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Rien ne peut excuser la guerre déclenchée par la Russie

par Jean-François COLLIN, le 25 février 2022

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-* Une invasion injustifiable

La Russie a déclen­ché la guerre contre l’Ukraine jeudi 24 février 2022 au matin.
Cette dic­ta­ture qui exerce le pou­voir au profit d’un petit groupe d’oli­gar­ques mafieux, regrou­pés autour de V. Poutine, chef de cette mafia, en oppri­mant et pillant son peuple et les res­sour­ces du pays, a déclen­ché une guerre et envahi un pays n’ayant commis à son égard aucun acte d’agres­sion. Cette guerre doit être condam­née sans aucune nuance. La Russie doit cesser cette guerre et reti­rer ses trou­pes sans condi­tions.
C’est bien sûr ce que toute per­sonne se récla­mant de la défense des droits humains, de la République, de la sou­ve­rai­neté comme condi­tion de la démo­cra­tie, voire de la Gauche dirait s’il s’agis­sait d’un acte de guerre amé­ri­cain contre un autre État sou­ve­rain. Mais comme il s’agit de la Russie et que mal­heu­reu­se­ment cer­tains « sou­ve­rai­nis­tes » y voient un modèle de défense de la sou­ve­rai­neté contre l’impé­ria­lisme amé­ri­cain les choses sont plus com­pli­quées.
Après avoir consi­déré jusqu’au pre­miers obus tirés contre l’Ukraine que Poutine n’avait aucune inten­tion de déclen­cher la guerre et que les rumeurs lais­sant penser que la menace était réelle n’exis­taient que parce que les Américains et leurs marion­net­tes à tra­vers le monde vou­laient mettre sous pres­sion cette pauvre Russie, les amis de la Russie sont obli­gés de condam­ner timi­de­ment, du bout des lèvres, l’inva­sion de l’Ukraine par la Russie, tout en mon­trant leur com­pré­hen­sion pour l’agres­seur par de très longs dis­cours empreints de consi­dé­ra­tions plus ou moins his­to­ri­ques, à l’instar de ce que V Poutine lui-même a fait à la télé­vi­sion avant de déclen­cher son offen­sive, pour jus­ti­fier l’injus­ti­fia­ble.

Des justifications « historiques » mensongères

V. Poutine a expli­qué à la télé­vi­sion, le 21 février, à la veille de l’inva­sion de l’Ukraine, que tout le pro­blème résul­tait de l’erreur ini­tiale de Lénine res­pon­sa­ble de la créa­tion d’un Etat arti­fi­ciel, l’Ukraine, après la révo­lu­tion bol­che­vi­que, au nom du prin­cipe des natio­na­li­tés. Staline a bien essayé de redres­ser le cap en ne lais­sant à l’Ukraine, comme aux autres Républiques de l’Union sovié­ti­que, qu’une sou­ve­rai­neté limi­tée est pure­ment for­melle, mais il n’a mal­heu­reu­se­ment pas été assez loin. Il aurait fallu pure­ment et sim­ple­ment sup­pri­mer les Républiques socia­lis­tes cen­sées être regrou­pées au sein de l’Union Soviétique. Mais Staline n’a pas osé le faire. Dès lors, dit V. Poutine, le ver était dans le fruit et c’est cette cons­truc­tion incom­plète qui a conduit à l’effon­dre­ment de l’Union sovié­ti­que, en lais­sant vivre des fer­ments natio­na­lis­tes au sein de la grande patrie du socia­lisme réel.

Il n’y a donc aucun pro­blème à bom­bar­der un pays qui n’existe pas vrai­ment, sinon de façon arti­fi­cielle, et à tuer les Ukrainiens qui veu­lent défen­dre leur nation et sa sou­ve­rai­neté.

