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Oraison funèbre pour la gauche

par Denis COLLIN, le 16 avril 2022

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Des morts, on dit du bien ou on se tait, dit l’adage. Mais je pré­fère suivre l’exem­ple d’Antoine après la mort de César : « Je viens pour ense­ve­lir César, non pour faire son éloge. Le mal que font les hommes leur survit ; le bien est sou­vent enterré avec leurs os. Qu’il en soit ainsi pour César ! » (Shakespeare, Jules César)

Voilà long­temps que je pense et ai écrit que droite et gauche sont des caté­go­ries poli­ti­ques inu­ti­li­sa­bles. Le pre­mier tour de l’élection pré­si­den­tielle l’a confirmé… en enté­ri­nant la dis­pa­ri­tion de la gauche. SI on met bout à bout le PCF, le PS et les deux grou­pes trots­kis­tes, on est en gros à 5,4 %. Ajoutons Jadot, et on arrive à 10 %. Ajoutons les 22 % de Mélenchon, et on obtient un résul­tat catas­tro­phi­que pour l’ensem­ble des « forces de gauche ». Rappelons qu’au cours de 40 der­niè­res années, le PS a gagné trois fois la pré­si­den­tielle (1981, 1988, 2012) et qu’en outre il a rem­porté les légis­la­ti­ves de 1997 à la tête de la coa­li­tion de la « gauche plu­rielle ». En 2012, le PS contrô­lait la pré­si­dence, le Sénat, l’Assemblée natio­nale, la majo­rité des dépar­te­ments et des régions. Il ne reste rien de tout cela. Mais la réa­lité quand on l’ana­lyse de plus près est pire que les chif­fres bruts. Après tout en 1969, le PS était à 5 % et le total des gau­ches était à 32 %. Mais le PCF était à 21 %, une partie de la gauche avait déjà joué le vote utile pour Poher et la dyna­mi­que sociale devait bien vite faire appa­raî­tre cette élection comme un acci­dent. Rien de tel aujourd’hui où la colère popu­laire est lar­ge­ment captée par Le Pen.

On peut suivre les ana­ly­ses de Christophe Guilluy ou de Jérôme Saintemarie pour qui il y a deux blocs qui se font face. D’un côté, nous avons un bloc élitaire der­rière Macron, regrou­pant l’essen­tiel des clas­ses domi­nan­tes et des « clas­ses sous-domi­nan­tes », celles qui sont les gagnan­tes de la mon­dia­li­sa­tion, habi­tent les cen­tres-villes aux loyers deve­nus ina­bor­da­bles, ado­rent le pro­grès qui leur apporte tout ce qu’elles ché­ris­sent. En face, nous avons un bloc popu­laire bancal, celui des électeurs de Marine Le Pen qui rafle la mise dans les quar­tiers popu­lai­res, dans les peti­tes villes et dans les régions ouvriè­res désin­dus­tria­li­sées. Entre les deux, Mélenchon est la voi­ture-balai de la gauche. Il a pompé toutes les voix des gens de gauche, de la vieille gauche mori­bonde qui ont voulu voter « utile », un vote qui s’est déblo­qué dans les der­niè­res semai­nes de la cam­pa­gne. Il a aussi puisé dans son fameux nou­veau peuple urbain, celui qu’il avait théo­risé dans L’ère du peuple (2015) com­posé des jeunes bran­chés, des immi­grés et des mino­ri­tés de tous aca­bits — en fait une ver­sion passée à la pein­ture rouge du fameux rap­port Terra Nova. Comme les diver­ses orga­ni­sa­tions de la mou­vance des Frères musul­mans, les par­ti­sans de la « créo­li­sa­tion » et les adver­sai­res de la laï­cité n’ont pas non plus ménagé leur peine, il a pres­que réussi son pari. Mais il a fait le plein et n’a pres­que rien gagné en voix par rap­port à 2017. La réus­site appa­rente de Mélenchon, à 421 000 voix de Marine Le Pen, est le chant du cygne.

