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L’abstention n’est pas le silence

par Jean-François COLLIN, le 23 juin 2021

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Le 20 juin, il n’y a eu que des per­dants. Un urgent chan­ge­ment de régime poli­ti­que.

Il n’y a pas de vain­queurs des élections dépar­te­men­ta­les et régio­na­les du 20 juin, car nul ne peut se pré­va­loir d’un résul­tat obtenu alors que pres­que 67 % des électeurs n’ont pas voté (69,15% en Île-de-France, 70,38 % dans le Grand Est, 75,78 % en Seine-Saint-Denis…), soit 30 mil­lions sur 47,7 mil­lions d’électeurs ins­crits. Mais il y a de nom­breux per­dants.

Les per­dants du 20 juin

On a beau­coup dit que la démo­cra­tie était la pre­mière vic­time de ce scru­tin. En vérité, cette défaite est bien anté­rieure à ce scru­tin qui n’a fait que la révé­ler. Et puis, l’abs­ten­tion est aussi une forme d’expres­sion poli­ti­que, nous y revien­drons.

Le pre­mier per­dant est Emmanuel Macron qui a voulu pour­sui­vre son entre­prise de des­truc­tion des partis poli­ti­ques « du vieux monde », comme on disait à LREM, pour impo­ser son propre mou­ve­ment, un mou­ve­ment sans ancrage dans le pays, sans his­toire et sans pro­gramme. Le résul­tat obtenu dépasse ses espé­ran­ces puisqu’il a réussi non seu­le­ment à accé­lé­rer la décom­po­si­tion des partis tra­di­tion­nels de droite et de gauche, mais également à infli­ger une cui­sante défaite à son propre mou­ve­ment qui n’avait, il est vrai, jamais réussi à exis­ter réel­le­ment après l’élection pré­si­den­tielle de 2017.

Il a fait dis­pa­raî­tre « en même temps » la droite, la gauche et le centre. En effet, tous les com­men­tai­res sur le ren­for­ce­ment après cette élection des Républicains, des Socialistes ou des Écologistes ne repo­sent que sur l’aveu­gle­ment ou la mau­vaise foi, car jamais ces partis n’ont repré­senté une part aussi faible du corps électoral.

Il n’est vrai­ment pas cer­tain que la démo­cra­tie en sorte ren­for­cée, mais ce n’était peut-être pas le prin­ci­pal objec­tif d’E. Macron.

L’autre mau­vaise nou­velle pour le Président de la République est la mau­vaise forme électorale du Rassemblement National qui, malgré des mois de matra­quage pour nous convain­cre de sa pro­gres­sion inexo­ra­ble, de ses succès électoraux à venir et de la menace fas­ciste pla­nant sur le pays, réa­lise une remar­qua­ble contre-per­for­mance. C’est ennuyeux pour celui qui déployait tous ses efforts pour que la pro­chaine élection pré­si­den­tielle se passe entre lui et Marine Le Pen.

Les seconds grands per­dants sont les ins­ti­tuts de son­dage. Ils se sont trom­pés une fois de plus, mais cette fois on ne peut même plus parler d’erreurs mais de déroute tant l’écart entre leurs pré­vi­sions et la réa­lité est consi­dé­ra­ble. Tous don­naient le Rassemblement National lar­ge­ment en tête dans une majo­rité de régions ; on a vu ce qu’il en était. Les succès annon­cés du parti du pré­si­dent dans cer­tai­nes régions rele­vaient également de la pure et simple intoxi­ca­tion.

Aucun res­pon­sa­ble d’ins­ti­tut de son­dage n’est venu pré­sen­ter ses excu­ses, pas plus qu’il n’a rem­boursé ses com­man­di­tai­res.

