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Sur les traités européens : être précis

par Denis COLLIN, le 4 avril 2019

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Peut-on dire que les trai­tés euro­péens sont sans légi­ti­mité démo­cra­ti­que ? Au sens strict non. Ils ont été adop­tés selon les pro­cé­du­res léga­les et en tant que trai­tés ils sont natu­rel­le­ment au sommet de la pyra­mide des normes.

Si on pense, et je le pense, que ces trai­tés sont néfas­tes, il faut les révi­ser ou les dénon­cer et le dire clai­re­ment. Dire clai­re­ment quels trai­tés on dénonce (par exem­ple : Lisbonne, Amsterdam, Maastricht ou le traité de Rome) ou quels trai­tés on veut révi­ser et com­ment. Le flou des sou­ve­rai­nis­tes sur ces ques­tions permet cer­tai­ne­ment d’expli­quer (par­tiel­le­ment) leur émiettement et leur peu de succès électoral.

Je fais une pro­po­si­tion : pour rega­gner de la liberté, la pre­mière condi­tion est de sortir du carcan dis­ci­pli­naire qu’est l’euro. Revenir à la mon­naie natio­nale en gar­dant une mon­naie com­mune (on pour­rait très bien avoir une double cir­cu­la­tion moné­taire). Cette idée pour­rait être sou­te­nue par nos cou­sins médi­ter­ra­néens qui y trou­ve­raient eux aussi beau­coup d’avan­ta­ges. Et cela ne défri­se­rait pas tous les pays d’Europe qui ne sont pas dans l’euro et s’en por­tent plutôt pas plus mal.

Par ailleurs, il serait inté­res­sant de faire la liste des mesu­res prises par nos gou­ver­ne­ments ces der­niè­res années au nom de la dis­ci­pline de l’UE alors que la dis­ci­pline de l’UE ne l’exige nul­le­ment : ni la pri­va­ti­sa­tion des auto­rou­tes, ni celle des aéro­ports, ni la vente à la découpe d’Alstom aux Américains ne sont dans les trai­tés. Ici c’est la "ser­vi­tude volon­taire" des gou­ver­ne­ments de traî­tres et de col­la­bos qu’il faut mettre en cause.