Le fond de la ques­tion est dans le fait que les ouvriers, les employés, les tra­vailleurs indé­pen­dants, en un mot « la France d’en bas », se sont dura­ble­ment détour­nés de la gauche. Pour une part, les caté­go­ries popu­lai­res ne votent plus. 33 % d’abs­ten­tion chez les ouvriers, 46 % chez les 24-35 ans (le cœur de la popu­la­tion active). Ceux qui votent encore le font mas­si­ve­ment pour la can­di­date du RN qui recueille 42 % du vote ouvrier contre 20 % pour Mélenchon.

Pourquoi en est-il ainsi ? Pourquoi le « bloc popu­laire » se reconnaît-il plus volon­tiers dans le RN, parti « bour­geois » conser­va­teur que chez les « révo­lu­tion­nai­res » de la « révo­lu­tion citoyenne » ? La réponse est donnée par Guilluy dans son der­nier ouvrage : après la séces­sion des élites, les clas­ses popu­lai­res ont fait séces­sion à leur tour. Elles ont quitté le navire d’une gauche ins­ti­tu­tion­nelle deve­nue l’orga­ni­sa­tion des élites, qui se veu­lent « com­pé­ten­tes », « rai­son­na­bles », défen­dent la mon­dia­li­sa­tion et l’UE, alors que les clas­ses popu­lai­res payent le prix fort de cette mon­dia­li­sa­tion. La gauche paye aussi la somme des pro­mes­ses non tenues, mais aussi des mau­vais coups qu’elle-même a portés aux tra­vailleurs au compte du grand capi­tal. Faut-il rap­pe­ler ce que fut le cala­mi­teux quin­quen­nat du triste Hollande ? Macron n’est que le simple pro­lon­ge­ment de Hollande qui lui-même n’a pas fait grand-chose de dif­fé­rent de Sarkozy. Démantèlement des ser­vi­ces publics, liqui­da­tion de l’indus­trie, coups portés contre les droits des tra­vailleurs… Cette gauche ne mérite que de dis­pa­raî­tre et le plus tôt sera le mieux.

La gauche depuis long­temps n’est qu’une machine des­ti­née à trom­per les clas­ses popu­lai­res et les clas­ses moyen­nes pour conso­li­der la domi­na­tion du capi­tal. Voilà plus de 20 ans, avec Jacques Cotta, nous avions dressé un état des lieux que la suite, hélas, a ample­ment confirmé — voir Denis Collin et Jacques Cotta, L’illu­sion plu­rielle. Pourquoi la gauche n’est plus la gauche, JC Lattès 2001.
Dans l’effon­dre­ment de la gauche, il y a aussi un autre aspect qui est cultu­rel et pas seu­le­ment social. La gauche, deve­nue l’aile gauche du capi­tal, se sin­gu­la­rise par son goût pro­noncé pour toutes les extra­va­gan­ces « socié­ta­les » : mariage homo­sexuel, PMA pour toutes, reven­di­ca­tions « trans », éloge de la sexua­lité « queer », etc. Dans un pays comme le nôtre, les choix indi­vi­duels en matière sexuelle ne gênent pas grand monde. Mais la trans­for­ma­tion de ces choix en doc­trine poli­ti­que, c’est une tout autre affaire ! L’invrai­sem­bla­ble pro­pa­gande « trans », l’omni­pré­sence de ces ques­tions dans les médias et la volonté de toutes les belles gens de donner des leçons de morale à tout le monde sont des choses qui cho­quent la décence com­mune.