Après avoir rapi­de­ment relevé l’impor­tance de l’écart entre la réa­lité et les pro­nos­tics des son­deurs, les com­men­ta­teurs ne se sont pas appe­san­tis sur leur incom­pé­tence, voire sur le rôle très cri­ti­qua­ble qu’ils jouent dans la démo­cra­tie et dès le len­de­main les com­men­tai­res autour de… nou­veaux son­da­ges ont repris, sans la moin­dre pré­cau­tion de lan­gage. C’est ainsi que Le Monde ren­dait compte lon­gue­ment dans son édition du 21 juin, d’une ana­lyse socio­lo­gi­que des abs­ten­tion­nis­tes réa­li­sée sur la base de… son­da­ges effec­tués avant les scru­tins du 20 juin, en leur accor­dant un crédit absolu. Il faut bien que les jour­na­lis­tes et les son­deurs conti­nuent à vivre malgré l’adver­sité.

Les éditorialistes et les jour­na­lis­tes par­lent depuis diman­che de l’écart entre les son­da­ges et les résul­tats effec­tifs des scru­tins, non pas pour mettre en cause cet auxi­liaire dou­teux de « la science poli­ti­que », mais pour essayer d’expli­quer l’écart entre les excel­lents pro­nos­tics dont ils dis­po­saient et le mau­vais com­por­te­ment des électeurs.

Ainsi se pour­sui­vent, comme si de rien n’était, les bavar­da­ges sur les per­son­na­li­tés pré­fé­rées des Français, selon les son­deurs bien sûr ; voilà qu’appa­raît Édouard Philippe à côté de Nicolas Hulot, mais cela n’empê­che pas les mêmes son­deurs de penser que Marine Le Pen a encore toutes ses chan­ces.

D’ailleurs, toute la vie poli­ti­que tourne désor­mais autour de l’élection dans la région PACA dont mani­fes­te­ment dépend le sort du pays, élection qui oppose un trans­fuge des Républicains, Thierry Mariani qui ne s’est pas remis de n’avoir jamais été nommé minis­tre par Sarkozy, à Renaud Muselier un grand homme qui a long­temps servi Jean-Claude Gaudin, une réfé­rence, avant de se pré­sen­ter contre lui et d’être battu et de perdre ensuite de nom­breu­ses autres élections.

L’abs­ten­tion­niste voilà l’ennemi

Les com­men­tai­res les plus enten­dus depuis le 20 juin déplo­rent l’abs­ten­tion­nisme, le manque de mobi­li­sa­tion des électeurs, leur indif­fé­rence dan­ge­reuse pour la démo­cra­tie. Les expli­ca­tions les plus extra­va­gan­tes sont mobi­li­sées pour expli­quer cette abs­ten­tion : la levée des contrain­tes grâces à l’amé­lio­ra­tion de la situa­tion sani­taire aurait pré­ci­pité les Français dans des loi­sirs cou­pa­bles ; ou à l’inverse la crainte du virus, tou­jours actif, aurait éloigné les autres des urnes ; les jeunes n’y com­pren­draient rien et auraient besoin qu’on s’adresse à eux dans un nou­veau lan­gage puis­que la « gram­maire poli­ti­que » aurait changé, selon E Macron. Les jour­na­lis­tes s’étonnent de l’abs­ten­tion devant une « offre poli­ti­que » aussi impor­tante (11 listes en Île-de-France) sans se deman­der si cette ana­lyse de la vie poli­ti­que en termes de marché met­tant en concur­rence des pro­duits très sem­bla­bles malgré les étiquettes n’était pas une partie du pro­blème.

En réa­lité, il y avait de bonnes rai­sons pour s’abs­te­nir aux élections dépar­te­men­ta­les et régio­na­les.

