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L’état d’urgence, à quand la fin ?

par Jacques COTTA, le 15 avril 2021

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Dans la tra­di­tion du « en même temps », Emmanuel Macron qui dit une chose et son contraire s’était engagé lors de sa der­nière inter­ven­tion à une reprise de la vie nor­male d’ici la mi mai. Nous trou­vant confi­nés par­tiel­le­ment ou tota­le­ment, ou sous couvre feu, ou les deux à la fois depuis plus d’un an, la décla­ra­tion pré­si­den­tielle qui annon­çait la sortie du tunnel devait donc signi­fier en toute logi­que que les argu­ments qui jus­ti­fiaient notre enfer­me­ment étaient dépas­sés.

Evidemment il n’en n’est rien

Une semaine seu­le­ment après son inter­ven­tion les médias una­ni­mes repre­naient le ton alar­miste dont ils sont cou­tu­miers pour annon­cer l’arri­vée d’un nou­veau variant, bré­si­lien celui-là. Il serait "dévas­ta­teur" nous dit-on, "insen­si­ble aux vac­cins", annon­cia­teur avant même sa pro­pa­ga­tion d’une "qua­trième vague plus dure" encore que les pré­cé­den­tes…

Du coup les spé­cu­la­tions vont bon train sur les mesu­res qui nous atten­dent. Evidemment, pour ne pas sem­bler se déju­ger trop vite, Macron dans un souci de « Com, Manip et Propagande » annon­cera qu’il est atten­tif à « un véri­ta­ble plan de déconfi­ne­ment », pen­dant que les comi­tés créés à cet effet — conseil de défense, comité d’experts médi­caux, comi­tés Théodule variés… — appel­le­ront à ren­for­cer tou­jours plus les « mesu­res de pré­cau­tion », c’est à dire res­trein­dre nos liber­tés, nos droits, atten­tant de fait à notre démo­cra­tie.

Nous avons déjà décrit ici à de mul­ti­ples repri­ses le béné­fice poli­ti­que que nos gou­ver­nants peu­vent tirer d’une telle situa­tion. En même temps que cela leur permet de ne pas abor­der les véri­ta­bles sujets dont ils por­tent la res­pon­sa­bi­lité —manque de moyens hos­pi­ta­liers, fer­me­tu­res de lits, pagaille dans la vac­ci­na­tion, absur­dité dans la poli­ti­que de tests… — cela permet de res­trein­dre tou­jours plus les liber­tés, dont celle de se réunir, de débat­tre, de mani­fes­ter, et donc d’entra­ver toute oppo­si­tion aux mesu­res qui ne vont pas man­quer. Dans la foulée de l’Union euro­péenne et du FMI, Bercy, Matignon et l’Elysée ont déjà annoncé qu’il faudra passer à la caisse et pour cela pio­cher sinon tout de suite dans les économies épargnées par les par­ti­cu­liers, du moins dans les régi­mes sociaux tels l’assu­rance chô­mage, les retrai­tes et la sécu­rité sociale.

Cela n’est pas une surprise

Dés lors qui porte la res­pon­sa­bi­lité d’une situa­tion qui va de mal en pis ? Ou encore, qui s’aligne sur un fata­lisme mor­ti­fère, comme si en fait rien d’autre n’était pos­si­ble que l’enfer­me­ment et les contrain­tes tou­jours plus impor­tan­tes qui ampu­tent nos liber­tés et dimi­nuent nos droits ?

Peu à peu, l’état d’urgence qui devait n’être qu’un mau­vais moment à passer devient per­ma­nent. Soit il est pro­rogé sans fin, soit une fois levé les mesu­res d’excep­tion qui le défi­nis­sent sont ins­cri­tes dans la loi cou­rante sans que nul ne semble s’en offus­quer. Mais qui porte en réa­lité la res­pon­sa­bi­lité sinon ceux qui devraient se lever au nom de nos liber­tés et qui demeu­rent cou­chés, ser­vi­les, mas­qués ?

Il y a 5 ans nous étions six, regrou­pés autour de notre site "La sociale", à pren­dre l’ini­tia­tive de la bataille pour que se cons­ti­tue un Front Unique pour la levée de l’état d’urgence. Très vite nous avions été dépas­sés puisqu’en quel­ques semai­nes un appel était contre­si­gné par plus de dix milles tra­vailleurs, jeunes, retrai­tés, etc… Un mois après la sortie de notre appel, un mee­ting pour sauver « Nos Libertés pié­ti­nées » se tenait à Paris ras­sem­blant 1500 par­ti­ci­pants. La diver­sité des ora­teurs et le nombre indi­quaient que malgré les diver­gen­ces sur une ques­tion ou une autre, la volonté de sauver les liber­tés en exi­geant le retrait de l’état d’urgence était majo­ri­taire et ne deman­dait qu’à s’expri­mer.

Aujourd’hui les citoyens n’en peu­vent plus, ni de la situa­tion elle-même, ni de cette rési­gna­tion dictée par en haut. Tous, partis, syn­di­cats, asso­cia­tions, blogs, tous, atta­chés à sauver nos liber­tés, tous, tout en étant atten­tifs à ne pas pro­pa­ger le virus et à com­bat­tre ce qu’on nomme la « pan­dé­mie », tous devrions nous enga­ger à nou­veau dans une large Front Unique pour la levée de l’état d’urgence, pour nos liber­tés retrou­vées.

A la sociale, nous y sommes prêts.

Jacques Cotta
Le 15 avril 2021

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