péenne.

Pour mener la poli­ti­que que veut une majo­rité de Français, il est indis­pen­sa­ble de rompre avec le carcan euro­péen. C’est la base sine qua non. Je pro­pose de le faire en orga­ni­sant un réfé­ren­dum sur la néces­sité d’affir­mer la supé­rio­rité de la Constitution fran­çaise et de ses textes annexés (Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, préam­bule de la Constitution de 1946 et Charte de l’envi­ron­ne­ment) sur les prin­ci­pes bruxel­lois de concur­rence soi-disant libre et non faus­sée et de libre cir­cu­la­tion des tra­vailleurs, des mar­chan­di­ses, des ser­vi­ces et des capi­taux. Je suis per­suadé que de nom­breux autres pays mem­bres, en Europe du Nord et de l’Est, appuie­ront pour des rai­sons très diver­ses mais concor­dan­tes l’idée d’une limi­ta­tion stricte des pré­ten­tions de l’Union euro­péenne. Mon sou­hait est qu’ensuite, nous cons­trui­sions une Europe des nations et des peu­ples, selon les sou­haits du géné­ral de Gaulle, fondée sur la coo­pé­ra­tion res­pec­tueuse des inté­rêts de chacun.

D’une manière géné­rale, j’incarne l’opposé de ce qu’Emmanuel Macron repré­sente.

Il est euro­péiste et mon­dia­liste ; je défends la sou­ve­rai­neté natio­nale et donc la sortie de cette Union euro­péenne.

Il pri­vi­lé­gie l’oli­gar­chie ; je pri­vi­lé­gie le peuple et la sou­ve­rai­neté popu­laire, c’est-à-dire la démo­cra­tie contre la dic­ta­ture de la finance.

Il pri­vi­lé­gie le Capital sur le tra­vail ; moi, le tra­vail sur le Capital.

Il pri­vi­lé­gie l’indi­vi­dua­lisme, la réus­site du « pre­mier de cordée » ; je pri­vi­lé­gie le bien commun, l’inté­rêt de la Nation.

Il est atlan­tiste ; je suis pour l’indé­pen­dance de la France et donc la sortie de l’OTAN.

Il est influencé par les États-Unis et le modèle com­mu­nau­ta­riste anglo-saxon ; je défends l’uni­ver­sa­lisme répu­bli­cain et l’inté­gra­tion par l’assi­mi­la­tion répu­bli­caine.

Il est pour la pri­va­ti­sa­tion géné­ra­li­sée ; je suis pour la défense des ser­vi­ces publics.

Bref, il incarne le bloc bour­geois ; je suis, moi, un can­di­dat du bloc popu­laire.

Pour les férus d’his­toire romaine, c’est un affron­te­ment entre Optimates et Populares.

Je suis enfin un homme d’expé­rien­ces mul­ti­ples et connais inti­me­ment dif­fé­rents milieux sociaux : je sais ce que signi­fie être ouvrier, servir sous les dra­peaux, ensei­gner, mais aussi tra­vailler comme cadre dans une grande entre­prise, gérer un camp de réfu­giés ou un centre pour sans-abris. Je ne suis pas de ces poli­ti­ques qui ont vécu de la poli­ti­que toute leur vie. Je suis ori­gi­naire d’une famille éduquée mais modeste. Mon père est d’ori­gine you­go­slave, ma mère est Française de Lorraine. Je me suis engagé dans l’huma­ni­taire, au Rwanda, au Congo, au Mali, puis en France, où j’ai œuvré dans un foyer pour sans-abri. J’ai été ensei­gnant et mili­taire, dans la réserve opé­ra­tion­nelle, ce qui m’a conduit à servir notre pays en OPEX en Afghanistan. J’ai affronté des dan­gers directs, et je sais aussi ce que signi­fie être à sec finan­ciè­re­ment le 20 du mois. Je suis spé­cia­liste en géo­po­li­ti­que et j’ai eu la chance de vivre et de tra­vailler dans les deux empi­res entres les­quels de Gaulle avait su faire de la France une nation pivot, les États-Unis d’Amérique et la Russie. Je connais bien l’un comme l’autre de ces pays ; c’est, je crois, un grand plus compte tenu des affron­te­ments géo­po­li­ti­ques en cours et à venir. Cette expé­rience plu­rielle est une force que n’ont pas d’autres can­di­dats.

Par ailleurs, je suis marié et père de trois enfants ; nous for­mons une famille unie et heu­reuse, et la famille est le socle sur lequel on bâtit les choses dura­bles.

Si de meilleurs que moi veu­lent redres­ser le pays, lui rendre son indé­pen­dance et appli­quer les prin­ci­pes du pro­gramme du CNR, sans faux sem­blants et avec une volonté en acier pour agir, je n’aurai aucun pro­blème d’égo à me ranger der­rière eux. Pour le moment, ce n’est pas le cas et je mets toutes mes forces dans la bataille pour obte­nir les 500 signa­tu­res et pou­voir me pré­sen­ter offi­ciel­le­ment.