La ques­tion de l’immi­gra­tion joue aussi son rôle. Les « belles gens » ado­rent les immi­grés : ils don­nent des bonnes aux riches et per­met­tent de faire pres­sion sur les salai­res, sans oublier la concur­rence sur les aides et les loge­ments sociaux. L’UE est réso­lu­ment « immi­gra­tion­niste » afin de sta­bi­li­ser une armée indus­trielle de réserve consé­quente. En met­tant en avant la ques­tion de l’immi­gra­tion, Marine Le Pen joue sur du velours. Elle peut même se pré­sen­ter comme plus laïque et meilleure dans la défense de l’égalité entre les femmes et les hommes que les ado­ra­teurs des Frères musul­mans… Il fau­drait abor­der ces ques­tions d’un point de vue démo­cra­ti­que et de classe. Du point de vue démo­cra­ti­que, les citoyens fran­çais ont le droit de déter­mi­ner qui peut entrer dans notre pays et à quelle condi­tion. Il n’y a rien de scan­da­leux à cela. Pour les immi­grés qui sont ins­tal­lés en France et comp­tent y rester, il faut exiger, comme l’ont fait les sociaux-démo­cra­tes danois, l’assi­mi­la­tion : appren­dre la langue fran­çaise, res­pec­ter les lois fran­çai­ses et ne pas exiger de trai­te­ment par­ti­cu­lier à l’école. Outre les lois, il y a les mœurs et chaque pays est légi­ti­me­ment atta­ché à ses mœurs, et le visage masqué, les accou­tre­ments d’un autre âge ou les pis­ci­nes avec horai­res réser­vés aux femmes sont contrai­res aux mœurs fran­çai­ses. Tous les immi­grés qui veu­lent deve­nir des Français comme les autres peu­vent ainsi être cha­leu­reu­se­ment accueillis. Mais la gauche, dont les som­mets pla­cent leurs enfants dans des écoles pri­vées pour qu’ils n’aient pas à fré­quen­ter les « Arabes », a renoncé à l’assi­mi­la­tion, c’est-à-dire à l’égalité répu­bli­caine.

Il y a un der­nier point, cultu­rel et poli­ti­que, celui de l’iden­tité de la nation. Le slogan lepé­niste « On est chez nous » est loin d’être stu­pide, même si les bour­geois cos­mo­po­li­tes qui se sen­tent par­tout chez eux le mépri­sent. Chacun sait que, pour les pau­vres, la nation est le seul « chez soi », le seul abri qui reste dans un monde ravagé par la libre concur­rence et les délo­ca­li­sa­tions. Dans une France dis­lo­quée, archi­pé­li­sée pour repren­dre les ana­ly­ses de Jérôme Fourquet, « être chez soi », c’est vou­loir retrou­ver un peu de cette fra­ter­nité qu’ont tota­le­ment oubliée ceux qui ne savent plus que répé­ter comme des machi­nes les slo­gans sur les « valeurs de la République ».
Toutes les rai­sons indi­quées ici mon­trent assez clai­re­ment que la gauche a renoncé à enten­dre et à par­ta­ger les sen­ti­ments du peuple, d’un peuple qui lui est devenu pro­fon­dé­ment étranger — sou­ve­nons-nous com­ment tous ces gens ont traité les « gilets jaunes », repre­nant sans le savoir les dia­tri­bes hai­neu­ses des bour­geois contre la Commune de Paris.
Vouloir recons­truire la gauche est absurde. Il faut cons­truire autre chose. Un nou­veau ras­sem­ble­ment des tra­vailleurs, sala­riés ou indé­pen­dants, un bloc his­to­ri­que de « ceux d’en bas », remet­tant à l’ordre du jour les prin­ci­pes du socia­lisme et de la décence com­mune, loin des sot­ti­ses des mélen­cho­nis­tes et du double lan­gage des lepé­nis­tes. Un parti de la répu­bli­que sociale, en somme.

Messages

  • Je me souviens pour ma part que de 1983 à 2012, il n’y avait plus rien, sinon l’immense solitude à vivre dans un pays qui n’avait plus de gauche. 40 ans de néoclassicisme libéral au sein d’héritages nationaux rudimentaires et des moyens de propagande désormais jamais atteints.

    Ce rien, il faut je crois s’en souvenir pour regarder le résultat électoral : un fort regain de mobilisation avec très peu de dispersion. Et accepter la dialectique nécessaire. On ne peut pas faire comme si le réel n’existait pas. Il faut s’y cogner pour choisir une position dans le chemin, ce que je crois vous conviendrez. Il y a un temps pour tenter de faire vivre la conscience de classe - et je serais le premier à partager des idées fortes à ce sujet - mais ce n’est pas celui-ci.

    Nous prenons l’état du pays tel qu’il est. Avec, oui, des catégories populaires basculées à l’extrême droite, plus prises par leur condition de classe que consciente de la puissance dévastatrice d’un État d’extrême droite, et une « nouvelle gauche » identitaire et absente sur les idées d’ensemble, qui convient tout à fait au libéral propret et à la stratégie de division. On peut marquer le trait, ou on peut tenter de faire valoir ce que le vote populaire à gauche nous dit : une identification claire de l’ennemi, la concentration du capital et les enjeux climatiques.

