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Ces impayables socialistes !

par Jean-Louis ERNIS, le 28 mars 2022

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Depuis le tour­nant de la rigueur de 1983, nous sommes édifiés quant au fond poli­ti­que des socia­lis­tes.
Au fil du temps, le parti du poing et de la rose est passé à la sociale démo­cra­tie avec Jospin pour abou­tir au social libé­ra­lisme avec Hollande.
Mais peut-être par naï­veté, des citoyens espè­rent tou­jours un sur­saut huma­niste quand la confiance en cer­tains élus (es) existe encore.
Hélas, il faut se résou­dre au fait que la défense de l’inté­rêt géné­ral au parti socia­liste a dis­paru avec la rue de Solférino.
Le quo­ti­dien régio­nal Paris-Normandie, dans sa livrée du 12 mars informe de la déci­sion et même de l’ambi­tion de l’Institut catho­li­que de Paris (ICP) d’ouvrir un campus à Rouen.
De prime abord, l’infor­ma­tion étonne car la Normandie est dotée de trois Universités, Rouen – Caen – Le Havre.
Mais, selon un res­pon­sa­ble de l’ICP, il y a un manque d’offres dans le supé­rieur en Normandie.
Alors, pour­quoi l’Etat n’a-t-il pas remé­dié à cette insuf­fi­sance ?
On peut rendre res­pon­sa­ble l’actuel gou­ver­ne­ment.
On peut aussi remon­ter jusqu’au quin­quen­nat de Sarkozy et se rap­pe­ler l’atti­tude de la minis­tre des Universités de l’époque, Valérie Pécresse, qui avait fait appel aux fonds privés pour abon­der les bud­gets des Universités.
Mais ce cons­tat serait insuf­fi­sant si on n’y ajou­tait pas le posi­tion­ne­ment de l’actuel maire de Rouen, Président de la Métropole, Nicolas Mayer-Rossignol.
On était en droit d’espé­rer que cet élu socia­liste voie d’un mau­vais œil l’arri­vée sur le ter­ri­toire nor­mand d’un ins­ti­tut privé. Peine perdue.
Le Président de la Métropole rouen­naise fit part de sa satis­fac­tion en pré­ci­sant « c’est une excel­lente nou­velle …… » « La région perd des étudiants, donc si on peut faire en sorte que les jeunes rouen­nais res­tent à Rouen …… nous sommes prêts à sou­te­nir toutes les ini­tia­ti­ves »
Visiblement esto­ma­qué, le jour­na­liste insista « Même privée ? » « Oui (répon­dit le pré­si­dent) car l’Institut catho­li­que de Paris est un établissement reconnu qui a fait ses preu­ves »
Et, comme pour jus­ti­fier son enga­ge­ment, l’élu socia­liste indi­qua, qu’à sa demande, la Métropole avait voté une enve­loppe de 55 mil­lions d’€ de sou­tien à l’ensei­gne­ment supé­rieur et à la recher­che dans son ensem­ble.
Sans donner plus de détails !
A cela, il faut ajou­ter un mon­tant de 11 mil­lions d’€ finan­cés à parité avec la Région - pré­si­dée par Hervé Morin (Centriste) sou­tien de Pécresse - pour effec­tuer des tra­vaux d’amé­na­ge­ment des locaux afin accueillir le campus rouen­nais de l’Institut catho­li­que de Paris.
Que sont deve­nues les valeurs de gauche en matière d’égalité des chan­ces de tout citoyen devant le savoir ? Que sont deve­nues les valeurs de laï­cité dans l’ensei­gne­ment ?
Bien évidemment, le « ticket d’entrée » dans un établissement privé reli­gieux n’est pas le même que dans un établissement public. L’arti­cle pré­cise que les droits d’ins­crip­tion annuels varient de 3.000 € à 7.000 € par an en fonc­tion du revenu des famil­les, soit dix fois plus cher que dans une Université publi­que !
Mais pré­cise l’un des repré­sen­tants de l’ICP : « Notre taux de réus­site dépasse les 90 % »
Ainsi, les étudiants nor­mands seront placés devant un dilemme :
  Soit renon­cer à des études bien trop coû­teu­ses, les met­tant en infé­rio­rité par rap­port aux étudiants de l’Université privée catho­li­que
  Soit opter pour l’établissement privé, mais les obli­geant à tra­vailler en paral­lèle de leurs études, pour faire face à ce coût exor­bi­tant.
Comment com­pren­dre l’atti­tude du maire de Rouen ?
  Ignore-t-il la dégra­da­tion des condi­tions socia­les de mil­liers d’étudiants en France ?
  Ignore-t-il que des asso­cia­tions cari­ta­ti­ves ont dû se créer pour ins­tal­ler sur les campus des ban­ques ali­men­tai­res ?
  Ignore-t-il que cer­tains étudiants et étudiantes sont pous­sés à l’extrême, comme se pros­ti­tuer pour finan­cer leurs études ?
Rappelons que c’est à Rouen que Anne Hidalgo a lancé sa cam­pa­gne pour la pré­si­den­tielle, accom­pa­gnée de Nicolas Mayer-Rossignol, maire socia­liste de Rouen.

Oui, vrai­ment, ces socia­lis­tes sont impaya­bles !

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