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Manifeste en défense de la démocratie et de l’Etat de droit au Brésil

par LA SOCIALE, le 8 janvier 2018

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Chers citoyens du monde,

En atten­tion à la cam­pa­gne inter­na­tio­nale qui dénonce la mani­pu­la­tion poli­ti­que et juri­di­que que se pra­ti­quent au Brésil depuis plus d’un an et de l’immi­nence d’une condam­na­tion juri­di­que de Lula (Luiz Inácio Lula da Silva) avec des fina­li­tés poli­ti­ques clai­res, et encore malgré les dif­fé­ren­ces de com­pré­hen­sion poli­ti­que sur le rôle de Lula dans la poli­ti­que bré­si­lienne actuelle, je vous envoie un des mani­fes­tes qui ont été pro­duits à l’étranger pour que ceux qui parmi vous soi­gnent d’accord pour le signer qui le fasse. La datte du juge­ment a été fixée pour le 24 jan­vier pro­chain. Devant la fra­gi­lité de ce que les juges de l’opé­ra­tion Lave Jacte ont « trouvé » dans le cas de Lula, ils disent sans aucune pudeur qu’ils n’ont « pas de preu­ves », mais qu’ils ont « des convic­tions ». Ce qui est en jeu c’est l’ins­tau­ra­tion de ne pas avoir besoin de preu­ves – et de la pré­somp­tion d’inno­cence - pour condam­ner n’importe quel citoyen, c’est-à-dire le préa­la­ble mini­mum d’une démo­cra­tie même si a peine for­melle et élitiste !

Le néo­li­bé­ra­lisme a eu la vertu d’uni­fier, plus que jamais, les drames, les tra­gé­dies, mais aussi les espoirs de l’huma­nité. De cette manière et dû au fait que ce pro­ces­sus n’est pas exclu­sif au Brésil, il semble être per­ti­nent - que si vous êtes d’accord avec ce rai­son­ne­ment -, de signer ce mani­feste. Ainsi, le fai­sant, pré­ve­nez-moi pour que je puisse confir­mer à Marilza de Mélo Foucher, économiste et jour­na­liste (col­la­bo­ra­trice entre autres de Mediapart) Brésilienne qui habite en France depuis long­temps, qui est une des per­son­nes qui s’est char­gée d’orga­ni­ser ce sous­si­gné en Europe.

Fraternellement,

Jorge Nóvoa, Professor TITULAR UFBA

La ten­ta­tive pour fixer au 24 jan­vier, soit en un temps record, la date du juge­ment en appel du procès de Lula n’a rien de légal. Il s’agit d’un pur acte de per­sé­cu­tion poli­ti­que du leader le plus popu­laire du pays. Le recours à ce moyen vicié, inter­ve­nir dans le pro­ces­sus électoral, a lieu car le coup qu’a cons­ti­tué l’impeach­ment de Dilma Rousseff n’a pas pro­duit un régime poli­ti­que de sta­bi­lité conser­va­trice sur le long terme.

La stra­té­gie actuel­le­ment, après avoir éloigné Dilma de la Présidence de la République, est de démo­lir le code du tra­vail, mena­cer la sécu­rité sociale, pri­va­ti­ser la Petrobras, Electrobras et les ban­ques publi­ques, et aban­don­ner une poli­ti­que exté­rieure digne et active.

La réforme du code du tra­vail et le pla­fond des dépen­ses publi­ques n’ont pas attiré les inves­tis­se­ments étrangers promis, qui auraient pu sou­te­nir, en 2018, la cam­pa­gne électorale d’un gou­ver­ne­ment aligné au néo­li­bé­ra­lisme. Devant l’impo­pu­la­rité des poli­ti­ques menées, ces sec­teurs n’ont pour l’ins­tant pas réussi à cons­truire une can­di­da­ture viable à la pré­si­dence de la République.

Lula monte dans les son­da­ges dans tous les scé­na­rios de pre­mier et second tour. Il peut même gagner au pre­mier tour. Un scé­na­rio de vic­toire de Lula signi­fie­rait l’échec du coup d’Etat, et ren­drait pos­si­ble un nou­veau cycle poli­ti­que.

De ce fait, pour empê­cher la can­di­da­ture de Lula, tout est bon : condam­na­tion au tri­bu­nal de Porto Alegre, ins­ti­tu­tion du semi-par­le­men­ta­risme ou même repous­ser les élections. Rien n’est écarté. Ces actions sont l’arse­nal mal­fai­sant de forces poli­ti­ques qui mépri­sent la démo­cra­tie.

Une per­sé­cu­tion tota­le­ment poli­ti­que, que ne sera vain­cue que sur le ter­rain de la poli­ti­que. Plus qu’un pro­blème tac­ti­que ou électoral, la vic­toire ou la défaite dans ce combat aura des consé­quence stra­té­gi­ques et de long terme.

Le Brésil est à un moment de croi­sée des che­mins : ou bien nous res­tau­rons les droits sociaux et l’Etat démo­cra­ti­que de Droit, ou bien nous serons vain­cus et nous assis­te­rons à l’ins­tal­la­tion défi­ni­tive d’une société de capi­ta­lisme déré­gulé, fondée sur la surex­ploi­ta­tion des tra­vailleurs. Ce type de société a besoin d’un Etat doté d’ins­tru­ments d’Exception pour répri­mer les uni­ver­si­tés, les intel­lec­tuels, les tra­vailleurs, les femmes, la jeu­nesse, les pau­vres, les noirs. Réprimer, enfin, tous les exploi­tés et oppri­més qui se sou­lè­ve­raient contre le nou­veau sys­tème.

La ques­tion de la per­sé­cu­tion de Lula ne concerne donc pas seu­le­ment le PT ou la gauche, mais tous les citoyens bré­si­liens. Comme jamais aupa­ra­vant dans les com­bats de notre géné­ra­tion, ce qui est en jeu aujourd’hui est l’avenir de la démo­cra­tie.

VOUS POUVEZ SIGNER LE MANIFESTE DANS LE LIEN qui suit ou sim­ple­ment me confir­mer votre signa­ture :

https://www.change.org/p/socie­dade-bra­si­leira-em-defesa-do-direito-de-lula-ser-can­di­dato-a-pre­si­dente-do-brasil.