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Grand remplacement ?

mercredi 18 janvier 2023, par Denis COLLIN

Employer le terme « grand remplacement » peut vous valoir de nos jours un billet direct pour l’enfer. Depuis que Renaud Camus, écrivain par ailleurs estimable, l’a mis dans le débat public, quiconque l’emploie est traité de « fasciste » et de « nazi ». Il me semble pourtant qu’il y a une réflexion à mener si on veut remettre un peu de raison et sortir des positions caricaturales.

Toutes sortes de chiffres sont mis en circulation pour déterminer si, oui ou non, nous avons affaire à une invasion migratoire qui vise à remplacer la population française. Il y avait 3 millions d’étrangers en 1930 et aujourd’hui 5,1 millions quand la population totale est passée de 40 millions à 67 millions d’habitants. Au fond il y a donc une certaine stabilité. Ce qui change est facile à saisir : les étrangers en France jusqu’aux années 1960 étaient massivement italiens, espagnols, portugais ou polonais (des Européens catholiques). La population étrangère vivant en France aujourd’hui est d’abord algérienne, marocaine, puis portugaise, tunisienne et italienne. Ce qui a changé, c’est évidemment l’importance de la population étrangère maghrébine, de confession musulmane, à laquelle il faut ajouter les étrangers originaires d’Afrique noire (Mali, Sénégal, par exemple). Aux étrangers, il faut ajouter les immigrés français, c’est-à-dire nés à l’étranger mais ayant obtenu la nationalité française selon l’une des modalités d’obtention de la nationalité prévue dans le Code civil.

Disons les choses clairement : ce qui gêne les « grand-remplacistes », c’est la couleur de peau de ces étrangers. Mais hier, ils se plaignaient aussi des « ritals », des « portos », des « polaks »… On a envie de dire « rien de nouveau sous le soleil » ! Racisme et xénophobie sont des maux qui affligent toutes les nations et tous les groupes humains, et, aujourd’hui, ce mal est plutôt moindre qu’hier, n’en déplaise tous ceux qui crient « au fascisme ». Quand on a un certain âge (comme l’auteur de ces lignes) on peut mesurer combien la France « profonde » est bien moins raciste aujourd’hui qu’hier.

On me rétorquera que les immigrés d’aujourd’hui s’intègrent moins bien que ceux d’hier. C’est parfaitement inexact. Il y a eu jadis des pogroms contre les Italiens dans le Midi de la France. Les Polonais étaient dès l’école marqués comme « polaks » et en même temps entretenaient jalousement leurs traditions. Aujourd’hui, les Maghrébins réussissent à l’école mieux que les Français issus de parents et de grands-parents français à classe sociale équivalente et pour beaucoup d’entre eux « l’ascenseur social » fonctionne encore. Leurs parents étaient OS ou ouvriers du bâtiment et eux se retrouvent dans l’informatique, les banques ou le commerce. Pas tous, certes, mais considérez le destin scolaire des enfants issus de Français de la même condition sociale et on verra aisément qu’il n’y pas de « racisme systémique » en France – il y a du racisme, pesant, mais plus résiduel que systémique.
Alors, tout va très bien, Madame la Marquise ? Non. Je ne fais pas partie du camp des béats de gauche. Il y a plusieurs choses qui vont très mal et menacent de faire exploser le pays.

En premier lieu, la persistance et l’aggravation de la ghettoïsation. Les « territoires perdus de la République » se sont étendus. Les métropoles, voulues par nos élites, aboutissent à la concentration des populations par origine ethnique ou religieuse. La Seine-Saint-Denis, c’est le grand Paris ! Le Mirail à Toulouse, c’est la grande métropole toulousaine. Notons que, dès qu’ils ont acquis un minimum d’aisance, les immigrés fuient ces territoires et n’hésitent pas à utiliser tous les subterfuges classiques pour que leurs enfants ne se retrouvent pas dans des écoles et des collèges de ZEP. Il faudrait une politique anti-ghetto active qui passe par le logement et l’emploi et par une répression sérieuse avec les moyens adéquats de l’emprise des mafias de trafiquants qui pourrissent les « quartiers ». Sarkozy avait promis de nettoyer ces quartiers « au karcher ». On attend toujours.

En second lieu, l’emprise croissante de l’islam, accompagnée d’un clientélisme des politiciens, et pas seulement ceux de la LFI. Il faut séparer, une bonne fois pour toutes, les musulmans qui peuvent pratiquer la religion de leur choix tant qu’ils ne troublent pas l’ordre public, de l’entreprise politique d’un islamisme conquérant, soutenu par les monarchies pétrolières et en premier lieu nos « amis » qataris, qui ont pénétré les milieux musulmans français par toutes sortes d’associations « charitables » qui leur assurent un contrôle réel sur les populations. Il est nécessaire d’avoir des actions judiciaires et policières contre les semeurs de haine : pour un imam expulsé… par les Belges, combien continuent tranquillement se semer la mauvaise parole ? Mais il faut aussi tout simplement ne pas céder, ne pas baisser les bras, dire « NON », « non » quand des jeunes écervelés empêchent les cours sur les « sujets sensibles » (histoire, philosophie, littérature, SVT), « non » aux harceleurs en ville et sur les réseaux, « non » au « décolonialisme » purement raciste propagé par certains milieux d’extrême gauche. Reprendre la main à l’école est la première des tâches, ce qui inclut la discipline avec sanctions exécutées réellement (y compris suppression des allocations familiales pour les parents qui ne tiennent pas leurs enfants), reprendre la main avec l’exigence scolaire en général et sans doute, pour régler tous les problèmes de « signes extérieurs », si non un uniforme, du moins un code vestimentaire évitera les excès et les extravagances en tous genres.

Enfin, le plus important, c’est de nous ressaisir comme nation. Cesser de remplacer les hommes par des machines, cesser de remplacer les emplois en France par des emplois en Chine ou ailleurs. Rapatrier l’industrie chez nous ! Cesser de nous américaniser en parlant l’américain à tout bout de champs, en rappelant que le français est la langue de la république (voir constitution) et que les élites devraient donner l’exemple. Pourquoi faut-il de plus en plus souvent parler anglais (c’est-à-dire yankee) dans des entreprises françaises en France ? Nous ne pourrons « intégrer » ou « assimiler » les nouveaux-venus que si nous refaisons nation, c’est-à-dire si renouvelons ce contrat qui nous lie et nous constitue comme une « communauté de vie et de destin ». Si nous savons clairement qui nous sommes, nous pourrons être accueillants. Les zemmouristes ne sont pas patriotes, mais des défaitistes qui ont déjà jeté le manche avec la cognée. La république sociale seule peut refaire ce pays menacé qui est le nôtre.
Le 18 janvier 2023

Messages

  • Merci pour ce texte, qui vise juste et bien. Reste à en mesurer et assumer les conséquences pratiques. Pas de France sans un Etat souverain, c’est "le cadet de mes doutes" en politique. Mais quels Français sont prêts à relever le défi d’un Etat encore souverain, qui ne soit pas vassalisé à des intérêts étrangers et défende encore un projet salutaire ?
    La nation française ne peut exister que de deux façons : en conquérant, ou en subsistant. Mais pour quoi dire, mieux ou autrement que les autres nations ? Voilà LE problème qui glisse entre les discours politiques comme le savon entre les mains. Autour de quoi se tisse un lien social, en France ? Il n’y a pas de réponse-miracle à ce problème des fondations politiques. Mais il n’y a pas de discours politique qui vaille la peine sans se le demander.
    La France n’est rien ? Rien ne vaut la France.

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