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Marseille, c’est la France !

par Jacques COTTA, le 1er octobre 2020

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Le der­nier épisode du masque ayant pour scène prin­ci­pale Marseille et Aix en Provence et pour acteurs Olivier Veran, Jean Castex et Emmanuel Macron, a sus­cité une véri­ta­ble bronca venant de cou­ches jusque là silen­cieu­ses venues gon­fler les rangs d’oppo­sants à un gou­ver­ne­ment que plus per­sonne ne com­prend. Ainsi, patrons de bars ou de res­tau­rants dont un grand nombre risque de dis­pa­rai­tre font enten­dre leur voix en arbo­rant dans la rue des fumi­gè­nes qu’on avait peu cou­tume de voir dans leurs mains.

Les expli­ca­tions don­nées par des com­men­ta­teurs appa­rem­ment com­pré­hen­sifs et jusque là pru­dents pour ne pas dire timo­rés dans leurs cri­ti­ques envers le pou­voir revien­nent en fait à camou­fler les res­pon­sa­bi­li­tés pro­fon­des du gou­ver­ne­ment et de sa poli­ti­que.

Le gou­ver­ne­ment aurait « oublié de consul­ter, malgré les enga­ge­ments pris dans ce sens » nous dit-on. C’est le jaco­bi­nisme qui serait la cause du mal, la cen­tra­li­sa­tion, l’état en tant que tel, et en fin de compte la nation. L’essen­tiel est ainsi évacué, car au coeur ne se trouve pas la méthode, mais le contenu d’une poli­ti­que qui ne peut géné­rer qu’injus­ti­ces et drames humains. Le pro­blème n’est pas prin­ci­pa­le­ment l’état, sa cen­tra­li­sa­tion, le fait qu’existe une poli­ti­que de santé natio­nale et non régio­nale, mais la poli­ti­que mise en oeuvre, notam­ment la poli­ti­que de santé, le sort réservé aux ser­vi­ces publics, l’orien­ta­tion qui domine à la tête de l’état et s’impose à toute la nation.

C’est donc le fond qu’il faut regar­der avec atten­tion.

La poli­ti­que menée par Emmanuel Macron au compte des gran­des puis­san­ces finan­ciè­res ne peut géné­rer que misère avec les cor­tè­ges de licen­cie­ments qui s’annon­cent. La pau­vreté a fait une percée sans pré­cé­dent dans les der­niers mois, et tous les spé­cia­lis­tes s’atten­dent à un nou­veau rebond avec les bataillons de chô­meurs de tous âges qui vont accom­pa­gner les fer­me­tu­res d’entre­pri­ses.

Ainsi, Emmanuel Macron, qui désire aller au bout de son mandat et si pos­si­ble se faire élire une seconde fois, se sait impo­pu­laire et ter­ri­ble­ment affai­bli, non seu­le­ment par l’épisode Covid, mais sur­tout par la poli­ti­que qu’il mène depuis deux ans et demi au ser­vice du capi­tal finan­cier et des gran­des oli­gar­chies dans le droit fil de la volonté dictée par lUE et autres orga­nis­mes supra natio­naux.

Pour tenter d’y par­ve­nir, il ali­mente la peur, exige la répres­sion sou­vent contre des fran­çais qui n’ont commis aucune infrac­tion comme le signale le der­nier rap­port d’Amnesty International qui parle « d’arres­ta­tions arbi­trai­res » et « d’achar­ne­ment judi­ciaire », notam­ment contre les GJ et les mani­fes­tants contre la réforme des retrai­tes.

Ainsi, en 2018 et 2019, plus de 40 000 per­son­nes ont été condam­nées pour divers infrac­tions et délits "sur la base de lois vagues", fré­quem­ment "uti­li­sées pour res­trein­dre illé­ga­le­ment les droits à la liberté de réu­nion paci­fi­que et à la liberté d’expres­sion" sou­li­gne Amnesty. Grace à la pan­dé­mie, le gou­ver­ne­ment a res­treint le droit de mani­fes­ter. Les amen­des ont été dis­tri­buées pour dis­sua­der tous ceux qui auraient voulu faire usage de leurs liber­tés.

De nou­vel­les caté­go­ries ont été ciblées. Les Street médics, ces soi­gnants des rues qui vien­nent au secours des bles­sés durant les mani­fes­ta­tions et les jour­na­lis­tes seront doré­na­vant inter­pe­lés, pour signa­ler que les liber­tés démo­cra­ti­ques clas­si­ques ne seront à l’avenir plus res­pec­tées. Comme on peut le voir ici, Le gou­ver­ne­ment est en réa­lité aux abois.

Emmanuel Macron cultive la dis­tance avec le peuple, orga­nise la séces­sion des élites avec la nation et les fran­çais. Il compte donc sur la force armée et sur les médias (voir ici), pour en venir à ses fins.

Mais la réa­lité, bien qu’incer­taine, est inquié­tante pour le régime. Les der­niè­res élections légis­la­ti­ves par­tiel­les n’ont vu que 12% du corps électoral se dépla­cer. Les élus ne l’ont été que par 2% des ins­crits. Et les can­di­dats LREM ont tous été balayés. Macron est mino­ri­taire, rejeté dans l’opi­nion. Il n’est fort que de la fai­blesse de ses adver­sai­res. Se pren­dre un jour pour le chef du Liban (voir ici), un autre pour l’arbi­tre du match que veut jouer la Turquie contre la Grèce ou l’Azerbaijan ne pourra faire oublier son impo­pu­la­rité gran­dis­sante auprès de la grande majo­rité des Français. Et ne pourra éviter que sonne l’heure des comp­tes qui devront bien être soldés.

Jacques Cotta
Le 1er octo­bre 2020

Messages

  • En France, la responsabilité pénale du président de la République fait l’objet de l’article 68 de la Constitution, qui énonce : « Le président de la République n’est responsable des actes accomplis dans l’exercice de ses fonctions qu’en cas de haute trahison.
    aucune action ne peut être engagée contre le chef de l’État pour des actes accomplis en qualité de Président, même après la fin de son mandat.
    Bonjour Jacques, après avoir repris ces deux principes de la constitution, que faire ?
    Un retour à 1789, Révolution, couper les têtes, au sens propre, de tous les parasites de notre société ?
    Puisqu’ils sont irresponsables, pourquoi leurs donner une responsabilité quelconque que ce soit pour 5 ans, 6 ans ?
    Le mandat impératif étant proscrit et non constitutionnel !
    En dehors d’une refonte globale de la constitution, de la révocabilité des élus, non tous les 5 ans voire plus, de condamnations effectives et significatives, sans espoir de retour à la vie politique.
    Enfin une constituante digne de ce nom, faite par le Peuple et au service du Peuple.
    Mais sommes nous prêt à "sacrifier" notre petit confort, pour certains" et la misère quotidienne, pour la majorité d’entre nous ?
    Mes salutations fraternelles.
    P.S. A l’occasion, pour le plaisir de se revoir et d’échanger.

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