Se prétendre humilié pour écraser un voisin plus petit

Comme cette jus­ti­fi­ca­tion « his­to­ri­que » peut sem­bler un peu tirée par les che­veux, les amis de la Russie invo­quent une autre jus­ti­fi­ca­tion à l’agres­sion par la Russie de son voisin ; il s’agit de l’humi­lia­tion dont les Occidentaux se seraient rendus cou­pa­bles vis-à-vis de la Russie, notam­ment au tra­vers de l’exten­sion de l’OTAN.
Il est pathé­ti­que de voir reprise à l’envi par une partie de la gauche et la droite et par de mul­ti­ples sites sur les réseaux sociaux la légende de la pauvre Russie mépri­sée, agres­sée, mena­cée par l’OTAN et qui dans un ultime sur­saut pour assu­rer sa survie est obli­gée d’enva­hir l’Ukraine.
L’exten­sion de l’OTAN, après 1991 et l’effon­dre­ment de l’URSS, ne résulte pas essen­tiel­le­ment de la volonté des Américains, mais d’une demande des Européens, spé­ci­fi­que­ment de la Pologne appuyée par l’Allemagne. La Pologne consi­dé­rant que son entrée dans l’Union euro­péenne serait un long chemin et dési­rant béné­fi­cier rapi­de­ment d’une garan­tie occi­den­tale, a fait de son entrée dans l’OTAN un objec­tif essen­tiel dès 1992. L’Allemagne l’a appuyée dans cette voie. L’admi­nis­tra­tion Clinton s’est pro­gres­si­ve­ment rangée à cette orien­ta­tion à partir de 1994. Le prin­cipe de l’élargissement à l’Est a été retenu par les 16 mem­bres de l’OTAN en jan­vier 1994. La France, à l’ori­gine réti­cente, s’est ral­liée à cette pers­pec­tive après l’élection de Jacques Chirac en 1995. Cette ouver­ture de l’OTAN n’était cepen­dant pas incondi­tion­nelle. Un nouvel adhé­rent ne pou­vait être accepté que si tous les mem­bres de l’OTAN don­naient leur accord. Des condi­tions sur le res­pect de la démo­cra­tie et le trai­te­ment des popu­la­tions mino­ri­tai­res était également impo­sées (l’OTAN n’a pas été très regar­dante sur ce sujet dans le passé, accep­tant par exem­ple la Grèce des colo­nels comme adhé­rente en 1951).
Les États-Unis d’Amérique sont moins atta­chés à l’OTAN que ne le sont les Européens. Ils étaient défa­vo­ra­bles à son élargissement au len­de­main de l’effon­dre­ment de l’URSS, car ils n’avaient aucune envie de faire entrer dans cette orga­ni­sa­tion des pays ne dis­po­sant ni d’un appa­reil mili­taire véri­ta­ble­ment effi­cace, ni des capa­ci­tés de le déve­lop­per. Les nou­veaux entrants poten­tiels repré­sen­taient plus à far­deau pour l’OTAN qu’un atout, d’un strict point de vue mili­taire. Le seul inté­rêt de l’élargissement pour les États-Unis, était d’élargir le cercle de ses alliés et clients reconnais­sants et de contrô­ler les vel­léi­tés des Européens de cons­truire une défense auto­nome.
Il faut bien dire qu’il n’est mal­heu­reu­se­ment pas très dif­fi­cile de contrô­ler ces vel­léi­tés et d’éviter qu’elles pros­pè­rent...
Faut-il rap­pe­ler que Donald Trump consi­dé­rait l’OTAN comme une orga­ni­sa­tion obso­lète et nui­si­ble aux Américains (E Macron consi­dère qu’elle est en état de mort céré­brale).