  • Lettre ouverte : voter le pen dimanche prochain ?
    Salut, Amis de mon "tit club de complotisses-populisses" à moi-que-j’ai 🙂

    J’ouvre, ce matin, le blog de "Descartes", après ceux de Régis De Castelnau et le blog de La Sociale (je vous ai mis les liens) ci-dessous.

    Nous sommes tous coincés dans la mâchoire d’ un piège infernal, dont nous devons, certes, l’origine à Mitterrand, mais actuellement, ce piège a nom Mac-la-Menace, Fabius et Mc Kinsey.

    Mac réélu, personne n’en doute, mettra bien toutes ses menaces (car toutes ses "promesses" SONT des menaces) à exécution.

    J’ai vous ai écrit, avant-hier, à quel point je vois que l’électorat de LFI et celui de Larem est poreux, je n’y reviens pas : environ 1/3 des inscrits LFI ont clairement fait le choix de voter le mac, ce dimanche.
    Environ 1/3 déclare voter blanc ou nul : je n’y crois pas, quand un LFI fait le déplacement à un bureau de vote, ne le croyez pas quand il dit avoir déposé un bulletin blanc ou une enveloppe vide. Beaucoup voteront le mac.
    Et cette fois, ils ne le feront pas honteusement : vous avez remarqué qu’ils assument de plus en plus, meluche en tête !
    [Je ne parle pas des pcf/€€lv/p$ on sait leur esprit collabo depuis hollandréou !]...
    1/3 va s’abstenir. Comme je le ferai moi-même. L’abstention, quand on a de vraies convictions et qu’on s’est battu toute sa vie contre les partis et mouvements d’extrême-droite, est le seul "non-choix" possible, lorsque l’on veut, absolument, donner aucune légitimité pour "la suite", à aucun des deux. Ce tiers-là est estimable, il est ce qui reste du socle PG/FdG/LFI que nous avions tant aimé et qui ne s’est pas (pas encore) fait virer...

    Mais, vous, mes amis qui allez voter le pen, pour ne pas trahir la classe ouvrière, dites-vous, et par rage de cet extrême capitalisme, et haine de ce totalitarisme, de ces trois impérialismes qui nous détruisent, nous étouffent et / ou nous menacent sans répit (US/Chine/Ottoman), je me permets un conseil.

    Gardez la tête froide : "un vote pour" reste "un vote pour", quand bien même le piège savamment ourdi est dorénavant de vous obliger à systématiquement "voter contre l’Autre"...

    Méfiez-vous : losque vous donnez, par " bull’tin d’ vote", une légitimité par forte participation à un ou une élue, quel qu’il ou elle soit, hé bien, votre sincérité du "vote contre", il ou elle se torchera avec ! Il ou elle vous dira que VOUS l’avez tous élu(e) pour 5 ans et que "c’est moi qui suis l’ Chef".

    Dans les deux cas, ces 2 concurrents ont des équipes qui les encadrent et les cornaquent...
    Et dans les deux cas, ces équipes sont puantes.
    Votez "contre" si vous voulez, mais n’entrez pas dans la dithyrambe dans laquelle vous êtes entrés au1er tour pour ce social-traître de méluche (et dont vous constatez aujourd’hui que vous aviez tort, ce n’est pourtant pas faute de vous avoir prévenus !).

    MLP a une personnalité faible.
    Par contre, la majorité de ses équipes sont des pourritures, ayant plus que des "sympathies" nazies, et ce, pour pas mal d’entre elles, et ouvertement racistes pour d’autres...
    Pas la peine d’aller vitupérer contre Zelensky et sa troupe Azov si c’est pour avoir nous aussi, demain, nos "Azov" portés haut au pouvoir !
    Certes, sous mandat macqueron, ils ont bien démontré qu’ils y sont déjà, et pas qu’un petit peu, puisque 40% environ dans l’armée et la police sont pro-le pen et zemmour, (et s’agissant des le pen, ça ne date pas d’hier !), et ce sont ceux-là qui obéissent aux ordre avec un zèle sadique qui vient de nous coûter de nombreuses blessures ("de guerre", oui, parfaitement !).
    Mais, Le pen élue, ils y seront toujours et plus que jamais, et tout ce qu’il y a de plus en plus officiel, demain !
    Alors, ne comptez pas sur l’électorat LFI du bobotaria, ni sur le lumpen-prolétariat des banlieues, pour vos insurrections à venir : nous venons de le constater, depuis 5 ans, ils sont tous bien trop lâches et bien trop corrompus par le mac !

