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Convois de la liberté, leçons et note d’optimisme…

par Jacques COTTA, le 16 février 2022

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Les convois de la liberté ont fait tache d’huile sur la pla­nète tout entière. Au Canada, les gran­des villes sont para­ly­sées. En Nouvelle-Zélande, le par­le­ment de Wellington s’est retrouvé encer­clé. « Nous vou­lons la liberté », devient un pre­mier cri de ral­lie­ment, car par­tout c’est la liberté qui est en cause. Paris, Vienne, Bruxelles, les Pays-Bas où le centre-ville de La Haye est para­lysé… La sou­dai­neté de ces convois, la conta­gion de la pro­tes­ta­tion, le contenu élargi de ces mobi­li­sa­tions sont par­ti­cu­liè­re­ment mar­quants et per­met­tent de déga­ger quel­ques leçons lour­des de consé­quen­ces pour l’avenir.

Mêmes causes, mêmes effets

Pourquoi par­tout assis­tons-nous aux mêmes réac­tions, à la même déter­mi­na­tion ?
« La liberté », point de départ de ces mobi­li­sa­tions, est res­sen­tie comme par­ti­cu­liè­re­ment atta­quée col­lec­ti­ve­ment et indi­vi­duel­le­ment avec les mesu­res anti­Co­vid dont les prin­ci­pa­les vic­ti­mes sont les citoyens des dif­fé­ren­tes nations plus que le virus lui-même. Depuis deux ans l’arse­nal imposé —du port du masque obli­ga­toire aux confi­ne­ments, de la vac­ci­na­tion au pass sani­taire pour abou­tir au pass vac­ci­nal— est vécu comme une res­tric­tion insup­por­ta­ble des liber­tés fon­da­men­ta­les.

Très vite, la réa­lité sociale sert de turbo à ce moteur qui met en branle des cen­tai­nes de mil­liers de per­son­nes sur la pla­nète et donc en France. Le coût de la vie, le prix de l’énergie, celui de la nour­ri­ture, l’impos­si­bi­lité pour des masses de plus en plus nom­breu­ses de se pro­cu­rer le mini­mum vital et de finir la fin de mois, abou­tit à un raz-le-bol géné­ra­lisé.

De la Liberté aux ques­tions maté­riel­les de pre­mière impor­tance, c’est un sys­tème qui est remis en cause. Le même sys­tème qui s’est imposé sur la pla­nète tout entière sous des formes diver­ses, la recher­che du profit maxi­mum en un mini­mum de temps au détri­ment de la vie sociale, col­lec­tive et indi­vi­duelle, la réa­lité du capi­ta­lisme et de la mon­dia­li­sa­tion. Le raz-le-bol géné­ra­lisé se répand, éloignant les citoyens de la vie poli­ti­que offi­cielle, cela d’autant plus que nul ne répond posi­ti­ve­ment à ces préoc­cu­pa­tions majo­ri­tai­res.

En France comme ailleurs

En France, la période électorale est pro­pice à toutes sortes de pro­mes­ses qui en géné­ral n’enga­gent que ceux qui veu­lent bien y croire. Mais depuis le début, per­sonne ne s’est engagé contre la poli­ti­que liber­ti­cide qui se trouve reje­tée par le peuple fran­çais. Nul ne s’est opposé aux mesu­res que des méde­cins muse­lés jusque là com­men­cent à dénon­cer, notam­ment, comme le doc­teur Alice Desbiolles, qui révèle dans la com­mis­sion d’enquête séna­to­riale réunie à cet effet l’édifice des men­son­ges du gou­ver­ne­ment et des auto­ri­tés médi­ca­les, des comi­tés « d’experts » ou autre « conseil scien­ti­fi­que » .

L’inven­taire est acca­blant. Le port du masque en exté­rieur et aujourd’hui à l’école est d’une totale inef­fi­ca­cité et nul ne s’y est opposé. Les tests géné­ra­li­sés, au point de voir cer­tains contraints d’en effec­tuer plu­sieurs par semaine pour seu­le­ment aller tra­vailler, sont par­tiel­le­ment inef­fi­ca­ces, ont coûté plus d’un mil­liard et demi pour être mis en œuvre, et nul ne s’y est aussi opposé. Le pass sani­taire puis vac­ci­nal censé sanc­tua­ri­ser un cer­tain nombre de lieux, tota­le­ment inef­fi­ca­ces également, et là encore nul ne s’y est opposé. Le pass vac­ci­nal tou­jours, dont l’appli­ca­tion dans le monde hos­pi­ta­lier pour contrô­ler les allées et venues, a coûté plus de 60 mil­lions d’euros, et nul tou­jours ne s’y est opposé. Et le vaccin dont les plus forts sou­tiens s’accor­dent à dire aujourd’hui qu’il n’est pas un vaccin, qu’il ne permet pas de se pro­té­ger vrai­ment et qu’il n’inter­dit pas de pro­pa­ger le virus, nul ne l’a dis­cuté…

