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La Valse à trois temps des puissants

par Jacques COTTA, le 15 mai 2020

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En France comme dans d’autres pays, les gou­ver­nants se veu­lent mélo­ma­nes. Le déconfi­ne­ment laisse enten­dre la petite musi­que qu’ils ont com­po­sée et dont ils comp­tent main­te­nant nous abreu­ver. Nous voyons aujourd’hui clai­re­ment com­ment les stra­té­gies ont été agen­cées.

  • Premier temps : affolement.

La pan­dé­mie est venue frap­per alors que le pou­voir fran­çais, comme d’autres à tra­vers le monde, était en grande dif­fi­culté. Emmanuel Macron et sa majo­rité fai­saient face à une crise sociale sans pré­cé­dent, allant des Gilets jaunes aux mobi­li­sa­tions sur les retrai­tes, met­tant en branle tous les sec­teurs de la société.

Il fal­lait alors alar­mer, inquié­ter, détour­ner l’atten­tion. Des pseu­dos experts scien­ti­fi­ques aux décla­ra­tions les plus contra­dic­toi­res des gou­ver­nants, des propos les plus alar­mis­tes aux incom­pé­ten­ces notoi­res, tout l’arse­nal a de fait été mis à contri­bu­tion. [1]

La peur, très mau­vaise conseillère en géné­ral pour ceux qui la subis­sent, a été pro­pa­gée. C’est ainsi que le confi­ne­ment a eu un cer­tain « succès », basé sur l’auto dis­ci­pline, l’obéis­sance, anti­cham­bre de la ser­vi­lité et de la ser­vi­tude volon­taire.

Le choc social a donc été momen­ta­né­ment dif­féré.

Ce qui est vrai en France ne l’est pas moins à l’exté­rieur. Au Liban, en Irak, au Chili, en Equateur, à Hong Kong,… même situa­tion, même réac­tion, mêmes effets.

  • Deuxième temps : Répression.

Là encore nous avons déjà ana­lysé les pro­ces­sus mis en oeuvre par le gou­ver­ne­ment, tou­jours sur la base de la peur dif­fu­sée au quo­ti­dien.

Les fran­çais trai­tés comme des enfants ont eu à subir ouka­ses, ordres, appel à l’obéis­sance contre toute ten­ta­tive de s’en remet­tre à leur intel­li­gence.

La loi d’urgence sani­taire, dont le contenu recoupe une série de nou­vel­les régres­sions socia­les, illus­tre la poli­ti­que gou­ver­ne­men­tale. Dés lors, indé­pen­dam­ment de la réa­lité du virus, l’ins­tru­men­ta­li­sa­tion que le gou­ver­ne­ment en fait est totale. Le Covid 19 appa­rait comme un allié objec­tif de la Macronie et de sa poli­ti­que.

  • Troisième temps : Exploitation.

Le MEDEF avait donné le « la ». Il faut recréer la plus-value, remet­tre la France au tra­vail, non pour faire autre­ment, mais pour faire comme avant, et plus, et plus fort, et plus vite encore.

L’Union euro­péenne avait donné le tempo avec des prêts dont l’inté­rêt pre­mier serait une mise au pas des peu­ples obli­gés de trimer pour rem­bour­ser.

Et le gou­ver­ne­ment fran­çais réci­tait la par­ti­tion, pré­pa­rant d’ailleurs l’avenir avec des déci­sions qui nous font bas­cu­ler de fait dans un sys­tème qui n’a plus grand chose à voir avec une répu­bli­que démo­cra­ti­que. Jamais l’auto­ri­ta­risme n’aura été aussi ins­crit dans le mode de fonc­tion­ne­ment de la 5ème répu­bli­que. [2]

La loi Avia votée au par­le­ment en fait la ter­ri­ble démons­tra­tion. Sur injonc­tion de la police, indé­pen­dam­ment d’un quel­conque contrôle judi­ciaire, les GAFAS ou autres opé­ra­teurs privés seront amenés à sup­pri­mer sous les 24h des comp­tes sur les réseaux sociaux, à muse­ler comme jamais la liberté d’expres­sion. Officiellement il s’agit de com­bat­tre les propos « offen­sants » ou propos de « haine ». Mais qui déci­dera s’il y a offense ou haine ? Une telle loi, prise au détour de l’état d’urgence sani­taire, nous plonge dans les affres d’une dic­ta­ture qui ne dit pas son nom.
Il suf­fira en effet de déplaire au régime, au gou­ver­ne­ment, au pou­voir, où à telle ou telle per­son­na­lité pour que la langue nous soit coupée.

Plus que jamais sans doute, alors que la marche des évènements fait ter­ri­ble­ment penser aux heures les plus som­bres de notre pays pour ses liber­tés, tous ceux qui demeu­rent atta­chés aux prin­ci­pes répu­bli­cains — et il s’agit de l’immense majo­rité — ne devraient-ils pas parler ensem­ble, d’une voix com­mune, unir leurs forces, et faire enten­dre leur répro­ba­tion contre le retour en arrière qui nous est imposé ?

Jacques Cotta
Le 15 mai 2020


[1On pourra se référer sur notre site à une série de papiers dont « La démission de Macron » à l’adresse suivante https://la-sociale.online/spip.php?article384.

[2Nous avons déjà abordé ce sujet ici, notamment avec « Etat d’urgence sanitaire prolongé, libertés amputées », qu’on retrouvera à l’adresse https://www.la-sociale.online/spip.php?article413. Mais un cran vient d’être franchi.

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