    Je préviens aussi ce qu’il me reste d’amis à LFI : prévenez vos "patrons" que, si dimanche, l’analyse des résultats démontre que c’est grâce au report des votes de vos "camarades" sur son nom que le mac est réélu : le peuple qui hait l’actuelle "chose présidentielle" de toutes ses forces, sera IVRE de RAGE contre vous, et alors,  malheur à vous, à commencer par les législatives, où vous vous ramasserez, c’est le prix minima à payer pour la trahison, demandez à Tsipras et à Iglesias !
    ... Et aussi, malheur à vous quand vous oserez vous pointer avec vos drapeaux siglés LFi, pcf, Cgt, Sud, etc...
    Vous serez mis dans le même camp que celui du p$ et de la CFDT... le sceau de l’infâmie... Vous voyez ce que je veux dire..?

    Voilà.
    Pour moi, je continuerai dans mon refus de vote.
    C’est une décision que j’ai d’autant moins de mal à prendre que je suis déjà assignée à vote électronique depuis 2006.
    En plus, accepter de jouer dans un jeu où l’ENNEMI (de classe) a toutes les cartes en mains, ce n’est pas l’idée haute que je me fais d’une démocratie réelle.

    Je vous mets, ci-dessous, les liens vers les blogs cités plus haut.
    Bon courage à vous tous, les Sincères, les Justes, pour la suite, qui va être, de toutes façons, terrible, surtout pour nous, les travailleurs résistants de toutes générations et toutes obédiences, qui sommes, depuis toujours, ceux que l’on envoie en premier au casse-pipes, lorsque "nous sommes en guerre" !
    Ce jour-là, moi, absente aux urnes (funéraires) en avril 2022, à leurs côtés, j’en serai, quelle que soit ma forme physique, puisque, ces "Riens", cette "masse alcoolique, illettrée, qui fume des clopes et roule au Diesel", j’en suis depuis ma naissance, depuis des siècles, des générations, et je refuse de la renier.

    Et vous, y serez-vous, lorsqu’il faudra verser notre sang, car il le faudra, même si cela nous déchire rien que de l’anticiper en pensée, étant donné que c’est l’Ennemi qui détermine le degré de violence de nos combats...
    Y serez-vous ?
    Merci de votre attention.
    Christine🌺

    https://descartes-blog.fr/2022/04/17/sans-illusions-sans-hesitation-et-sans-trembler-je-voterai-marine-le-pen/

    https://www.vududroit.com/2022/04/presidentielle-voter-avec-les-classes-populaire-et-battre-macron/

    https://la-sociale.online/spip.php?article768

  • Ce que vous n’avez pas compris, c’est que le RN est devenu la gauche, la vraie. C’est dur à entendre, mais c’est le réel et souvent on s’y cogne dessus ... Ou se trouve le peuple aujourd’hui ? Avec MLP, c’est simple non ? Je ne suis pas militant RN, je soutiens RS de Georges K.
    Comme vous le dites, seules la nation et l’identité restent quand on a plus rien. C’est très exactement ce qui se passe.

    l’électorat de Mélanchon ? Petite bourgeoisie désoeuvrée et jeune. Les cadres de LFI, eux, se rangent auprès de Macron quand ça tourne mal....Je me demande ou en est RS ? Georges a-t-il donné une consigne de vote, Que pense les militants ?
    je vous joins mon analyse publiée ce vendredi à France Soir
    https://www.francesoir.fr/opinions-tribunes/un-deuxieme-tour-bloc-contre-bloc

