Accueil > Actualité > Les gilets jaunes, l’austérité, ou quand la gauche bobo vient à la rescousse (...)

Les gilets jaunes, l’austérité, ou quand la gauche bobo vient à la rescousse de Macron ...

par Jacques COTTA, le 20 novembre 2018

Enregistrer au format PDF

Le géo­gra­phe Christophe Guilluy exprime à mer­veille la frac­ture poli­ti­que, sociale et spa­tiale qui se creuse depuis 30 ans et qui est révé­lée par le mou­ve­ment des gilets jaunes. C’est « la france péri­phé­ri­que » qui ne peut plus s’en sortir, ne peut plus se nour­rir, se chauf­fer, se loger, se soi­gner… et main­te­nant se dépla­cer qui occupe les ronds-points et que Christophe Castaner, au nom du gou­ver­ne­ment Macron-Philippe, vou­drait nous cacher en fai­sant évacuer les mani­fes­tants par les forces de police.

Evidemment der­rière la ques­tion sociale l’enjeu est poli­ti­que.

Il s’agit de la remise en cause par des cen­tai­nes de mil­liers, au compte de la majo­rité du peuple fran­çais, de la poli­ti­que aus­té­ri­taire dictée par l’union euro­péenne qu’Emmanuel Macron met en musi­que lorsqu’il ne la devance pas.

Pour le public, les argu­ments les plus absur­des sont relayés. Il y en a deux prin­ci­paux :

 le souci écologique.
Mais la voi­ture électrique pré­co­ni­sée est tout aussi pol­luante que les voi­tu­res à essence ou gasoil. Et l’invi­ta­tion « ils n’ont plus les moyens de l’essence, qu’ils rou­lent à l’électricité » res­sem­ble curieu­se­ment à cette répli­que prêtée à Marie-Antoinette à la veille de 1789, « il n’ont plus de pain, qu’ils man­gent de la brio­che ».
On connait la suite.

 les "mani­fes­ta­tions racis­tes".
Si elles ne peu­vent être tolé­rées, l’argu­ment tente de réduire ce mou­ve­ment à quel­ques exac­tions pour en gommer la réa­lité poli­ti­que et sociale.

Et les cari­ca­tu­res fleu­ris­sent. Le peuple est laid. Il est bête. Il est égoïste. Il défie l’avenir en niant la qua­lité de vie. Il ne pense pas, ou il pense mal. En fait il fau­drait chan­ger le peuple.
Le mépris des ouvriers, des plus fai­bles bat son plein.
Tout cela exprime une évolution de la société dans laquelle une frange s’est enri­chie, vit sans dif­fi­culté, et consi­dère sur le fond qu’il ne faut sur­tout pas que les pau­vres vien­nent pol­luer leur envi­ron­ne­ment. Nous sommes dans l’héri­tage d’une cer­taine « gauche », celle qui durant plus de 20 ans depuis 1981 a gou­verné, en mon­trant son inca­pa­cité à répon­dre aux pro­blè­mes -dont la ques­tion écologique à la mode aujourd’hui- qui se trouve prompte à faire la morale à ceux qui sont en train de crever.

Cette gauche bobo, cette « uper middle class » a le mérite d’expri­mer en toute clarté qu’il n’existe pour l’avenir aucune pers­pec­tive, aucune issue de ce côté là. Aujourd’hui au nom de la raison, de l’élévation de 2° de la tem­pé­ra­ture, ils s’oppo­sent à une majo­rité de nos conci­toyens en leur conseillant de rester à leur place sans « salir » le pay­sage.
Cela est détes­ta­ble.

C’est de façon assez remar­qua­ble la France du NON de 2005 qui se mani­feste. Cette France majo­ri­taire qui remet à l’ordre du jour cette simple réa­lité, moteur de l’his­toire, qui se nomme « lutte des clas­ses » et qui contraint de fait chacun à se déter­mi­ner dans la défense d’une classe, ou de l’autre.
En d’autres temps, l’injonc­tion aurait été "Choisis ton camp cama­rade... A moins que cela ne soit en réa­lité déjà fait".