La réforme des régions de François Hollande

François Hollande a pro­cédé en 2014 à une réforme des régions fran­çai­ses tota­le­ment absurde, sans autre jus­ti­fi­ca­tion que la soi-disant néces­sité d’avoir de gran­des régions pour qu’elles soient com­pé­ti­ti­ves en Europe. Peu importe les moyens dont dis­po­sent ces régions pour agir, les com­pé­ten­ces réel­les qu’elles exer­cent, la capa­cité de leurs ser­vi­ces admi­nis­tra­tifs et le sou­tien dont elles béné­fi­cient ou pas dans la popu­la­tion, ce qui compte c’est la taille ! Les régions fran­çai­ses doi­vent pou­voir être com­pa­rées aux Länder alle­mands, pour­tant sou­vent moins étendus et moins peu­plés que les régions fran­çai­ses, ce qui ne les empê­che pas de mieux réus­sir. Le Président de la République d’alors a des­siné hâti­ve­ment, sur un coin de table, les fron­tiè­res des nou­vel­les régions. Certaines, ont acquis une super­fi­cie consi­dé­ra­ble comme la Nouvelle Aquitaine, mais cette nou­velle géo­gra­phie admi­nis­tra­tive ne cor­res­pond pas à la réa­lité économique, his­to­ri­que ou à la vie des Français qui y vivent. En revan­che, la Bretagne a été main­te­nue dans ses limi­tes ancien­nes par ce que le M. Le Drian, minis­tre hier et aujourd’hui, y a veillé.

Bref on voit que tout cela pro­cé­dait d’un projet mûre­ment réflé­chi et d’une stra­té­gie solide.

Je n’ai entendu aucune voix de res­pon­sa­ble poli­ti­que de la majo­rité s’élever contre cette absur­dité lorsqu’elle pou­vait encore être évitée.

Le résul­tat de cette réforme a été un grand désor­dre admi­nis­tra­tif. Un récent rap­port de la Cour des Comptes établit d’ailleurs que loin d’avoir permis des économies, la réforme a coûté de l’argent aux contri­bua­bles sans amé­lio­rer l’effi­ca­cité de l’admi­nis­tra­tion régio­nale. Les ser­vi­ces de l’État dont les effec­tifs sont réduits avec cons­tance, sont écartelés sur des ter­ri­toi­res trop grands. Leurs res­pon­sa­bles pas­sent leur vie en voi­ture plutôt qu’à tra­vailler. Les régions qui n’étaient déjà que modé­ré­ment un échelon de proxi­mité sont deve­nues des auto­ri­tés pres­que aussi loin­tai­nes que l’État. Les pré­si­den­tes et pré­si­dents de région sont satis­faits de régner sur de vastes ter­ri­toi­res qu’en réa­lité ils ne gou­ver­nent pas. Ils n’ont pas les moyens de leurs com­pé­ten­ces en matière de déve­lop­pe­ment économique, ceux-ci res­tent dans les mains de l’État (pour ce qu’il en reste) et leur auto­no­mie fis­cale et bud­gé­taire est stric­te­ment enca­drée par l’État. La for­ma­tion pro­fes­sion­nelle reste lar­ge­ment contrô­lée par l’État, sur­tout après le vote de la loi de 2018. Les régions finan­cent les bâti­ments des lycées mais n’ont rien à dire sur ce qui se passe dans leurs murs. Il n’y a guère que dans le domaine des trans­ports qu’elles dis­po­sent d’une influence réelle, même si celle-ci reste par­ta­gée. Leurs com­pé­ten­ces sont essen­tiel­le­ment décla­ma­toi­res et s’expri­ment par la pro­duc­tion d’un grand nombre de docu­ments de pla­ni­fi­ca­tion stra­té­gi­que par­fai­te­ment inconnus du commun des mor­tels.

Le dépar­te­ment qui devait dis­pa­raî­tre à l’occa­sion de cette grande réforme des régions voulue par François Hollande ont montré une fois de plus leur capa­cité de résis­tance (il y a sûre­ment de bonnes rai­sons à cela), même si le mode d’élection des conseillers dépar­te­men­taux a été modi­fié et rendu lui aussi incom­pré­hen­si­ble.

Tout cela a été com­plété par la créa­tion des métro­po­les, une nou­velle caté­go­rie de col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­ria­les s’ajou­tant aux com­mu­nes, aux com­mu­nau­tés de com­mu­nes, aux agglo­mé­ra­tions, aux nom­breux syn­di­cats. L’admi­nis­tra­tion du pays est deve­nue incom­pré­hen­si­ble pour beau­coup de nos conci­toyens, même assez bien infor­més.