  • Je peux partager le fond de ce papier mais je constate, hélas, que depuis plusieurs années, nous nous contentons d’un dangereux surplace. Nous faisons joujou avec une grenade qui se dégoupille toujours un peu plus.
    Je me souviens du « Tout sauf Sarkozy » puis plus tard « Hollande l’imposteur » et aujourd’hui « Macron le pire président de la 5ème »
    Et pendant ce temps, l’extrême droite gagne de plus en plus d’électeurs du monde ouvrier et nous, nous commentons. N’attendons plus l’action des Confédérations ouvrières issues du Congrès de Limoges. Elles sont enferrées dans la pseudo organisation syndicale qu’est devenue la Confédération Européenne des Syndicats véritable annexe sociale de la Commission Européenne. Et comme pour confirmer son européisme, elle est présidée par le leader de la CFDT française.
    Si nous voulons être des citoyens responsables, nous ne devons plus nous contenter de commenter, ni même d’écrire quelques ouvrages, sauf si l’objectif est d’être reconnu comme écrivain, sociologue, politologue … pour peut-être avoir l’ambition de concourir à une sorte de Goncourt. La situation est dangereuse depuis bien longtemps, la mondialisation économique et financière est un étau dans lequel la classe d’en bas et même celle du milieu n’a plus d’espace pour se mouvoir en citoyens libres.
    L’individu consommateur est le pire ennemi de l’individu travailleur. Quand il consomme, son réflexe est d’aller au moins cher compte tenu de son faible pouvoir d’achat. Et quand le même individu travailleur demande une élévation de son pouvoir d’achat, les tenants du capital lui opposent la compétitivité économique.
    C’est la conséquence de la concurrence libre et non faussée de l’Union Européenne.
    Par ailleurs, contrairement au discours officiel, l’emploi se fait de plus en plus rare car les délocalisations vers l’Europe de l’Est et l’Afrique restent monnaie courante. A titre d’exemple, sur les trois constructeurs automobiles français, seuls deux modèles sont fabriqués en France. A cela s’ajoute le tout numérique qui est un véritable cancer pour l’équilibre de nos sociétés. N’y-a-t-il pas un paradoxe à critiquer le capitalisme et à compter sur Amazon pour écouler ses livres ? Qu’en pensez-vous ?
    Je reprends volontiers la réflexion de Mélenchon, « le possible est-il indispensable, le possible est-il nécessaire »
    Le numérique gagne la ruralité. Actuellement, dans mon département, des robots désherbent, binent et sèment dans les champs. Est-ce cela l’avenir de notre civilisation ?
    La seule et unique solution passe par la mise en place d’un outil d’éducation politique au service du monde du travail.
    A ce sujet, au cours de ces derniers mois, j’ai fait des propositions à toi Denis, à toi Jacques, l’un et l’autre vous avez refusé catégoriquement de réfléchir à cette proposition.
    Pour moi, il s’agissait de proposer aux lecteurs volontaires de « La Sociale » de créer des structures associatives locales, départementales, que l’on aurait pu nommer « Bourse d’éducation politique » et collectivement nous aurions pu établir des fiches sur la réforme de l’Europe, par exemple. Nous aurions pu créer un guide concernant l’ossature d’une 6ème République etc… etc…
    De cela, Jacques et Denis n’en ont pas voulu !
    Par ailleurs, comment apporter aux citoyens les moyens de s’organiser pour reconquérir son indépendance quand on appelle à voter Montebourg (celui qui a défendu l’implantation dans sa Région du négrier Amazon), puis compte-tenu du succès de l’ancien ministre de Hollande, se tourner vers Georges Kuzmanovic (la qualité de cet homme politique n’est pas en cause, mais cet homme est inconnu du public), pour finalement appeler à voter Mélenchon, celui qui a été vilipendé, souvent à juste titre sur ce site.
    Il me paraît nécessaire de définir les objectifs réels de La Sociale :
    soit faire connaître quelques signataires en vue de devenir des chroniqueurs sur les plateaux d’informations en continu,
    soit d’apporter des éléments au monde du travail pour que celui-ci se débarrasse démocratiquement des chaînes qui le conduisent à l’asservissement.

  • Mon cher Jean-Louis,
    Je suis prêt à créer toutes les structures du monde. Nous l’avons déjà fait par le passé, notamment dans diverses campagnes politiques, dont certaines ont eu de l’écho. Il suffit de parcourir nos archives pour s’en rendre compte. Mais, personnellement, je ne me sens pas vraiment autorisé à aller donner des leçons au "monde du travail" ni à critiquer ce que Maurras appelait le "matérialisme sordide des masses"...