Ignore-t-on que depuis l’admi­nis­tra­tion Obama, les États-Unis sou­hai­tent se désen­ga­ger de l’Europe, pour concen­trer leur force là où se situent de leur point de vue les prin­ci­paux enjeux : l’Asie.
La guerre déclen­chée par Poutine est, de ce point de vue, une mau­vaise nou­velle pour l’Amérique qui une fois encore se voit détour­née de ce qu’elle consi­dère comme ses objec­tifs stra­té­gi­ques prin­ci­paux en Asie et craint que la Chine tente de pro­fi­ter de cette situa­tion pour agir comme le fait Vladimir Poutine.
Le récit de la pro­messe non tenue que répète Vladimir Poutine pour jus­ti­fier sa poli­ti­que inter­na­tio­nale injus­ti­fia­ble est un récit recons­ti­tué a pos­te­riori et pour tout dire une his­toire inven­tée pour jus­ti­fier son com­por­te­ment.
Ce qui a été promis en 1990 par les Américains et l’Allemagne à l’Union sovié­ti­que, qui exis­tait encore, c’est que les forces de l’OTAN ne seraient pas sta­tion­nées dans les Länder orien­taux après la réu­ni­fi­ca­tion alle­mande. Cette pro­messe a été tenue jusqu’à aujourd’hui. À cette époque, il n’était pas ques­tion d’élargissement de l’OTAN, le pacte de Varsovie exis­tait encore. Mikhaïl Gorbatchev lui-même a déclaré que « la ques­tion de l’expan­sion de l’OTAN n’était alors jamais dis­cu­tée... Aucun pays d’Europe de l’Est n’en par­lait même après la dis­so­lu­tion du pacte de Varsovie en 1991. Les diri­geants occi­den­taux non plus n’en par­laient pas ».
Si une telle pro­messe avait été for­mu­lée, on peut penser que la Russie aurait exigé qu’elle soit tra­duite dans un docu­ment endossé par les par­ties en pré­sence. Mais cela n’était de toute façon pas pos­si­ble puis­que l’acte final d’Helsinki de 1975, dont l’Union sovié­ti­que était signa­taire, reconnais­sait à chaque signa­taire « le droit d’être partie ou non à des trai­tés d’alliance ». Quant à la charte de Paris « pour une nou­velle Europe », de novem­bre 1990, également signée par l’Union sovié­ti­que, elle donne à tous ses signa­tai­res la liberté de choi­sir leurs pro­pres arran­ge­ments en matière de sécu­rité.
Vladimir Poutine lui-même a déclaré en Slovénie, à Bled, à l’occa­sion d’un sommet avec les États-Unis que la ques­tion de l’élargissement de l’OTAN ne sau­rait être un obs­ta­cle à la coo­pé­ra­tion bila­té­rale amé­ri­cano-russe.
Quant au dis­po­si­tif mili­taire de l’OTAN, il a été consi­dé­ra­ble­ment réduit de 1990 à 2014. Il n’a été ren­forcé qu’après l’annexion bru­tale, en vio­la­tion du droit inter­na­tio­nal, de la Crimée par la Russie en 2014. Même après ce ren­for­ce­ment, les trou­pes étrangères sta­tion­nées dans la région repré­sen­tent l’équivalent de six bri­ga­des quand les effec­tifs per­ma­nents de la Russie le long de la fron­tière repré­sen­taient une ving­taine de bri­ga­des. Aujourd’hui, plus de 100 000 mili­tai­res russes sont mobi­li­sés, désor­mais en partie sur le sol ukrai­nien.

