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La preuve par le football

ou comment l’union européenne détruit les nations

par Etienne TARRIDE, le 9 mai 2019

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Aujourd’hui, la « ligue des cham­pions » est une com­pé­ti­tion Européenne qui réunit les meilleu­res équipes de chacun des cham­pion­nats natio­naux. Y sont enga­gés les vain­queurs de tous les cham­pion­nats Européens, Russie et Turquie com­pri­ses plus une, deux ou trois équipes selon le clas­se­ment Européen de cha­cune des nations. Seule est auto­ma­ti­que­ment qua­li­fiée pour la ligue des cham­pions de l’année sui­vante l’équipe qui gagne la com­pé­ti­tion.

Pour pren­dre l’exem­ple fran­çais, des clubs comme Auxerre, Lens ou Montpellier ont par­ti­cipé à la ligue des cham­pions. Parmi les plus gran­des per­for­man­ces réa­li­sées par des clubs fran­çais, on compte celles de Reims et de Saint Etienne.

A comp­ter de 2014, l’UEFA ( Union Européenne de Football ) pro­pose que la com­pé­ti­tion soit réor­ga­ni­sée autour de 32 Clubs Européens dont 24 seront auto­ma­ti­que­ment qua­li­fiées pour la saison sui­vante. L’objec­tif est évidemment que les plus grands clubs qui sont aussi les plus riches et peu­vent recru­ter les joueurs les plus chers par­ti­ci­pent tous les ans à ce qui devien­dra un cham­pion­nat Européen . En revan­che, l’accès sera très limité pour les clubs plus modes­tes même de grands pays et pour les cham­pions des « peti­tes nations », Chypre, Malte, Luxembourg, Slovénie et d’autres.

Par ailleurs, les cham­pion­nats Nationaux per­dront une grande partie de leur inté­rêt, de leurs spec­ta­teurs et d’impor­tan­tes recet­tes publi­ci­tai­res ou de droits télé­vi­sion.
Le foot­ball Européen pas­sera ainsi de l’Europe des Nations ce qu’il est aujourd’hui à l’Europe inté­grée ce qu’il sera demain.

Il est plus qu’évident que ce sont les gran­des puis­san­ces finan­ciè­res mon­dia­les qui pro­po­sent cette réforme. Les puis­san­ces finan­ciè­res qui sou­tien­nent les grands clubs enten­dent que leur inves­tis­se­ment soit ren­ta­ble et que des joueurs ache­tés à grand prix et tou­chant des salai­res énormes ne soient plus astreints à des matchs de sous-pré­fec­ture ou papa peut emme­ner son fiston pour un prix rai­son­na­ble.

Si les ins­tan­ces natio­na­les ne se bat­tent pas becs et ongles pour défen­dre les clubs de villes moyen­nes dont, soit dit en en pas­sant, les cen­tres de for­ma­tion jouent un rôle social indé­nia­ble, l’affaire sera bien­tôt plié et l’Europe inté­grée ins­tal­lée en foot­ball comme dans bien d’autres domai­nes.