    Ce qui manque cruellement, c’est un mouvement politique indépendant des partis bourgeois, libéraux ou autoritaires, un mouvement qui renoue avec les idéaux originaires du socialisme : émancipation des travailleurs, fraternité et égalité. "Du pain et des roses"  ! Personne ne revendique le "développement illimité des forces productives", ni la "société d’abondance", simplement vivre décemment de son travail, élever ses enfants, être protégés, autant que faire se peut, contre les aléas de la vie et décider démocratiquement des grandes orientations de la vie commune. Un socialisme modeste, mais finalement radical dans les conditions présentes.

    Un tel regroupement ne peut se faire qu’en se concentrant sur ce qui essentiel : les luttes sociales, la défense de la démocratie et de la liberté, ce qui implique la défense de citoyens libres dans une république libre. Il n’y a rien à inventer. Pas de fiches à faire éduquer le "bas peuple". Il faut seulement s’y mettre. Il existe pour l’instant quelques petits groupes qui travaillent dans le bon sens. Fédérer les forces, ce serait un gigantesque pas en avant. Écarter ce qui divise, laisser à la conscience de chacun ce qui est l’affaire de la conscience de chacun, laisser au domaine de la privée ce qui appartient au domaine de la vie privée - bref exactement le contraire de ce que font les gauchistes de tout poil ou les amis de Mélenchon.
    Quel que soit le résultat de l’élection, l’effondrement de la vieille gauche, qui termine son parcours historique dans le mépris et le déshonneur, laissera la place pour quelque chose de nouveau. C’est au pied du mur qu’on verra le maçon.

  • Bonjour.
    Je voulais poster mon commentaire sous votre article "Caramba encore raté", mais il ne me semble pas ouvert aux commentaires.
    Donc voici :
    Nous devrions TOUS nous abonner au "Cercle Aristote", sur Youtube, chaîne d’analyse la plus remarquable de son camp (souverainiste nationaliste de droite), celle de Pierre-Yves Rougeyron, qui est, dans sa génération, et pour la droite française (à mon humble avis), une excellente relève d’un Séguin ou plutôt, même, d’un Gaino, car il est plus dans un rôle de "conseiller" que de politicien.

    Pierre-Yves Rougeyron qui, en plus d’être très intelligent et documenté, est d’une drôlerie truculente. 

    Tout souverainiste patriote de gauche (mon camp), serait bien inspiré d’aller s’y abreuver,  car de notre côté, - on va arrêter de se raconter des contes à endormir les bébés de moins de 3 ans, et le résultat (catastrophique pour la "gauche", merci Meluch’ et Bompard !),  en faveur de Mac-la-Terreur, le confirment (très probables tricheries comprises) - : chez nous, donc, y’a PERSONNE, et même pas un Kuzmanovic qui, bien que fort sympathique, et cultivé, n’a ni le charisme, ni la verve, ni la proximité avec le prolétariat de province, nécessaires, et je suis la première à le regretter.

    Inutile de préciser que, dans toute la gauche et extrême-gauche mondialiste du Capital, y’a encore moins que PERSONNE, c’est pire que le néant, c’est Daladier, revenant de Munich en se cachant les mains et en rasant les murs, et dont nous connaissons les horribles conséquences pour notre pauvre pays !
    [ À l’attention de mes anciens camarades LFI, écoutez bien la spéciale dédicace à Mélenchon, à partir de la 33eme minute.
    Sachez, pour tous ceux qui le soutiennent encore, que ce nouveau gadget nommé "(dés)Union populaire" est, tout simplement, un outil supplémentaire français de l’Empire macronardo-U€-OTAN, au service, non seulement de la destruction de la France de notre gauche républicaine, socialiste et / ou communiste, patriotique et laïque, mais juste la "Conjuration des petits Canifs" des aspirants à la succession de votre cher "petit Père du Peuple (in)soumis", et fait pour mieux l’assassiner, j’ai nommé : JLM.]
    ⬇️
    https://youtu.be/kpcEBOMcEJo

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