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Macron, la « souveraineté européenne » contre la souveraineté nationale…

… Ou comment sa politique vise à liquider la Nation au compte des intérêts financiers qu’il représente.

par Jacques COTTA, le 8 mars 2019

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Alors qu’il conti­nue de battre les estra­des au nom d’un « grand débat » d’enfu­mage qui n’a d’autre but que de démo­ra­li­ser les Gilets jaunes et jouer l’usure d’un mou­ve­ment social qui pour­tant touche la société dans une pro­fon­deur telle qu’il resur­gira plus fort encore à la moin­dre occa­sion, Emmanuel Macron est mis en cause pour la manoeu­vre qui consiste à saisir tous les moyens média­ti­ques pour sa propre pro­mo­tion. C’est un fait indis­cu­ta­ble et c’est au compte d’argu­ments précis qui expri­ment le contenu de sa poli­ti­que dans la pers­pec­tive notam­ment de l’acte 2 d’enfu­mage que cons­ti­tue­ront les élections euro­péen­nes que le Président de la République conti­nue son show.
Emmanuel Macron vise la des­truc­tion de la Nation. Dans sa décla­ra­tion concer­nant l’Europe, il prône la « sou­ve­rai­neté euro­péenne » et ne dit mot de ce qui nous concerne, la sou­ve­rai­neté natio­nale. L’Europe, c’est à dire sa cons­truc­tion poli­ti­que actuelle, l’Union Européenne, contre la Nation, contre la France, voilà son axe. Position aussi absurde que pure­ment idéo­lo­gi­que. Car si cela a un sens d’évoquer et de com­bat­tre pour la sou­ve­rai­neté natio­nale ou sou­ve­rai­neté popu­laire, car il existe un peuple fran­çais, l’absence d’un peuple euro­péen fait de la « sou­ve­rai­neté euro­péenne » un argu­ment de poids pour démon­trer sa haine de la Nation, mais en rien une pers­pec­tive poli­ti­que réa­li­sa­ble.

Ce qu’Emmanuel Macron ne dit pas, c’est que sa sou­ve­rai­neté euro­péenne n’est que le terme qui cache le pou­voir exercé par des struc­tu­res supra­na­tio­na­les au compte du capi­tal finan­cier telles l’UE ou la BCE. Evidemment ce pou­voir trouve sur sa voie la résis­tance des Nations qu’il faut donc défaire.

Et pour défaire les Nations, la cible dési­gnée par le capi­tal finan­cier est la pro­duc­tion, les moyens de l’indé­pen­dance natio­nale, de la sou­ve­rai­neté. C’est ainsi qu’il faut com­pren­dre notam­ment les vagues suc­ces­si­ves de fer­me­tu­res qui sur tout le ter­ri­toire natio­nal vise l’indus­trie fran­çaise : l’acié­rie d’Asocial à Saint-Saulve dans le Nord, l’usine de papier sécu­risé de Jouy sur Morin en Seine et Marne, la fon­de­rie du Poitou, l’usine Ford, GM&S, l’usine Luxfer à Gerzat dans le Puy de Dôme, PSA à Hérimoncourt dans le Doubs…

Outre la Nation elle-elle-même qui est ainsi visée par la loi du profit et du moin­dre coût sala­rial pos­si­ble, ce sont des cen­tai­nes d’ouvriers et de cadres qui ne pour­ront sans doute plus finir le mois, se retrou­vant sans emploi.

Dans ce domaine aussi Emmanuel Macron met des bou­chées dou­bles, accé­lé­rant par ses posi­tions le pro­ces­sus engagé par la mon­dia­li­sa­tion capi­ta­liste. L’indus­trie fran­çaise repré­sen­tait encore il y a une dizaine d’années 22% du PIB natio­nal. Aujourd’hui elle est tombée à 11% envi­ron alors qu’en Allemagne la part de l’indus­trie est de 20,3% du PIB.

Avec l’euro­péisme béat qui anime Macron -certes il n’est pas seul, mais à la dif­fé­rence d’autres il est à la tête de l’état- ce sont les moyens de la France de pro­té­ger son indus­trie que le capi­tal et les ins­tan­ces supra­na­tio­na­les, par la natio­na­li­sa­tion notam­ment, par le contrôle des inves­tis­se­ments, veu­lent anéan­tir. C’est donc notre indé­pen­dance natio­nale, les moyens de notre sou­ve­rai­neté, qui sont direc­te­ment atta­qués.

Avec l’indus­trie, la poli­ti­que de Macron trouve aussi son illus­tra­tion dans les pri­va­ti­sa­tions tous azi­muts, les der­niers pro­jets en date concer­nant l’ADP, une aubaine pour des inves­tis­seurs privés qui atten­dent peu pour faire la culbute, comme avec la revente de l’aéro­port de Toulouse par exem­ple. Là encore, c’est notre indé­pen­dance, notre sou­ve­rai­neté qui sont direc­te­ment atta­quées…

Le mou­ve­ment des Gilets jaunes a mis entre autre au coeur de ses reven­di­ca­tions la ques­tion du pou­voir d’achat, de la réforme fis­cale, des ser­vi­ces publics, de la répar­ti­tion des riches­ses… Avec une rapi­dité pour le moins sur­pre­nante, il est passé des « taxes » et du coup de l’énergie à toutes les ques­tions qui nous concer­nent col­lec­ti­ve­ment et qui met­tent au centre le combat pour la sou­ve­rai­neté et la jus­tice sociale. ADP est son affaire comme doit le rede­ve­nir le combat pour la natio­na­li­sa­tion par exem­ple des auto­rou­tes…

On com­prend alors l’impor­tance de la cam­pa­gne qui est menée contre la pri­va­ti­sa­tion d’ADP… Et l’impor­tance des réac­tions enre­gis­trées, notam­ment les signa­tu­res mas­si­ves sur l’appel qui a été lancé pour s’oppo­ser à cette pri­va­ti­sa­tion…