Fausse identité entre des évènements incomparables

Humilié, Vladimir Poutine serait aussi vic­time de la par­tia­lité de l’opi­nion mani­pu­lée par les Etats-Unis. Il y aurait deux poids deux mesu­res pour juger deux inter­ven­tions de même nature : l’inva­sion de l’Ukraine par la Russie aujourd’hui et l’inter­ven­tion de l’OTAN en ex-Yougoslavie en 1995.
La vérité oblige pour­tant à dire que les deux situa­tions n’ont rien à voir.
S’il n’y avait pas eu une inter­ven­tion russe dans le Donbass en 2014, en même temps que la Russie annexait la Crimée, inter­ven­tion visant à main­te­nir des zones de conflits sur le ter­ri­toire ukrai­nien au tra­vers de ces soi-disant répu­bli­ques auto­pro­cla­mées sou­te­nues par l’armée paral­lèle que cons­ti­tuent les mili­ces russes « Wagner », finan­cées par un oli­gar­que proche de Poutine et armées par les moyens mili­tai­res russes, il n’exis­te­rait pas d’affron­te­ment interne en Ukraine, autres que des com­pé­ti­tions poli­ti­ques clas­si­ques exis­tant dans tout pays à peu près démo­cra­ti­que.
L’uti­li­sa­tion par Poutine de ce que l’on appelle les « conflits gelés » mérite un court déve­lop­pe­ment.
Poutine s’est fait une spé­cia­lité de l’uti­li­sa­tion de mino­ri­tés rus­so­pho­nes dans l’ancien espace sovié­ti­que pour créer des abcès de fixa­tion lui per­met­tant de main­te­nir une pré­sence mili­taire et une influence sur des Etats deve­nus auto­no­mes : Abkhazie et Ossétie du Sud en Géorgie, Transnistrie en Moldavie, avant de créer les répu­bli­ques fan­to­ches de Lougansk et Donetsk en Ukraine.
Le conflit de 2020 entre l’Azerbaïdjan sou­tenu par les Turcs et la répu­bli­que auto­pro­cla­mée du Haut-Karabakh sou­te­nue par l’Arménie, est un bon exem­ple de l’uti­li­sa­tion par la Russie de ces conflits gelés, cette fois même en l’absence de mino­rité rus­so­phone. Après l’échec de la ten­ta­tive du groupe de Minsk d’impo­ser un cessez-le-feu, la guerre s’est ter­mi­née par un accord négo­cié sous l’égide de la Russie qui lui confie le contrôle du cor­ri­dor de Latchin entre l’Arménie et le Haut-Karabagh. Ce conflit aura pro­fité à l’Azerbaïdjan et à la Russie au détri­ment de l’Arménie et de la répu­bli­que auto­pro­cla­mée, dans un contexte d’inca­pa­cité confir­mée de l’Europe à agir.
La situa­tion dans l’ex-Yougoslavie après l’effon­dre­ment de l’Union sovié­ti­que au début des années 1990 n’avait rien à voir avec celle de l’Ukraine en 2022.
L’explo­sion vio­lente de l’ex-Yougoslavie s’est tra­duite par la mul­ti­pli­ca­tion de guer­res sur son ter­ri­toire, en plein cœur de l’Europe, dont les autres pays euro­péens ne pou­vaient pas se désin­té­res­ser, mais qu’ils étaient comme d’habi­tude inca­pa­bles de régler.
La guerre s’est d’abord déve­lop­pée en Bosnie-Herzégovine entre les Serbes, les Bosniaques et les Croates. Georges Bush puis Bill Clinton ne vou­laient pas s’en mêler et consi­dé­raient qu’il reve­nait aux Européens de gérer la crise des Balkans. La France pro­po­sait d’inter­ve­nir en uti­li­sant l’union de l’Europe occi­den­tale. La Grande-Bretagne refu­sait cette solu­tion. Des trou­pes inter­na­tio­na­les furent fina­le­ment envoyées sous l’égide de l’ONU. La guerre sur le ter­ri­toire de l’ex-Yougoslavie et par­ti­cu­liè­re­ment en Bosnie-Herzégovine allait faire plus de 100 000 morts entre 1992 1995. Elle a été mar­quée par de nom­breux crimes de guerre et le mas­sa­cre de Srebrenica fut qua­li­fié de géno­cide par le tri­bu­nal pénal inter­na­tio­nal. L’inter­ven­tion de l’OTAN per­met­tra de mettre fin à la guerre et de signer les accords de Dayton. La réso­lu­tion 1031 du conseil de sécu­rité des Nations unies adop­tées le 15 décem­bre 1995 a trans­féré les opé­ra­tions de paix de l’ONU à l’OTAN et l’a char­gée de mettre en œuvre les aspects mili­tai­res de l’accord de paix. L’IFOR mise en place par l’OTAN com­pre­nait notam­ment un contin­gent russe.