Pourquoi un tel désor­dre ? Parce que les mesu­res de décen­tra­li­sa­tion suc­ces­si­ves n’ont pas été prises pas pour ren­for­cer la démo­cra­tie mais trop sou­vent pour débar­ras­ser l’État de com­pé­ten­ces qu’il ne par­ve­nait plus à assu­mer. Mais en même temps, l’État veut conti­nuer à contrô­ler les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­ria­les et à brider leur action. Au lieu d’une répar­ti­tion claire des com­pé­ten­ces règne « le par­te­na­riat » qui génère la mul­ti­pli­ca­tion de « contrats » en tout genre entre l’État et les col­lec­ti­vi­tés, contrats qua­li­fiés depuis long­temps par le juge admi­nis­tra­tif de « pseudo-contrats », ce qui veut dire en fran­çais qu’ils n’enga­gent à rien. Tout cela crée une irres­pon­sa­bi­lité géné­ra­li­sée et une para­ly­sie par­ti­cu­liè­re­ment sen­si­ble dans les ins­ti­tu­tions de l’État.

Ce tableau trop rapi­de­ment dressé, qui n’est hélas pas une cari­ca­ture, suf­fi­rait à jus­ti­fier l’abs­ten­tion mas­sive des citoyens en atten­dant que l’on en revienne à une orga­ni­sa­tion ration­nelle et com­pré­hen­si­ble, en un mot démo­cra­ti­que.

Une ten­ta­tive ratée de pré­pa­ra­tion de l’élection pré­si­den­tielle

Il faut y ajou­ter le fait que le pré­si­dent de la répu­bli­que, suivi par les com­men­ta­teurs, a voulu faire de ces scru­tins locaux une élection natio­nale pré­pa­rant le ter­rain à l’élection pré­si­den­tielle.

Il a mobi­lisé nombre de ses minis­tres pour cela. Plus ils étaient nom­breux sur les listes régio­na­les plus celles-ci ont enre­gis­tré de mau­vais résul­tats.

Répondant sur le même ter­rain, un cer­tain nombre de can­di­dats ont fait de l’élection régio­nale un tour de chauffe pour l’élection pré­si­den­tielle, comme Xavier Bertrand.

Le ras­sem­ble­ment natio­nal y a vu l’occa­sion d’affir­mer sa posi­tion sur l’échiquier électoral avant l’élection de 2022, d’autant plus que tous les son­da­ges lui pré­di­saient que cette fois c’était la bonne (c’est un effet béné­fi­que de ces son­da­ges mys­ti­fi­ca­teurs mais il n’est pas sûr que ce soit déli­béré).

Tous en ont été pour leurs frais. Les électeurs leur ont tourné le dos ce qui n’est pas for­cé­ment une preuve de leur irres­pon­sa­bi­lité ou de leur imma­tu­rité. Peut-être ont-ils tout sim­ple­ment voulu dire qu’aucun de ces can­di­dats ne les repré­sen­tait.

Il suf­fi­sait d’ailleurs de lire les pro­fes­sions de foi pour cons­ta­ter que sous l’étiquette la mar­chan­dise n’était pas si dif­fé­rente à droite et à gauche.

La tête de liste « la République en marche » en Île-de-France pla­çait en tête de ses pro­po­si­tions « la créa­tion d’une police régio­nale dotée immé­dia­te­ment de 500 fonc­tion­nai­res et des moyens néces­sai­res ». Peu importe que cela ne soit pas une com­pé­tence régio­nale, que le foi­son­ne­ment des poli­ces muni­ci­pa­les à côté de la police natio­nale soit déjà un pro­blème. Le reste de son pro­gramme était aussi sérieux, il s’agis­sait pour­tant du rap­por­teur géné­ral de la com­mis­sion des finan­ces de l’Assemblée Nationale. Il a fait un très mau­vais score. Mais Valérie Pécresse ne disait pas autre chose en affi­chant la sécu­rité comme sa pre­mière préoc­cu­pa­tion, comme le Rassemblement National, natu­rel­le­ment.

