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Le scandale des E3C (suite)

par Marie-Pierre FRONDZIAK, le 28 février 2020

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Revenons à nouveau sur les EC3. Pour rappel, ce sigle signifie « Épreuves communes de contrôle continu », c’est-à-dire les épreuves d’histoire-géographie et les deux langues vivantes. On pourrait penser que ces E3C ne représentent qu’un petit problème, pas vraiment digne d’intérêt. Pourtant, elles sont révélatrices de la manière dont fonctionne notre gouvernement.

Dans l’arti­cle pré­cé­dent, j’avais rap­pelé à quel point les ensei­gnants y étaient oppo­sés, non pas pour leur confort, mais parce que ces épreuves met­tent gra­ve­ment en cause l’égalité de trai­te­ment des élèves sur le ter­ri­toire. Cela sans comp­ter le stress quasi per­ma­nent pour les élèves pen­dant deux ans.

Donc depuis deux ans, les ensei­gnants, en tout cas leurs syn­di­cats, se bat­tent contre cette réforme par­ti­cu­liè­re­ment inique du lycée et du bac­ca­lau­réat. Un cer­tain nombre de lycéens s’y oppo­sent également. Ils ont passé beau­coup de temps à aler­ter le minis­tère sur les consé­quen­ces néfas­tes pour les élèves de cette réforme hâtive. Le minis­tère de l’Éducation a pré­tendu que cette réforme avait reçu l’appro­ba­tion des pro­fes­seurs, lors d’une consul­ta­tion qui aurait était faite au début de l’année 2018. On serait bien curieux de savoir com­bien d’ensei­gnants ont vrai­ment été consul­tés et de connaî­tre les résul­tats réels.

Mais là n’est pas la ques­tion aujourd’hui. En effet, qu’avons-nous entendu ces der­niers jours ? L’INSPECTION GÉNÉRALE de L’Éducation natio­nale, c’est-à-dire ce qu’il y a de plus élevé dans la hié­rar­chie au niveau péda­go­gi­que, l’Inspection géné­rale donc émet des cri­ti­ques en repre­nant, à peu de choses près, ce que les ensei­gnants dénon­cent depuis deux ans !!! L’Inspection géné­rale remar­que que, même si parents et élèves appré­cient le contrôle continu, car les résul­tats de l’année sont pris en compte, ces épreuves sont quand même vécues comme, je cite, « un élément de com­plexité exces­sive », qui met­tent les élèves « cons­tam­ment sous la pres­sion de l’évaluation. »

Les pro­vi­seurs ont par ailleurs l’impres­sion « d’orga­ni­ser en continu des exa­mens ». Enfin, cette réforme avait été « vendue » pour faire des économies. Or ce nou­veau bac­ca­lau­réat entraîne « pour l’ins­ti­tu­tion un sur­coût énorme pour un ren­de­ment faible ». Là, on se pince, non ?

Comme d’habi­tude, on n’écoute pas ceux qui sont sur le ter­rain, qui ont l’expé­rience, qui savent ce qu’il en est. On pré­fère les mépri­ser.
À moins que cela, et c’est sans doute le cas, ne soit que la « meilleure » manière qu’ils aient trou­vée de déman­te­ler l’éducation natio­nale, comme ils ont décidé de casser tous les ser­vi­ces publics au profit d’offi­ci­nes pri­vées.

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