Trois ans plus tard la guerre repre­nait cette fois entre la Serbie et sa pro­vince du Kosovo dans laquelle était appa­rue d’abord une oppo­si­tion démo­cra­ti­que, puis une armée de libé­ra­tion du Kosovo (UCK). La guerre fût d’une grande vio­lence, mar­quée par des exac­tions qui condui­ront à l’inculpa­tion pour crimes de guerre et crimes contre l’huma­nité des diri­geants serbes par le tri­bu­nal pénal inter­na­tio­nal pour l’ex-Yougoslavie. Alors que les négo­cia­tions s’ensa­blaient à Rambouillet, l’OTAN a lancé une cam­pa­gne de bom­bar­de­ment de la Serbie pen­dant 78 jours, sans mandat expli­cite des Nations unies. Cette inter­ven­tion sans mandat de l’orga­ni­sa­tion des Nations unies était condam­na­ble. Elle fut d’ailleurs condam­née, à juste titre, par beau­coup à l’époque. Elle montra une fois encore l’inca­pa­cité des Européens à régler eux-mêmes les ques­tions de sécu­rité qui affec­tent leur ter­ri­toire.
Mais il n’y a rien de commun entre cette inter­ven­tion et la guerre déclen­chée en 2022 par la Russie contre l’Ukraine et les guer­res des Balkans. La guerre de 2014 a été pro­vi­soi­re­ment conclue par l’accord de Minsk II qui pré­voyait notam­ment : un cessez-le-feu à minuit le 15 février 2015, le retrait des armes lour­des de chaque côté de la ligne de cessez-le-feu, la véri­fi­ca­tion du cessez-le-feu, le pardon et l’amnis­tie, l’échange de pri­son­niers, la res­tau­ra­tion des fron­tiè­res de l’Ukraine, le retrait des trou­pes étrangères. De cette simple énumération, chacun pourra tirer les conclu­sions de ce qui a été fait de ce qui ne l’a pas été au cours des huit années pas­sées.
Ce qui a été repro­ché à V Zelensky depuis sa prise de pou­voir c’est plutôt sa trop grande com­plai­sance vis-à-vis de la Russie que son com­por­te­ment pro­vo­ca­teur. Les pro-occi­den­taux lui ont repro­ché de replier les trou­pes ukrai­nien­nes sans contre­par­tie. En octo­bre 2019 des mani­fes­ta­tions ont eu lieu place de Maïdan contre son projet d’auto­no­mie pour le Donbass sépa­ra­tiste. V Zelensky a pour­suivi la poli­ti­que d’échange de pri­son­niers avec les sépa­ra­tis­tes pro-russes du Donbass, incluant dans ses échanges des mem­bres des unités spé­cia­les ayant par­ti­cipé à la répres­sion de la révo­lu­tion de Maïdan, ce qui lui fût beau­coup repro­ché.
On peut ajou­ter que jusqu’au déclen­che­ment de la guerre, l’Allemagne avan­çait de façon déter­mi­née sur la voie de la mise en ser­vice du gazo­duc « Nord Stream 2 » après que Joe Biden a aban­donné l’idée de s’y oppo­ser, sans plus de consi­dé­ra­tion pour la défaite que cela repré­sen­tait pour Zelensky et pour l’Ukraine.
Il ne s’agit pas de décer­ner un brevet de bonne conduite au gou­ver­ne­ment ukrai­nien qui ne le mérite pas à de nom­breux autres égards, mais sim­ple­ment d’expli­quer pour­quoi la guerre déclen­chée par Poutine n’a pas d’autre jus­ti­fi­ca­tion que sa volonté de domi­na­tion régio­nale, de recom­po­si­tion de l’empire russe dimi­nué après l’effon­dre­ment de l’Union sovié­ti­que.