À gauche, il s’agis­sait de s’affir­mer comme le can­di­dat le plus écologiste et le plus géné­reux : trans­ports en commun gra­tuits (on aime­rait déjà qu’ils fonc­tion­nent), pro­messe de finan­ce­ment de nom­breu­ses dépen­ses socia­les rele­vant de l’État ou du dépar­te­ment. En revan­che, aucune pro­po­si­tion pour modi­fier une situa­tion dans laquelle 80 % des emplois en Île-de-France sont concen­trés sur moins de 10 % du ter­ri­toire, ce qui expli­que lar­ge­ment les pro­blè­mes de trans­port et en partie la flam­bée des prix du loge­ment et les mau­vai­ses condi­tions de vie dans la région.

Les citoyens ne sont pas pour autant sans res­pon­sa­bi­li­tés

Les pro­gram­mes de la pres­que tota­lité des can­di­dats à ces scru­tins régio­naux témoi­gnaient de l’abais­se­ment de la poli­ti­que. Ils ne pro­po­sent pas un projet, mais une série de mesu­res cen­sées répon­dre aux atten­tes des dif­fé­rents seg­ments de ce qu’ils consi­dè­rent comme leur électorat poten­tiel. Le mot d’ordre est : « Votez pour moi, je m’occupe de tout ! ». La confron­ta­tion poli­ti­que n’est plus celle des idées et des pro­gram­mes pour ras­sem­bler des citoyens, mais un marché sur lequel des ven­deurs de solu­tions ten­tent de convain­cre des ache­teurs, le temps d’un scru­tin. Ce pro­ces­sus d’infan­ti­li­sa­tion est engagé depuis long­temps. Il est ali­menté par le mythe de l’homme pro­vi­den­tiel ranimé à chaque élection pré­si­den­tielle, pour nous faire croire que de l’élection d’un homme dépend notre bon­heur. Mais le pro­blème de la consom­ma­tion, quel que soit le pro­duit consommé, c’est qu’on finit par être ras­sa­sié et même par­fois par être pris de nau­sées. Cela vaut pour la poli­ti­que comme pour le cho­co­lat. Cette fois, les consom­ma­teurs ont mas­si­ve­ment refusé de consom­mer.

Dans une démo­cra­tie vivante, les res­pon­sa­bles poli­ti­ques ne sont pas là pour régler les pro­blè­mes à la place des citoyens, mais pour par­ti­ci­per à la vie démo­cra­ti­que, contri­buer à l’orga­ni­sa­tion de la déli­bé­ra­tion col­lec­tive, à la prise de déci­sion en faveur de l’inté­rêt géné­ral. Ils n’exer­cent pas un métier, il y a des fonc­tion­nai­res pour cela qui doi­vent mettre en œuvre leurs direc­ti­ves. Ils rem­plis­sent une fonc­tion comme citoyens parmi les citoyens.

La démo­cra­tie ne peut pas vivre sans partis et syn­di­cats vivants, n’en déplaise à tous ceux qui prê­chent depuis des années le dépas­se­ment des partis et des cli­va­ges poli­ti­ques. Nous les avons dépas­sés pour nous trou­ver dans une impasse.

Il faut hâter la réforme pro­fonde de nos ins­ti­tu­tions, en finir avec le pré­si­den­tia­lisme de la Vème République qui a pro­longé la survie des partis poli­ti­ques dits « de gou­ver­ne­ment » avant de les broyer les uns après les autres.

Les citoyens ont exprimé leur désap­pro­ba­tion de plu­sieurs maniè­res ; cette fois-ci par l’abs­ten­tion. Mais nous irons de mal en pis s’ils ne trou­vent pas de nou­veaux moyens col­lec­tifs leur per­met­tant de s’enga­ger dans la vie publi­que et de peser sur son cours.

Jean-François Collin

22 juin 2021