La crise sani­taire s’est ainsi trans­for­mée en pro­fonde crise poli­ti­que sur fond de conflits d’inté­rêts mêlant monde poli­ti­que, médi­cal et gran­des firmes aux moyens illi­mi­tés. « Les citoyens se détour­nent de la vie démo­cra­ti­que », entend-on dire par des partis décré­pis. Si ceux-là ne veu­lent évidemment pas voir leur propre res­pon­sa­bi­lité dans la situa­tion pré­sente, ils ne com­pren­nent pas que c’est une autre démo­cra­tie à laquelle aspi­rent les citoyens. Une démo­cra­tie dans laquelle leur voix compte, leur avis est pris en consi­dé­ra­tion, leurs inté­rêts res­pec­tés. Une démo­cra­tie dans laquelle sont balayés les conflits d’inté­rêts… Une démo­cra­tie dans laquelle le corps médi­cal dans son ensem­ble res­pecte sa déon­to­lo­gie et l’éthique en refu­sant de som­brer dans une morale dictée par le poli­ti­que… Une démo­cra­tie dans laquelle les faits sont réta­blis, par exem­ple la véri­ta­ble cause de la crise hos­pi­ta­lière, non due au Covid, mais au départ, notam­ment des blocs opé­ra­toi­res, de mil­liers d’infir­miè­res pres­su­ri­sées, surex­ploi­tées, épuisées. Une démo­cra­tie qui permet de res­tau­rer des rela­tions de confiance aujourd’hui rom­pues avec les auto­ri­tés qui ont pignon sur rue… Une démo­cra­tie qui en ter­mine avec les soi-disant experts qui dans tous les domai­nes se coop­tent les uns les autres, ne lais­sant enten­dre qu’un son de cloche. Une démo­cra­tie qui tolère d’autres points de vue que les seuls en accord avec des inté­rêts finan­ciers par­ti­cu­liers.

Loi de l’histoire

C’est avec une cer­taine crainte que les cer­cles diri­geants ont vu des convois partir des quatre coins de France pour rejoin­dre Paris. Ils pen­saient tels des igna­res que la cause était enten­due après deux ans de mobi­li­sa­tion essouf­flée, répri­mée, matra­quée des Gilets jaunes. Aussi ont-ils été sur­pris désa­gréa­ble­ment de voir que les res­sorts étaient tou­jours pré­sents pour per­met­tre sur les mêmes thèmes à de nou­vel­les voix de se faire enten­dre. Du coup, les mêmes recet­tes que par le passé ont été appli­quées. « Une bande de fas­cis­tes »… « Des com­plo­tis­tes »… « Des anti­sé­mi­tes »… j’en passe et des meilleurs pour qua­li­fier de sim­ples citoyens dans leur grande majo­rité animée sim­ple­ment par la volonté de pou­voir vivre, tout sim­ple­ment.

C’est une double loi de l’his­toire qui s’est affir­mée sous nos yeux.

  • Les dominants sont toujours prêts pour continuer à dominer, à calomnier, à matraquer, à réprimer. Ce qui semblait exceptionnel il y a deux ans, totalement surréaliste, la présence de blindés dans les rues de Paris pour s’opposer aux Français, est devenu visiblement la règle. Emmanuel Macron a donné l’ordre de ressortir les armes de guerre contre le peuple. Ce que nul n’aurait pu se permettre, le président pas encore candidat l’assume, comme une forme particulière de l’emmerdement qu’il promet aux Français. Pour lui et ses donneurs d’ordre, la lutte des classes est entrée dans la guerre des classes. Au sens propre comme au sens figuré.

Mais la seconde leçon est plus impor­tante.

  • Les dominés ne repartent jamais de rien. C’est toujours sur le point culminant atteint précédemment qu’ils réinvestissent force et détermination. Mais 68 n’aurait jamais eu lieu si en 63 les mineurs n’avaient porté un coup d’arrêt à la politique gaulliste de la 5e république notamment aux ordonnances sur la sécurité sociale. Cela nous ramène loin en arrière. Plus récemment, Le Brexit britannique comme la résistance des peuples d’Europe à la mondialisation capitaliste trouvent leur force dans le « Non » français à la constitution européenne en 2005. Et aujourd’hui, les « convois de la Liberté » sont indissociables des mobilisations des Gilets jaunes qui durant deux ans ont battu le pavé…

Évidemment il n’existe pas de lien méca­ni­que. Mais les mou­ve­ments se nour­ris­sent, expri­ment une mémoire, font res­sur­gir par­fois de façon majo­ri­taire, par­fois de manière très mino­ri­taire, une force accu­mu­lée qui n’attend que le moment, les cir­cons­tan­ces, l’étincelle pour mettre le feu à la plaine…

Jacques Cotta
Le 16 février 2022

Messages

  • Excellent édito, merci Jacques.

    Bien sûr que ça bouge. mais enfin, force est de constater que, partout et en particulier dans notre pays (dont on dit qu’il est "rebelle" etc.), la (encore ?) majorité, ne moufte guère quand même certains approuvent ce qui est mis en place depuis 2 ans et surtout les dernières mesures liberticides du passe pseudo vaccinal et autres joyeusetés. Ce qui eût été inaccepté il y a encore quelques décennies, semble faire l’objet sinon d’un accord mais en tout cas, d’une résignation encore générale. Ce constat n’interdit pas de nourrir l’espoir tel que tu le formules, espoir qui sera transformé en réalité. j’aurai alors l’immense plaisir de voir que je me suis trompé et qu’obsolète est ma perception des choses, aujourd’hui.

    Fraternelles salutations.

    Babeuf

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