Ne pas mentir sur ce qui se passe

Bien sûr, condam­ner l’inva­sion de l’Ukraine par la Russie ne suf­fira pas à la faire recu­ler et à rendre à l’Ukraine la sou­ve­rai­neté sur son ter­ri­toire natio­nal.
Mais mentir sur ce qui est en cours, dési­gner les bour­reaux comme des vic­ti­mes, trou­ver des excu­ses en fal­si­fiant l’his­toire à ce qui n’est qu’un acte de guerre conduit au mépris de toutes les règles inter­na­tio­na­les, c’est cra­cher sur les Ukrainiens après qu’ils ont été pié­ti­nés par le régime poli­cier russe au nom de la loi du plus fort.
Nous ne pou­vons peut-être pas grand-chose pour aider les ukrai­niens dans leur lutte déses­pé­rée, pro­fon­dé­ment iné­gale, mais nous pou­vons au moins être soli­dai­res de cette lutte, le dire, condam­ner sans appel ceux qui se ren­dent cou­pa­bles de ce crime et ne jamais oublier ce qui se passe en ce moment qui mar­quera la vie de l’Europe cer­tai­ne­ment pour de lon­gues années.

Jean-François Collin
25 février 2022

Messages

  • Le "récit inventé " est validé par les négociateurs occidentaux et par des documents écrits. Quelle serait la logique d’interdire l’extension de L’O.T.A.N en ex—RDA et de l’admettre dans les pays baltes ?!

  • "Cette dic­ta­ture qui exerce le pou­voir au profit d’un petit groupe d’oli­gar­ques mafieux, regrou­pés autour de V. Poutine, chef de cette mafia, en oppri­mant et pillant son peuple et les res­sour­ces du pays, a déclen­ché une guerre et envahi un pays n’ayant commis à son égard aucun acte d’agres­sion."
    Ces poncifs US véhiculés par les médias atlantistes ne pourront pas empêcher le réel d’exister.
    Ce réel quel est-il ?
    C’est l’habituel "Grand Jeu" entre l’Empire Britannique contre l’Empire des tsars qui se déroule depuis le XIX ème siècle. Au XX ème siècle les USA ont remplacé les Britanniques s’appuyant pour cela sur les travaux de Zbigniew Brzezinski, l’un des fondateur de la Trilatérale dans les années 1970 et conseiller de plusieurs présidents "démocrates" des USA : Carter, Clinton, Obama et continuateur des travaux des penseurs-stratèges Halford Mackinder (1861-1947) et Nicholas Spykman (1893-1943)
    L’Ukraine occupe une case extrêmement importante sur l’échiquier eurasiatique, sur la façade sud-ouest du Rimland (nom de la bande constituée par les pays entourant la Russie).Elle constitue l’interface entre la Russie et l’Europe et c’est un point de passage des gazoducs, elle est donc absolument centrale dans les préoccupations des stratèges étatsuniens pour pouvoir isoler et neutraliser la Russie (appelée Heartland).
    Le même Brzezinski écrivait en 1997 dans son ouvrage de géopolitique "Le Grand Échiquier" : "Avec l’Ukraine, la Russie reste un empire, sans elle ne l’est plus".
    En 2014, Maïdan et le renversement du président élu, organisés par les USA et leurs vassaux européens, constituent une étape supplémentaire de la mise en oeuvre de la doctrine Bzrezinski et représentent la cause de la réaction violente de la Russie menacée.
    Honnêtement, croyez-vous que les USA laisseraient s’installer une présence militaire menaçante au Mexique ou au Canada, même si ces deux pays souverains donnaient leur accord à ladite puissance ?
    La réponse est dans la question !
    L’avancée continue de l’OTAN (comprendre des USA !) vers les frontières de la Russie est l’unique cause des violences actuelles, comme ce fut déjà le cas en Géorgie en 2008.
    Ignorer la géopolitique conduit à des erreurs d’analyses pour in fine induire en erreur l’opinion publique en relayant, sans en faire l’examen critique, les thèses du pays qui domine et veut encore dominer le monde.
    Pour les personnes intéressées par ce sujet, je recommande vivement la lecture du livre de Christian Greiling "Le Grand Jeu" ainsi que son blog intitulé "Les chroniques du Grand Jeu".

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